Mali–Maroc : L’énergie et l’investissement au cœur du nouveau pacte économique entre Bamako et Rabat.
Réunis à Bamako, plus de 300 opérateurs économiques relancent le Conseil d’affaires bilatéral et ouvrent une nouvelle phase de coopération axée sur les secteurs stratégiques
Le partenariat économique entre le Mali et le Maroc entre dans une nouvelle dynamique. À Bamako, plus de 300 opérateurs économiques des deux pays se sont réunis jeudi 23 juillet 2026 à l’occasion d’un Forum d’affaires Mali–Maroc, organisé en marge de la quatrième session de la Grande Commission mixte de coopération bilatérale.
Au terme de cette rencontre, les deux parties ont annoncé la relance du Conseil d’affaires Mali–Maroc, un mécanisme destiné à rapprocher les entreprises, faciliter les investissements et identifier de nouvelles opportunités économiques communes.
Au centre des discussions : un secteur considéré comme stratégique pour l’avenir du Mali et de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, celui de l’électricité et des énergies renouvelables.
Cette nouvelle étape illustre la volonté des deux pays de faire évoluer leur coopération vers un partenariat davantage orienté vers les projets concrets, les investissements privés et la création de valeur.
Un forum économique pour rapprocher les entreprises des deux pays
La rencontre de Bamako a réuni des représentants du secteur privé, des institutions publiques, des organisations patronales et des acteurs économiques des deux pays.
Organisé avec l’implication de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le forum avait pour objectif d’identifier les secteurs dans lesquels les entreprises maliennes et marocaines peuvent développer des partenariats.
Cette mobilisation importante témoigne de l’intérêt croissant des opérateurs économiques pour le potentiel offert par les deux marchés.
Pour le Mali, l’objectif est notamment d’attirer davantage d’investissements capables d’accompagner la transformation économique du pays.
Pour le Maroc, cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des partenariats économiques avec les pays africains.
Le Conseil d’affaires, un outil pour accélérer les investissements
La relance du Conseil d’affaires Mali–Maroc constitue l’un des principaux résultats de cette rencontre.
Cette plateforme doit servir d’interface entre les entreprises des deux pays afin de :
- faciliter les échanges commerciaux ;
- identifier des projets communs ;
- encourager les investissements privés ;
- favoriser les partenariats entre entreprises ;
- accompagner les investisseurs dans leurs démarches.
Pour les acteurs économiques, ce mécanisme peut jouer un rôle important dans la transformation des relations bilatérales.
Car malgré une proximité historique et culturelle forte, les échanges économiques entre Bamako et Rabat restent encore en dessous des potentialités des deux économies.
L’objectif affiché est désormais de passer d’une coopération fondée principalement sur les relations institutionnelles à un partenariat davantage porté par les entreprises.
L’électricité et les énergies renouvelables au centre des priorités
Le secteur énergétique a occupé une place centrale dans les discussions.
Le Mali, comme plusieurs pays africains, fait face à un défi majeur : répondre à une demande électrique en forte croissance tout en développant des sources d’énergie plus durables.
Les échanges entre les opérateurs maliens et marocains ont notamment porté sur les possibilités de coopération dans :
- la production d’électricité ;
- les infrastructures énergétiques ;
- les énergies renouvelables ;
- l’expertise technique ;
- le développement de solutions adaptées aux besoins locaux.
Le Maroc dispose d’une expérience reconnue dans le domaine des énergies renouvelables, notamment avec le développement de grands projets solaires et éoliens.
Pour le Mali, cette expertise représente une opportunité pour accélérer la diversification de son mix énergétique et renforcer ses capacités de production.
L’énergie, un enjeu économique avant d’être seulement technique
Au-delà de la question de l’approvisionnement électrique, l’enjeu est avant tout économique.
Une énergie disponible et fiable constitue une condition essentielle pour développer l’industrie, attirer les investisseurs et améliorer la compétitivité des entreprises.
Dans un pays où les besoins en transformation locale des matières premières sont importants, l’accès à l’électricité représente un facteur déterminant pour :
- les unités industrielles ;
- les entreprises agroalimentaires ;
- les PME ;
- les services numériques ;
- les infrastructures économiques.
Le renforcement de la coopération énergétique entre le Mali et le Maroc pourrait donc contribuer à créer un environnement plus favorable à l’investissement.
Une nouvelle impulsion après la reprise de la Grande Commission mixte
Le Forum d’affaires intervient dans le cadre de la reprise de la Grande Commission mixte Mali–Maroc, après plusieurs années de pause.
Cette instance constitue un cadre majeur de dialogue entre les deux pays pour examiner les perspectives de coopération dans plusieurs domaines.
La séquence de Bamako comprend plusieurs étapes : réunions d’experts, rencontres économiques et échanges ministériels.
L’ambition est de mettre à jour les mécanismes de coopération et d’identifier de nouveaux secteurs prioritaires.
Vers une coopération économique plus ambitieuse
Au-delà de l’énergie, plusieurs secteurs offrent des opportunités de collaboration entre les deux pays.
L’agriculture, l’industrie agroalimentaire, les infrastructures, les services financiers, la formation professionnelle et les nouvelles technologies figurent parmi les domaines susceptibles de renforcer les relations économiques.
Pour le Mali, l’enjeu est de mobiliser des investissements capables d’accompagner la création d’emplois et la transformation de son économie.
Pour le Maroc, il s’agit de consolider sa présence économique en Afrique de l’Ouest à travers des partenariats durables.
Passer des accords aux réalisations concrètes
La relance du Conseil d’affaires Mali–Maroc marque une nouvelle étape dans une relation bilatérale ancienne.
Mais le véritable défi commence maintenant : transformer les engagements annoncés à Bamako en projets visibles sur le terrain.
Dans un contexte où l’Afrique cherche à renforcer ses capacités énergétiques et industrielles, les partenariats les plus efficaces seront ceux capables de produire des résultats mesurables pour les entreprises et les populations.
Entre Bamako et Rabat, la prochaine bataille sera donc celle de l’exécution : faire passer la coopération de la table des discussions aux centrales électriques, aux usines, aux investissements et aux emplois.
La Rédaction



