Skip links

Burkina Faso : L’aquaculture au cœur de la stratégie pour renforcer la sécurité alimentaire.

Ouagadougou veut transformer une filière encore sous-exploitée en moteur de croissance agricole

Face à une demande croissante en protéines animales et à une dépendance persistante aux importations de poissons, le Burkina Faso entend accélérer le développement de son secteur aquacole.

Les autorités burkinabè affichent désormais une ambition claire : structurer durablement la filière aquacole afin d’en faire un pilier de la sécurité alimentaire, de la création d’emplois et du développement économique rural.

Longtemps considérée comme une activité complémentaire, l’aquaculture est aujourd’hui perçue comme un secteur stratégique capable de contribuer à la souveraineté alimentaire du pays tout en offrant de nouvelles opportunités aux producteurs locaux.

Une consommation de poisson en hausse face à une offre insuffisante

Le poisson occupe une place de plus en plus importante dans les habitudes alimentaires des ménages burkinabè.

Cependant, la production nationale reste insuffisante pour répondre à la demande. Une part importante de la consommation nationale est encore couverte par des importations, ce qui expose le pays aux fluctuations des prix internationaux et aux contraintes logistiques.

Cette situation pèse sur la balance commerciale et limite les retombées économiques locales liées à la filière.

Pour les autorités, le développement de l’aquaculture apparaît comme l’une des solutions les plus prometteuses pour combler ce déficit tout en renforçant la disponibilité de protéines accessibles pour les populations.

Faire de l’aquaculture un secteur économique structuré

L’objectif du gouvernement ne consiste pas uniquement à augmenter la production de poissons.

La stratégie vise également à bâtir une véritable chaîne de valeur intégrée, capable de générer davantage de revenus et d’emplois.

Cela passe notamment par :

  • la professionnalisation des pisciculteurs ;
  • l’amélioration des techniques de production ;
  • le développement des infrastructures de stockage et de transformation ;
  • le renforcement de l’accès aux intrants ;
  • l’amélioration des circuits de commercialisation.

Cette approche doit permettre à la filière de gagner en compétitivité tout en attirant davantage d’investissements privés.

Moderniser les infrastructures et améliorer la productivité

Le développement de l’aquaculture repose en grande partie sur l’existence d’infrastructures adaptées.

Le gouvernement prévoit ainsi de poursuivre les investissements dans l’aménagement des sites de production, la réhabilitation des plans d’eau et la mise en place d’équipements favorisant une production plus efficace.

Des efforts sont également engagés pour améliorer la disponibilité des alevins de qualité et renforcer la production locale d’aliments pour poissons, deux facteurs essentiels pour accroître les rendements.

L’objectif est d’augmenter progressivement les volumes produits tout en réduisant les coûts de production supportés par les exploitants.

Un potentiel important pour l’emploi des jeunes et des femmes

Au-delà de son rôle alimentaire, la filière aquacole est également considérée comme un gisement d’emplois.

Les activités liées à la production, à la transformation, au transport et à la commercialisation du poisson peuvent générer de nombreuses opportunités économiques, notamment pour les jeunes et les femmes en milieu rural.

Dans un contexte marqué par la recherche de solutions durables à la pauvreté et au chômage, le développement de l’aquaculture pourrait contribuer à diversifier les sources de revenus des ménages et à renforcer la résilience économique des communautés.

Réduire les importations et renforcer la souveraineté alimentaire

L’un des enjeux majeurs de cette stratégie est la réduction de la dépendance du Burkina Faso vis-à-vis des importations de produits halieutiques.

Chaque année, les achats de poissons importés mobilisent des ressources financières importantes alors même que le pays dispose d’un potentiel aquacole encore largement sous-exploité.

Le développement de la production locale permettrait non seulement de réduire cette facture, mais aussi de renforcer la sécurité alimentaire en assurant un approvisionnement plus stable du marché national.

Cette approche s’inscrit pleinement dans les politiques de souveraineté alimentaire mises en avant par plusieurs pays africains ces dernières années.

Des défis encore nombreux à relever

Malgré les ambitions affichées, plusieurs obstacles demeurent.

Le financement des exploitations aquacoles reste limité, les infrastructures sont parfois insuffisantes et l’accès aux technologies modernes demeure inégal selon les régions.

À cela s’ajoutent les défis liés aux changements climatiques, à la gestion durable des ressources en eau et à l’organisation des marchés.

La réussite de cette stratégie dépendra donc de la capacité des pouvoirs publics à mobiliser les investissements nécessaires et à accompagner efficacement les acteurs de la filière.

Une filière appelée à jouer un rôle croissant dans l’économie rurale

L’aquaculture pourrait progressivement devenir l’un des segments les plus dynamiques de l’agriculture burkinabè.

En misant sur la structuration de la filière, l’amélioration de la productivité et la valorisation des ressources locales, le Burkina Faso cherche à transformer un secteur encore émergent en véritable moteur de développement.

Dans un contexte marqué par les défis alimentaires, climatiques et économiques, la capacité du pays à développer sa production piscicole pourrait devenir un facteur déterminant pour sa sécurité alimentaire et la résilience de son économie rurale.

La Rédaction

Accueil
Recherche
Top
Découvrir
Drag