Sénégal : L’AIBD accélère son décollage avec une hausse de 4,3 % du trafic passagers au premier semestre 2026.
Avec près de 1,5 million de voyageurs accueillis en six mois et une forte progression du fret aérien, l’Aéroport international Blaise Diagne confirme son rôle stratégique dans la croissance économique et l’ouverture internationale du Sénégal.
L’activité aérienne sénégalaise poursuit sa trajectoire ascendante. Au premier semestre 2026, l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) a enregistré une progression de 4,3 % de son trafic passagers, confirmant la reprise durable des déplacements aériens et l’importance croissante de la plateforme de Diass dans l’économie nationale.
Entre janvier et juin 2026, 1 481 529 passagers ont transité par l’AIBD, contre un niveau inférieur sur la même période un an auparavant. Cette évolution traduit une dynamique positive portée à la fois par les voyageurs en arrivée, au départ, mais également par la progression significative du fret aérien.
Pour le Sénégal, cette croissance dépasse le simple indicateur touristique. Elle reflète également l’évolution des échanges économiques, des déplacements professionnels et de l’attractivité internationale du pays.
Une croissance équilibrée entre arrivées et départs
La progression du trafic repose sur une augmentation simultanée des flux entrants et sortants.
Sur les six premiers mois de 2026 :
- les passagers à l’arrivée ont atteint 687 305 voyageurs, en hausse de 4,19 % ;
- les passagers au départ se sont établis à 720 840 voyageurs, soit une progression de 4,76 %.
Cette évolution montre une mobilité accrue des populations, mais aussi une intensification des échanges entre le Sénégal et ses principaux partenaires économiques.
L’augmentation des départs peut notamment être liée à la reprise des voyages professionnels, des déplacements de la diaspora et des activités commerciales internationales.
Du côté des arrivées, la progression confirme l’attractivité du Sénégal auprès des visiteurs étrangers, notamment dans un contexte où le pays cherche à renforcer son positionnement touristique et économique en Afrique de l’Ouest.
L’Europe reste le principal marché de l’aéroport sénégalais
L’analyse des destinations confirme la place centrale des liaisons internationales dans l’activité de l’AIBD.
Avec 693 468 passagers, l’Europe demeure le premier marché de la plateforme aéroportuaire sénégalaise. Le trafic avec ce continent affiche une progression de 7,62 % sur un an.
Cette performance s’explique notamment par l’importance des relations historiques, économiques et humaines entre le Sénégal et plusieurs pays européens, particulièrement la France, l’Espagne, l’Italie ou encore la Belgique.
L’Afrique arrive en deuxième position avec 581 971 passagers, en hausse de 3,33 %.
Cette croissance reflète le rôle régional de Dakar, qui continue de renforcer ses connexions avec les autres capitales africaines.
Le trafic direct domine largement l’activité
Dans la structure globale du trafic, les vols directs représentent l’essentiel des mouvements enregistrés.
Sur la période janvier-juin 2026 :
- le trafic direct a atteint 1 408 145 passagers ;
- le trafic en transit s’est établi à 73 384 passagers.
Le transit reste donc encore limité dans le volume global, ce qui montre que l’AIBD fonctionne principalement comme un aéroport d’origine et de destination plutôt que comme un grand hub de correspondance internationale.
Cette situation constitue à la fois un constat et une opportunité.
Le développement du transit pourrait permettre au Sénégal de renforcer davantage son rôle de plateforme aérienne régionale face à la concurrence d’autres hubs africains comme Casablanca, Addis-Abeba ou Nairobi.
Le fret aérien prend son envol
Au-delà du transport de voyageurs, l’autre signal fort du premier semestre 2026 concerne le fret.
Le volume de marchandises transportées par voie aérienne a atteint 22,3 millions de kilogrammes, enregistrant une progression spectaculaire de 17,93 %.
Les exportations affichent une dynamique encore plus forte avec une hausse de 26,57 %.
Cette performance constitue un indicateur important pour l’économie sénégalaise.
Le fret aérien joue un rôle stratégique pour plusieurs secteurs :
- produits agricoles à forte valeur ajoutée ;
- produits halieutiques ;
- produits pharmaceutiques ;
- équipements industriels ;
- marchandises nécessitant une livraison rapide.
L’amélioration des capacités logistiques de l’AIBD pourrait ainsi soutenir davantage les ambitions exportatrices du Sénégal.
Un levier pour le tourisme, les affaires et l’investissement
Depuis son ouverture en 2017, l’AIBD occupe une place centrale dans la stratégie de développement du Sénégal.
Situé à Diass, à une cinquantaine de kilomètres de Dakar, l’aéroport a été conçu pour accompagner la croissance économique du pays et remplacer progressivement l’ancien aéroport international Léopold-Sédar-Senghor.
Aujourd’hui, la plateforme représente un outil stratégique pour :
- renforcer la connectivité internationale ;
- attirer les investisseurs ;
- faciliter les échanges commerciaux ;
- soutenir l’industrie touristique ;
- développer les activités logistiques.
Dans une économie mondialisée, la qualité des infrastructures de transport devient un facteur déterminant de compétitivité.
Une bataille régionale pour devenir un hub aérien
La progression du trafic de l’AIBD intervient dans un environnement régional marqué par une forte compétition entre plateformes aéroportuaires.
Plusieurs pays africains investissent massivement dans leurs infrastructures aériennes afin de capter davantage de flux internationaux.
Pour Dakar, l’enjeu n’est donc pas seulement d’accueillir plus de passagers, mais de transformer cette croissance en avantage économique durable.
Cela implique notamment :
- développer davantage les vols régionaux ;
- renforcer les capacités de transit ;
- améliorer l’efficacité opérationnelle ;
- accroître l’attractivité pour les compagnies aériennes internationales.
Les prochains défis de l’écosystème aérien sénégalais
La croissance enregistrée au premier semestre 2026 constitue un signal positif, mais elle pose également plusieurs défis.
Le Sénégal devra notamment poursuivre ses efforts pour :
- améliorer la compétitivité des services aéroportuaires ;
- renforcer la qualité de l’expérience passager ;
- développer le transport de marchandises ;
- consolider la présence des compagnies aériennes sur le marché régional.
Le développement de l’écosystème aérien dépendra également de la capacité du pays à renforcer son offre globale : tourisme, infrastructures, services aux entreprises et attractivité économique.
L’AIBD prend de l’altitude, mais le véritable décollage économique reste à transformer
Avec 1,48 million de passagers accueillis en six mois et une progression du fret de près de 18 %, l’Aéroport international Blaise Diagne confirme son rôle de moteur de connexion pour le Sénégal.
Ces chiffres traduisent une reprise de la mobilité internationale et une confiance renouvelée dans la destination sénégalaise.
Mais le véritable enjeu dépasse la hausse du trafic. L’ambition est désormais de faire de l’AIBD un véritable accélérateur économique capable de transformer les flux de voyageurs et de marchandises en investissements, emplois et croissance durable.
Car un aéroport moderne ne se mesure pas seulement au nombre d’avions qui y atterrissent, mais à la richesse qu’il permet de faire circuler.
La Rédaction



