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UMOA : Les banques renforcent leur solidité, avec une solvabilité moyenne de 14,7 %.

Le système bancaire de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) a renforcé son niveau de solvabilité en 2024. Selon le rapport annuel de la Commission Bancaire de l’UMOA, publié en août 2025, le ratio moyen de solvabilité des établissements de crédit a atteint 14,7 %, contre 14,1 % un an plus tôt. Un niveau supérieur de 3,2 points au minimum réglementaire de 11,5 %.

Une marge de sécurité qui s’élargit

Dans le secteur bancaire, la solvabilité constitue l’un des indicateurs les plus importants pour mesurer la capacité d’une banque à supporter des pertes sans mettre en danger ses déposants et ses créanciers.

À fin décembre 2024, le ratio moyen de solvabilité des établissements de crédit de l’UMOA s’est établi à 14,7 %, contre 14,1 % en 2023. Le minimum réglementaire étant fixé à 11,5 %, le système dispose ainsi d’une marge moyenne de 3,2 points au-dessus de l’exigence prudentielle.

Cette progression est d’autant plus significative que le système bancaire continue parallèlement à développer son activité.

Le total de bilan des établissements de crédit a atteint 72 068,3 milliards de FCFA à fin 2024, en hausse de 9,3 %. Les crédits à la clientèle ont progressé de 5,6 %, pour atteindre 36 888,3 milliards de FCFA.

Autrement dit, les banques ont augmenté leur exposition aux économies de la région tout en renforçant leurs coussins de fonds propres.

Les banques ont renforcé leurs fonds propres

Cette amélioration de la solvabilité s’explique notamment par la progression des fonds propres.

Les fonds propres effectifs des établissements de crédit sont passés de 5 175,2 milliards de FCFA en 2023 à 5 520,8 milliards en 2024, soit une progression de 6,7 %. Dans le même temps, les actifs pondérés des risques n’ont augmenté que de 2,5 %, à 37 506,2 milliards de FCFA.

C’est précisément ce décalage qui permet au ratio de solvabilité de progresser : les ressources propres des banques augmentent plus rapidement que le volume de risques qu’elles doivent couvrir.

Le renforcement des fonds propres constitue donc un signal important dans une région où les banques restent les principaux financeurs des entreprises, des ménages et des États.

Une activité bancaire toujours dynamique

La progression de la solvabilité intervient dans un environnement où les banques de l’UMOA continuent de croître.

En 2024, les ressources bancaires ont atteint 57 897,9 milliards de FCFA, en progression de 8 %. Les dépôts, qui représentent 83,3 % de ces ressources, ont augmenté de 7,2 %.

Le secteur demeure également rentable.

Le Produit net bancaire s’est établi à 3 431,3 milliards de FCFA, en hausse de 3,4 %, tandis que le résultat net a atteint 1 105,3 milliards de FCFA, soit une progression de 11,7 % sur un an.

La qualité du portefeuille de crédit s’est, elle aussi, légèrement améliorée. Le taux brut de dégradation est passé de 9,2 % en 2023 à 8,5 % en 2024.

Le tableau général est donc celui d’un secteur bancaire qui reste rentable, en expansion et mieux capitalisé.

Mais la moyenne régionale cache des fragilités

Le chiffre de 14,7 % ne doit toutefois pas donner l’impression que toutes les banques de l’UMOA sont confortablement installées au-dessus du seuil réglementaire.

La Commission Bancaire indique que, sur 131 établissements de crédit analysés pour cet indicateur, 112 respectaient le minimum de 11,5 %. Ces établissements représentaient 89,1 % du total des actifs et 90,7 % des risques pondérés.

À l’inverse, 19 établissements se situaient sous le seuil réglementaire. Ils représentaient encore 10,9 % des actifs du système et 9,3 % des risques pondérés.

Cette différence est importante. Une moyenne régionale confortable ne signifie donc pas que le risque prudentiel a disparu.

Elle montre plutôt que la solidité du système repose sur un ensemble d’établissements dont les niveaux de capitalisation restent différents.

Un système bancaire devenu stratégique pour le financement des économies

Cette question de la solvabilité prend une importance particulière dans l’UMOA.

Les banques jouent un rôle central dans le financement des économies de l’Union, notamment à travers les crédits aux entreprises, le financement des investissements et la souscription aux titres publics.

Plus les banques sont solides financièrement, plus elles disposent théoriquement de capacités pour continuer à financer l’économie en période de tensions.

Mais cette capacité doit être mise en balance avec les risques auxquels elles sont exposées. La progression du crédit, le financement des déficits publics et l’évolution de la qualité des portefeuilles constituent autant de paramètres que les autorités prudentielles doivent surveiller.

Un signal positif, mais pas un blanc-seing

Le renforcement du ratio de solvabilité à 14,7 % constitue donc une bonne nouvelle pour le système financier régional.

Il traduit une amélioration de la capacité d’absorption des pertes et intervient dans un secteur qui affiche simultanément une croissance de ses actifs, de ses dépôts et de sa rentabilité.

Mais le chiffre doit être lu avec prudence. D’abord parce qu’il s’agit d’une moyenne. Ensuite parce que les données concernent la situation à fin décembre 2024, même si le rapport de la Commission Bancaire a été publié en 2025. Il serait donc incorrect de présenter les 14,7 % comme le ratio de solvabilité de l’ensemble du système bancaire sur l’année 2025.

Pour les régulateurs, le prochain défi sera de maintenir cette solidité alors que les banques sont appelées à financer davantage les économies de l’Union.

À 14,7 %, les banques de l’UMOA disposent d’un coussin supérieur au minimum réglementaire. Mais dans la finance, la marge de sécurité n’est jamais une invitation à baisser la garde. Elle est plutôt une capacité supplémentaire à prendre des risques utiles pour l’économie — à condition de savoir lesquels.

La Rédaction

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