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Mali : Un accord syndical désamorce la grève à Loulo-Gounkoto.

La menace d’un nouvel arrêt de travail est écartée sur l’un des principaux sites aurifères du Mali. Barrick Mining et les syndicats représentant les travailleurs du complexe de Loulo-Gounkoto, dans l’ouest du pays, ont conclu une nouvelle convention collective, mettant fin au mouvement de grève qui devait débuter le 28 septembre 2026. L’accord intervient alors que le complexe tente encore de retrouver son rythme de production après plusieurs mois de tensions entre le groupe canadien et les autorités maliennes.

Un accord conclu avant le déclenchement de la grève

Le compromis a été trouvé le 21 septembre, à l’issue d’une réunion entre les représentants de la direction et les syndicats, selon Bani Sacko, responsable syndical du complexe, cité par Reuters.

Barrick Mining a également confirmé la signature d’une nouvelle convention collective avec les syndicats de Loulo-Gounkoto. Le mouvement social annoncé pour la fin septembre a ainsi été annulé.

La menace était sérieuse. Plusieurs syndicats avaient déposé des préavis de grève alors que le complexe s’efforçait de stabiliser ses opérations après le long différend qui avait opposé le groupe minier à l’État malien.

Quinze revendications au cœur des discussions

Les syndicats avaient présenté une plateforme de 15 revendications.

Parmi les principales demandes figuraient le paiement des heures supplémentaires, le remboursement des frais engagés lors des missions professionnelles et l’application effective de certains accords sociaux conclus avec les travailleurs.

Les discussions concernaient notamment les salariés de Somilo SA, qui exploite la mine de Loulo, de Gounkoto SA, ainsi que ceux de Food & Events Africa, entreprise chargée de la restauration et de services de soutien sur le complexe.

Les revendications avaient conduit les syndicats à annoncer des arrêts de travail couvrant la période du 28 septembre au début du mois d’octobre. Des préavis distincts avaient également été déposés par des personnels intervenant dans l’administration minière, selon les informations recueillies par Reuters avant la conclusion de l’accord.

Un risque écarté pour la production aurifère

La conclusion de cet accord intervient à un moment sensible pour Loulo-Gounkoto.

Le complexe constitue l’un des principaux actifs aurifères du Mali. Or, sa production avait déjà été affectée par le différend qui a opposé Barrick aux autorités maliennes autour notamment de l’application du Code minier de 2023, du partage des revenus et du contrôle du site.

Selon Reuters, le complexe a produit environ 190 000 onces d’or au premier semestre 2026, un niveau encore inférieur à celui enregistré avant le conflit entre les deux parties.

Éviter un nouvel arrêt de travail permet donc au groupe de poursuivre la reprise progressive de ses activités sans ajouter une perturbation sociale à un environnement opérationnel déjà complexe.

Une nouvelle étape après deux années de bras de fer

L’accord syndical doit également être replacé dans l’histoire récente des relations entre Barrick et Bamako.

Le différend entre les deux parties, engagé autour du nouveau cadre minier malien et du partage des revenus, avait duré près de deux ans. Le complexe avait été placé sous administration provisoire avant que Barrick ne reprenne le contrôle opérationnel en décembre 2025.

En janvier 2025, Barrick avait temporairement suspendu ses opérations après l’arrestation de plusieurs employés du groupe et l’émission d’un mandat d’arrêt visant son ancien directeur général Mark Bristow, dans le cadre du contentieux avec les autorités maliennes. Le différend avait finalement été réglé en novembre 2025.

La signature de la nouvelle convention collective intervient donc moins d’un an après ce règlement et contribue à stabiliser davantage le fonctionnement du complexe.

Le Code minier reste en toile de fond

Derrière le conflit social se dessine également une transformation plus profonde du secteur minier malien.

Depuis l’adoption du Code minier de 2023, les autorités cherchent à augmenter la part de l’État dans les revenus issus des ressources naturelles. Cette nouvelle politique a entraîné plusieurs négociations avec les grands opérateurs miniers présents dans le pays.

Pour les entreprises minières, le nouvel environnement implique donc de composer simultanément avec des exigences accrues de l’État et avec les revendications des travailleurs.

Dans ce contexte, la conclusion d’un accord collectif à Loulo-Gounkoto apporte une visibilité supplémentaire à l’exploitation du complexe.

Une accalmie à consolider

L’annulation de la grève constitue un soulagement pour les activités du complexe, mais elle ne règle pas nécessairement l’ensemble des enjeux qui entourent l’exploitation de Loulo-Gounkoto.

Le maintien du dialogue social, l’application effective des engagements contenus dans la nouvelle convention et la poursuite de la remontée de la production seront désormais déterminants.

Pour le Mali, l’enjeu dépasse le seul fonctionnement d’une entreprise. L’or demeure un secteur majeur de l’économie et une source importante de recettes d’exportation et de revenus publics.

À Loulo-Gounkoto, la production peut donc reprendre sans la menace immédiate d’une grève. Mais dans un secteur où chaque arrêt de travail peut rapidement se traduire par des pertes de production et de recettes, la véritable stabilité se mesurera désormais à la capacité de transformer cet accord en paix sociale durable et en production régulière.

La Rédaction

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