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Mali-Suisse : Plus de 50 milliards de FCFA mobilisés sur quatre ans pour la résilience et les opportunités économiques.

La Suisse entend maintenir son engagement au Mali sur les quatre prochaines années. Le nouveau programme de coopération 2026-2029, officiellement lancé à Bamako le 16 septembre 2026, prévoit une enveloppe indicative d’environ 87 millions de francs suisses, soit un peu plus de 50 milliards de FCFA selon le taux de conversion de référence. L’objectif affiché est de soutenir un Mali plus résilient et inclusif, en combinant développement, aide humanitaire et promotion de la paix.

L’enveloppe n’est toutefois pas un financement versé en une seule fois. La Suisse précise que les montants sont indicatifs et serviront de base aux plans de dépenses prévisionnels examinés chaque année par le Conseil fédéral et le Parlement suisses.

Deux grands axes pour quatre années

Le programme repose sur deux axes prioritaires : la gouvernance et la protection, d’une part, et la résilience et les opportunités économiques, d’autre part.

Près des deux tiers de l’enveloppe doivent être consacrés aux actions de développement, tandis qu’environ un tiers sera orienté vers l’aide humanitaire. La Suisse souhaite ainsi maintenir une approche combinant réponse aux urgences et interventions destinées à renforcer les capacités économiques et sociales sur le long terme.

Sur le volet gouvernance, le programme prévoit notamment un accompagnement des collectivités territoriales et des services déconcentrés dans la planification locale, la transparence de la gestion publique et l’accès aux services essentiels.

La coopération prévoit également de soutenir des mécanismes communautaires de médiation, la prévention des conflits liés aux ressources naturelles et la protection des personnes vulnérables.

L’économie locale au cœur du dispositif

L’un des aspects les plus directement économiques du programme concerne le renforcement de la résilience et des opportunités économiques.

La Suisse entend notamment intervenir dans l’agroécologie, l’adaptation au changement climatique, la gestion durable des ressources naturelles ainsi que le développement des filières agricoles et pastorales.

Le programme accorde également une place à la formation professionnelle, à l’accès aux services financiers et au soutien à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Pour la Suisse, ces leviers doivent contribuer à améliorer les revenus et les perspectives économiques des populations dans les territoires ciblés.

Cette orientation donne au programme une dimension qui dépasse l’aide d’urgence. Il s’agit également de renforcer les capacités productives locales et de favoriser l’insertion économique des populations.

Sept régions prioritaires

Le nouveau programme cible sept régions sur les 19 que compte le Mali : Mopti, Tombouctou, Sikasso, Bandiagara, Douentza, Bougouni et Koutiala.

Des interventions ponctuelles pourront également être conduites à Gao, Taoudénit et dans la périphérie du district de Bamako. Cette concentration territoriale vise à maintenir une présence au plus près des populations, y compris dans des zones fragilisées.

La Suisse explique cette approche par sa volonté de conserver un ancrage territorial tout en adaptant ses interventions à l’évolution du contexte. Le programme prévoit notamment des mécanismes permettant d’ajuster les actions lorsque les conditions politiques, économiques, sociales ou sécuritaires évoluent.

Un financement pensé avec les acteurs locaux

La mise en œuvre du programme doit associer un large éventail d’acteurs : collectivités territoriales, services locaux de l’État, organisations de la société civile, acteurs économiques et culturels, secteur privé et diaspora.

La coopération suisse prévoit également de travailler avec des organisations régionales et internationales, des agences des Nations unies et des institutions financières lorsque cela est pertinent. L’objectif affiché est de favoriser l’appropriation locale et la durabilité des interventions.

Cette logique traduit une évolution importante dans la conception de la coopération : plutôt que de concentrer les interventions sur des projets isolés, le programme cherche à renforcer les capacités des acteurs déjà présents sur le terrain.

Près de 50 ans de coopération

L’engagement suisse au Mali ne date pas de ce nouveau programme. La coopération entre les deux pays remonte à 1977, avec des interventions notamment dans l’agriculture, l’éducation, la formation professionnelle et les services sociaux.

La Suisse présente le nouveau programme comme une continuité de cette présence, tout en l’adaptant aux réalités actuelles du pays.

Dans le domaine économique, l’accent mis sur l’agriculture, la formation, l’accès aux services financiers et l’entrepreneuriat traduit une volonté de travailler sur plusieurs déterminants de la résilience des ménages et des économies locales.

Une enveloppe à lire au-delà du montant

Les 87 millions de francs suisses représentent une enveloppe indicative sur quatre ans. Leur importance ne se mesure donc pas uniquement à leur montant global, mais aussi à leur répartition et aux résultats attendus sur le terrain.

Près des deux tiers pour le développement et un tiers pour l’humanitaire : cette structure montre que la Suisse entend maintenir un équilibre entre réponse aux besoins immédiats et investissement dans les capacités économiques et sociales.

La Suisse souligne par ailleurs que les ressources seront engagées dans le cadre de plans de dépenses annuels soumis à ses procédures budgétaires. Il convient donc de distinguer l’enveloppe indicative annoncée des décaissements effectivement réalisés chaque année.

Le défi sera désormais celui des résultats

Pour le Mali, l’enjeu sera de transformer cette enveloppe en résultats mesurables : davantage de revenus agricoles, de compétences professionnelles, d’accès au financement, d’activités entrepreneuriales et de services essentiels dans les territoires ciblés.

Pour la Suisse, le défi sera de démontrer que cette approche intégrée peut produire des effets durables malgré un environnement particulièrement contraint.

Au-delà des 87 millions de francs suisses annoncés pour 2026-2029, c’est donc la capacité de la coopération à renforcer les économies locales et les acteurs maliens qui donnera sa véritable valeur au programme. Dans un contexte où les financements extérieurs sont de plus en plus scrutés, la question centrale ne sera pas seulement combien sera dépensé, mais ce que ces ressources permettront de construire durablement au Mali.

La Rédaction

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