Sénégal : Le chiffre d’affaires industriel bondit de 10,8 % au deuxième trimestre.
Le secteur industriel sénégalais a accéléré au deuxième trimestre 2026. Selon les dernières données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), le chiffre d’affaires de l’industrie a progressé de 10,8 % sur un an, porté notamment par les activités manufacturières, extractives et énergétiques. Une performance qui confirme le dynamisme de plusieurs filières, même si toutes les branches ne suivent pas la même trajectoire.
Une progression à deux chiffres en trois mois
Entre avril et juin 2026, le chiffre d’affaires réalisé par les entreprises industrielles sénégalaises a augmenté de 10,8 % par rapport au deuxième trimestre 2025.
Cette évolution intervient après une progression plus modérée de 1,5 % au premier trimestre. Sur l’ensemble du premier semestre, le chiffre d’affaires industriel affiche ainsi une hausse de 7,1 % par rapport à la même période de 2025. Hors égrenage du coton et extraction d’hydrocarbures, la progression reste significative, à 8 % au deuxième trimestre et 6,3 % sur les six premiers mois.
L’indice du chiffre d’affaires dans l’industrie (ICAI) de l’ANSD mesure l’évolution des ventes de biens et services des activités industrielles. Il couvre notamment les industries extractives, manufacturières, la production d’électricité, de gaz et d’eau ainsi que certaines activités environnementales.
Le manufacturier, principal moteur de la hausse
La progression est particulièrement marquée dans les industries manufacturières. Leur chiffre d’affaires augmente de 13,3 % sur un an au deuxième trimestre.
Plusieurs branches ont fortement contribué à cette performance. L’agroalimentaire affiche une hausse de 22,2 %, tandis que les matériaux minéraux progressent de 16,9 %. Les produits chimiques et pharmaceutiques avancent de 10 %, et le papier et carton de 9,6 %.
Ces performances traduisent une amélioration des ventes dans plusieurs segments de la transformation industrielle. Elles montrent également le poids des activités de transformation dans la dynamique du secteur secondaire sénégalais.
La tendance reste toutefois contrastée. Le chiffre d’affaires des produits métallurgiques et de fonderie recule de 15,6 %, tandis que celui du raffinage et de la cokéfaction baisse de 5,3 %. Sur l’ensemble du premier semestre, les industries manufacturières enregistrent néanmoins une progression de 8,5 %.
Les hydrocarbures renforcent la dynamique extractive
Les industries extractives enregistrent pour leur part une progression de 7 % du chiffre d’affaires au deuxième trimestre.
Cette hausse est principalement soutenue par l’extraction d’hydrocarbures, dont le chiffre d’affaires augmente de 26,2 %, et par les minerais métalliques, en progression de 8,1 %. À l’inverse, les autres activités extractives reculent de 28,7 %.
Sur les six premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires des industries extractives progresse de 5,8 %. La montée en puissance des hydrocarbures contribue ainsi de manière visible à la transformation du paysage industriel sénégalais.
Électricité, gaz et eau : une progression plus régulière
Le segment de l’électricité, du gaz et de l’eau affiche également une évolution positive. Son chiffre d’affaires augmente de 6,5 % au deuxième trimestre, avec une hausse de 6,8 % pour l’électricité et le gaz et de 6 % pour l’eau.
Sur le premier semestre, la progression atteint 6,7 %. Les industries environnementales évoluent plus modestement, avec une hausse de 1,3 % au deuxième trimestre, principalement liée aux activités de traitement et d’élimination des déchets.
L’égrenage du coton, analysé séparément dans les statistiques de l’ANSD, affiche quant à lui une progression beaucoup plus forte : son chiffre d’affaires augmente de 54 % sur un an au deuxième trimestre, principalement sous l’effet de la hausse des ventes de coton. Sur le premier semestre, la hausse ressort à 8,9 %.
Un indicateur à lire avec prudence
Le +10,8 % constitue un signal positif pour l’activité industrielle, mais il ne signifie pas mécaniquement que les volumes produits ont augmenté de 10,8 %. L’ICAI mesure avant tout l’évolution du chiffre d’affaires, c’est-à-dire des ventes réalisées par les entreprises industrielles.
Cette distinction est importante dans l’analyse de la conjoncture. Elle permet de ne pas confondre progression des revenus tirés des ventes et croissance physique de la production.
Le taux de réponse de l’enquête ayant servi à établir les résultats s’est établi à 94,2 %, selon l’ANSD. L’agence précise par ailleurs que l’indice peut être révisé lorsque le taux de réponse n’atteint pas 100 %.
Une industrie qui progresse, mais encore inégale
Le tableau qui se dessine est donc celui d’une industrie sénégalaise en progression, mais dont les moteurs restent différenciés.
L’agroalimentaire, les matériaux minéraux, la chimie-pharmacie et certaines activités extractives avancent à un rythme soutenu. Dans le même temps, le raffinage, la métallurgie et certaines activités extractives connaissent des replis.
Cette hétérogénéité rappelle qu’une hausse globale du chiffre d’affaires ne suffit pas, à elle seule, à mesurer la profondeur de la transformation industrielle.
Pour le Sénégal, l’enjeu sera désormais de convertir cette progression des ventes en davantage de production locale, de valeur ajoutée, d’emplois industriels et de capacités de transformation. Car derrière les 10,8 % du deuxième trimestre se joue une question plus structurante : celle de la capacité du pays à faire de la croissance de ses industries un moteur durable de diversification économique.
La Rédaction



