Mali : La BOAD mobilise 29,78 milliards FCFA pour transformer la mobilité à Bamako.
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) poursuit son accompagnement du Mali à travers un chantier stratégique sur la Route nationale 27. Avec près de 30 milliards de FCFA de financement, la modernisation du tronçon urbain Bamako-Koulikoro doit contribuer à fluidifier la circulation, sécuriser les déplacements et adapter la capitale à la croissance de son trafic.
À Bamako, la transformation de la mobilité urbaine passe aussi par les infrastructures. Le 3 septembre 2026, la BOAD a effectué une visite de suivi des travaux d’aménagement et d’élargissement du tronçon urbain de la Route nationale 27 (RN27), un axe majeur reliant la capitale à Koulikoro.
Le projet représente un coût total de 33,224 milliards de FCFA hors taxes. Sur cette enveloppe, la BOAD apporte 29,78 milliards de FCFA, tandis que l’État malien prend en charge le reliquat de 3,444 milliards de FCFA.
Un axe sous pression face à l’augmentation du trafic
La RN27 occupe une position stratégique dans l’organisation des déplacements à Bamako. Le tronçon urbain concerné s’étend sur environ 9,42 kilomètres, du rond-point du Grand Hôtel jusqu’à Boulkassoumbougou.
Cette route concentre un trafic particulièrement important : motos, tricycles, véhicules particuliers, transports collectifs et camions y circulent quotidiennement. La saturation progressive de l’axe et la dégradation de certaines portions ont contribué à accentuer les embouteillages et les risques pour les usagers.
Le projet lancé en juillet 2024 vise donc à augmenter la capacité de la route tout en améliorant les conditions générales de circulation. Il est divisé en deux tranches : une première section de 5,02 kilomètres, entre le rond-point du Grand Hôtel et le carrefour Banconi, puis une seconde de 4,4 kilomètres, entre Banconi et Boulkassoumbougou.
De nouvelles voies pour absorber le trafic
La modernisation ne consiste pas uniquement à refaire la chaussée. Plusieurs portions doivent être élargies en 2×2 voies et 2×3 voies, afin de permettre à davantage de véhicules de circuler simultanément.
Le projet prévoit également la reconstruction de ponts, la réalisation de deux passerelles destinées aux piétons ainsi que l’aménagement de pistes cyclables de deux mètres de largeur.
Cette approche traduit une évolution dans la conception des infrastructures urbaines : la route n’est plus pensée uniquement pour les véhicules motorisés. Piétons et cyclistes doivent également disposer d’espaces plus sûrs pour leurs déplacements.
29,78 milliards FCFA engagés par la BOAD
Le montage financier du projet repose sur deux tranches.
La première représente 17,155 milliards de FCFA, dont 15 milliards de FCFA financés par la BOAD. La seconde s’élève à 16,069 milliards de FCFA, avec une contribution de 14,780 milliards de FCFA de la banque régionale.
Au total, les financements de la BOAD atteignent donc 29,780 milliards de FCFA, soit près de 90 % du coût total hors taxes du projet. L’État malien apporte pour sa part environ 3,444 milliards de FCFA.
Ce niveau de participation illustre le poids des banques régionales de développement dans le financement des infrastructures lourdes, particulièrement dans les secteurs où les investissements nécessaires dépassent les capacités immédiates des budgets publics.
Un investissement qui dépasse la seule circulation
L’intérêt économique de la RN27 dépasse la question des embouteillages.
L’axe dessert plusieurs zones importantes de Bamako et traverse notamment les Communes I, II et III. Il joue également un rôle dans la connexion avec Koulikoro et dans l’accès à différentes zones d’activités de la capitale.
Une circulation plus fluide peut réduire les temps de déplacement des travailleurs, faciliter la circulation des marchandises et diminuer certains coûts liés aux transports. Lors du lancement du chantier, les autorités avaient notamment évoqué un objectif de réduction pouvant atteindre 50 % du temps de parcours, ainsi qu’une diminution des coûts d’exploitation des véhicules et du nombre d’accidents.
À l’échelle d’une capitale où les déplacements quotidiens représentent une part importante du temps et des dépenses des ménages et des entreprises, ces gains peuvent avoir des effets économiques significatifs.
Un chantier stratégique pour Bamako
La visite de suivi effectuée par la BOAD intervient alors que les travaux se poursuivent sur cet axe. L’objectif est désormais de maintenir le rythme du chantier et de s’assurer que les infrastructures réalisées répondent aux standards prévus.
Lors du lancement en 2024, la durée d’exécution annoncée était de 36 mois. La modernisation doit notamment intégrer les ouvrages d’assainissement, l’éclairage public, la signalisation et les équipements de sécurité.
Cette dimension est essentielle pour Bamako. L’élargissement d’une route peut temporairement améliorer la circulation, mais sans drainage efficace, éclairage, signalisation et espaces sécurisés pour les usagers vulnérables, les difficultés peuvent rapidement réapparaître.
Le défi de la mobilité ne se résume pas à une seule route
Le financement de la RN27 constitue une avancée importante, mais il ne suffira pas à lui seul à résoudre les problèmes de mobilité de Bamako.
La croissance démographique, l’augmentation du parc de véhicules et la concentration des activités économiques dans certaines zones exercent une pression continue sur le réseau routier. La réponse devra donc également passer par une meilleure organisation du transport collectif, l’entretien régulier des infrastructures, la sécurisation des carrefours et une planification urbaine capable d’anticiper l’évolution de la ville.
Pour la BOAD, l’enjeu est ainsi de financer des infrastructures qui accompagnent la transformation économique des capitales ouest-africaines. Pour Bamako, celui-ci est encore plus concret : rendre les déplacements moins coûteux, plus sûrs et plus prévisibles.
Avec ses voies élargies, ses ponts reconstruits, ses passerelles et ses pistes cyclables, la RN27 doit devenir davantage qu’une route rénovée. Elle sera un test grandeur nature de la capacité de Bamako à transformer ses infrastructures en véritables leviers de productivité urbaine. Car dans une capitale où chaque heure perdue dans les embouteillages a aussi un coût économique, améliorer la mobilité, c’est finalement investir dans le temps et dans la compétitivité de la ville.
La Rédaction



