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Mali–Maroc : Bamako réaffirme à New York son soutien au plan d’autonomie du Sahara.

À New York, le Mali a confirmé sa position en faveur de la souveraineté marocaine sur le Sahara et son soutien au plan d’autonomie proposé par Rabat. Une ligne diplomatique déjà annoncée en avril, mais réaffirmée cette semaine dans le cadre de la 81e Assemblée générale de l’ONU. En parallèle, Bamako et Rabat affichent leur volonté de consolider leurs relations économiques et commerciales.

Une position confirmée à New York

Le Mali a renouvelé, mercredi 23 septembre 2026 à New York, son soutien à la souveraineté du Maroc sur le Sahara et au plan d’autonomie proposé par Rabat pour régler le différend régional.

La position a été réaffirmée par le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, à l’issue de son entretien avec son homologue marocain, Nasser Bourita, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Le chef de la diplomatie malienne a rappelé la déclaration adoptée par le gouvernement de Bamako le 10 avril 2026. Celle-ci présente le plan d’autonomie marocain comme « la seule base sérieuse et crédible » pour le règlement du différend et considère qu’une autonomie sous souveraineté marocaine constitue, selon la position officielle malienne, la solution la plus réaliste.

Cette réaffirmation est donc moins un changement de cap qu’une confirmation de la nouvelle orientation diplomatique adoptée par Bamako au printemps dernier.

Le soutien à la résolution 2797

Abdoulaye Diop a également indiqué que le Mali apportait son « plein soutien » à la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025.

Cette résolution constitue désormais l’un des principaux cadres diplomatiques invoqués par Rabat et ses partenaires dans le dossier du Sahara. Le ministre malien l’a présentée comme une étape importante vers le règlement du différend et a souhaité que la session actuelle de l’Assemblée générale contribue à sa concrétisation et à sa mise en œuvre.

Cette position doit toutefois être replacée dans le cadre du processus onusien : la déclaration de Bamako constitue la position diplomatique du Mali et ne signifie pas, à elle seule, que le différend est définitivement réglé.

Avril 2026, le tournant diplomatique de Bamako

La position exprimée à New York intervient cinq mois après la déclaration gouvernementale du 10 avril 2026.

À cette occasion, Bamako avait annoncé le retrait de sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et affiché son soutien au plan d’autonomie marocain sous souveraineté du Royaume.

Cette décision avait marqué une évolution importante de la position malienne sur un dossier qui oppose depuis plusieurs décennies le Maroc au Front Polisario et constitue l’un des dossiers sensibles de la diplomatie nord-africaine.

La déclaration de septembre vient donc confirmer la continuité de cette orientation.

Un dossier diplomatique qui accompagne le rapprochement économique

Au-delà de la question du Sahara, la rencontre de New York intervient dans une période de rapprochement entre Bamako et Rabat.

Abdoulaye Diop a mis en avant les liens économiques, commerciaux, historiques et humains entre les deux pays. Il a notamment rappelé la tenue, en juillet 2026 à Bamako, de la quatrième session de la Grande Commission mixte de coopération maroco-malienne.

Cette rencontre avait été consacrée à l’examen de la coopération bilatérale et à la recherche de nouveaux axes de partenariat. Les deux parties avaient alors affiché leur volonté de donner une nouvelle impulsion aux relations économiques et commerciales.

La dimension économique n’est pas secondaire. Pour le Mali, le Maroc constitue un partenaire commercial et financier important en Afrique du Nord, tandis que Rabat développe depuis plusieurs années une stratégie de coopération économique avec les pays d’Afrique de l’Ouest.

Une coopération appelée à dépasser le cadre politique

Le rapprochement entre les deux pays touche plusieurs domaines et ne se limite donc pas au dossier du Sahara.

Lors de la Commission mixte de juillet, Bamako et Rabat ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur partenariat et de consolider le cadre juridique de leur coopération. Les deux parties avaient également insisté sur l’importance du suivi des accords conclus afin de transformer les engagements politiques en réalisations concrètes.

Cette évolution donne un intérêt particulier à la déclaration de New York : le rapprochement politique peut servir de cadre à une coopération économique plus dense, à condition que les engagements annoncés se traduisent effectivement par des investissements, des échanges commerciaux et des projets.

Une diplomatie malienne qui affiche sa cohérence

À New York, Bamako a donc envoyé un message de continuité. Cinq mois après sa déclaration d’avril, le Mali confirme son soutien au plan d’autonomie marocain et à la souveraineté du Maroc sur le Sahara, tout en inscrivant cette position dans le cadre des discussions portées aux Nations unies.

Pour le Maroc, cette confirmation constitue un nouvel appui diplomatique à son approche du dossier. Pour le Mali, elle s’inscrit dans une relation bilatérale que les deux capitales souhaitent désormais approfondir sur plusieurs fronts.

À New York, le Mali n’a pas simplement répété une position diplomatique : il a confirmé une nouvelle ligne assumée depuis avril. La prochaine étape se jouera toutefois moins dans les déclarations que dans la capacité de Bamako et Rabat à transformer ce rapprochement politique en coopération économique durable et en projets concrets.

La Rédaction

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