Sénégal : Le BIE renforce son partenariat avec Dakar et mise sur l’expérience d’Osaka.
Le Bureau International des Expositions renforce sa coopération avec le Sénégal. À Dakar, les 15 et 16 septembre 2026, l’organisation internationale organise, avec le gouvernement sénégalais et l’ASEPEX, une session régionale de renforcement des capacités. Une initiative qui doit permettre à Dakar de capitaliser sur son expérience à l’Expo 2025 Osaka et de renforcer son positionnement dans la diplomatie économique et les grandes expositions internationales.
Dakar devient un centre régional de formation
Le partenariat entre le Sénégal et le Bureau International des Expositions (BIE) franchit une nouvelle étape. Le ministre sénégalais de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a reçu le 14 septembre à Dakar le secrétaire général du BIE, Dimitri S. Kerkentzes, en visite au Sénégal pour consolider la coopération entre les deux parties.
Cette rencontre intervient alors que Dakar accueille les 15 et 16 septembre un programme de renforcement des capacités du BIE. Organisée avec le gouvernement sénégalais, le ministère de l’Industrie et du Commerce et l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX), cette session réunit des représentants de plus de 30 pays autour des enjeux liés aux Expositions internationales.
Pour le BIE, cette initiative s’inscrit dans une logique de partage d’expertise entre ses 184 États membres. Les participants doivent notamment travailler sur le processus d’organisation d’une exposition, les avantages d’une participation et les aspects opérationnels liés à la conception et à la gestion d’un pavillon.
L’expérience d’Osaka comme nouveau levier
Pour Dakar, l’intérêt de cette rencontre est également de valoriser l’expérience acquise lors de l’Expo 2025 Osaka Kansai, au Japon.
Le Sénégal avait participé à cette exposition internationale à travers un pavillon consacré à la présentation de sa vision du futur et à la promotion de son identité, de son potentiel et de son savoir-faire. Le BIE considère désormais cette expérience comme un acquis pouvant être partagé avec d’autres pays.
L’ASEPEX estime ainsi que l’accueil du programme à Dakar constitue une reconnaissance de la qualité de la participation sénégalaise à Osaka 2025 et de l’expérience accumulée dans la préparation et la gestion d’une présence à une grande exposition internationale.
Cette expertise doit désormais servir à renforcer les capacités des acteurs sénégalais, mais aussi à faire de Dakar un espace régional d’échange sur les stratégies de participation aux Expositions internationales.
Belgrade 2027 et Riyad 2030 déjà dans le viseur
La coopération intervient également à un moment où plusieurs grands rendez-vous internationaux se préparent.
Les travaux organisés à Dakar accordent notamment une place à l’Expo 2027 Belgrade, qui se tiendra en Serbie du 15 mai au 15 août 2027, ainsi qu’à l’Expo 2030 Riyad, prévue en Arabie saoudite du 1er octobre 2030 au 31 mars 2031.
Le Sénégal est attendu à Belgrade pour la prochaine Exposition spécialisée. Le pays entend donc poursuivre la dynamique engagée à Osaka, tout en renforçant sa capacité à utiliser ces rendez-vous comme des plateformes de promotion économique.
Pour les entreprises et institutions participantes, ces événements ne se limitent plus à l’exposition d’un pays au grand public. Ils peuvent également servir de vitrines pour les produits, les investissements, les innovations, la culture et les opportunités commerciales.
Une dimension économique derrière les pavillons
Derrière la préparation technique des pavillons se joue en effet un enjeu plus large : celui du rayonnement économique.
Le programme du BIE à Dakar prévoit des échanges sur la préparation et l’exploitation des pavillons, mais également sur les programmes culturels et commerciaux, les Journées nationales, la communication, le storytelling et la stratégie de marque.
Pour le Sénégal, cette approche rejoint les missions de l’ASEPEX, chargée notamment de promouvoir les exportations sénégalaises à l’international.
Une exposition internationale peut ainsi devenir un outil de diplomatie économique : présenter le pays, attirer des investisseurs, promouvoir ses entreprises et renforcer les relations commerciales.
C’est dans cette logique que Dakar cherche à transformer l’expérience accumulée lors d’Osaka en savoir-faire durable.
Dakar veut consolider son rôle en Afrique
Le choix du Sénégal pour accueillir cette troisième session du programme de renforcement des capacités du BIE en Afrique constitue également un signal.
Après des sessions organisées à Libreville et à Tunis, Dakar devient à son tour un point de rencontre pour les délégations gouvernementales et les acteurs impliqués dans les Expositions internationales.
Pour l’ASEPEX, l’objectif est notamment de contribuer au positionnement du Sénégal comme un acteur de référence dans la préparation et la coordination des participations africaines aux grandes expositions internationales.
Cette ambition rejoint une stratégie plus large de rayonnement du pays, dans laquelle la promotion des exportations, l’attractivité économique et la diplomatie peuvent se renforcer mutuellement.
Du prestige à la création de valeur
Le véritable enjeu sera toutefois de transformer la visibilité internationale en retombées économiques concrètes.
Participer à une exposition représente un investissement en ressources humaines, en communication et en logistique. Pour que l’opération soit pleinement rentable, les contacts noués doivent pouvoir déboucher sur des contrats, des partenariats, des investissements ou de nouveaux débouchés pour les entreprises sénégalaises.
L’expérience d’Osaka constitue donc un point de départ plutôt qu’une finalité. Belgrade 2027 offrira au Sénégal une nouvelle occasion de tester sa capacité à convertir son exposition internationale en opportunités économiques.
À travers son rapprochement avec le BIE, Dakar cherche finalement à faire des grandes expositions davantage qu’une vitrine nationale. L’ambition est d’en faire un instrument de diplomatie économique, de promotion des exportations et d’attractivité. Car dans une économie mondialisée, la visibilité n’a de véritable valeur que lorsqu’elle finit par se transformer en marchés, en investissements et en emplois.
La Rédaction



