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Mali-Chine : Bamako veut rétablir la délivrance des visas chinois dans la capitale.

Les autorités maliennes et chinoises cherchent une solution pour permettre la reprise de la délivrance des visas chinois à Bamako. Réunie le 16 septembre avec l’ambassadeur de Chine au Mali, la partie malienne a plaidé pour des solutions techniques permettant de rétablir le service consulaire dans la capitale. En attendant, les demandeurs maliens doivent effectuer leurs démarches à Dakar, Abidjan ou Rabat.

Une solution recherchée à Bamako

Le dossier des visas chinois s’est invité au cœur des discussions entre les autorités maliennes et l’ambassade de Chine.

Le 16 septembre 2026, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, accompagné du ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a tenu une séance de travail avec l’ambassadeur de Chine au Mali, Li Xiang. Des représentants des organisations professionnelles et des structures relevant du ministère chargé du Commerce ont également pris part aux échanges.

Selon le gouvernement malien, la réunion avait pour objectif d’examiner les moyens de lever les contraintes qui perturbent actuellement la délivrance des visas chinois et de faciliter la mobilité entre les deux pays. À l’issue des discussions, Bamako et Pékin ont envisagé des « solutions techniques alternatives et pragmatiques » afin de permettre une reprise effective des services consulaires chinois à Bamako.

Aucune date précise de reprise n’a cependant été annoncée à ce stade.

Pourquoi les visas ne sont-ils plus délivrés à Bamako ?

La situation découle de la reconstruction de la section consulaire de l’ambassade de Chine à Bamako.

Dans un avis publié le 3 septembre, l’ambassade chinoise a indiqué que des travaux routiers rendaient nécessaire la reconstruction de cette section. À partir du 15 septembre, les ressortissants maliens souhaitant obtenir un visa pour la Chine ont donc été invités à déposer leur demande auprès des ambassades chinoises au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Maroc.

L’ambassade avait auparavant précisé que la suspension du service de visa était liée à des raisons techniques. Dans une déclaration publiée le 9 septembre, elle a également assuré que la délivrance des visas reprendrait à Bamako une fois les travaux de reconstruction de la section consulaire achevés.

Il ne s’agit donc pas, selon la partie chinoise, d’une décision liée à une détérioration des relations bilatérales.

Trois capitales pour remplacer temporairement Bamako

Depuis le 15 septembre, les demandeurs maliens doivent donc se tourner vers Dakar, Abidjan ou Rabat pour leurs demandes de visa chinois.

Cette solution permet de maintenir le traitement des dossiers, mais elle déplace une partie des coûts et des contraintes vers les demandeurs. Pour un commerçant, un entrepreneur ou un étudiant basé à Bamako, obtenir un visa chinois implique désormais de prendre en compte un déplacement dans une autre capitale, avec les dépenses de transport, d’hébergement et les contraintes administratives associées.

L’enjeu est d’autant plus important que la Chine constitue un partenaire commercial majeur du Mali. Les flux entre les deux pays concernent notamment les équipements, les machines, les véhicules, les produits de consommation et différents biens utilisés par les entreprises et les ménages maliens.

Un sujet qui dépasse le simple déplacement

Pour le ministère malien de l’Industrie et du Commerce, la question des visas est directement liée aux échanges économiques et commerciaux.

Les déplacements vers la Chine concernent en effet plusieurs catégories d’acteurs : importateurs et commerçants, chefs d’entreprise, investisseurs, étudiants, bénéficiaires de programmes de formation ou encore professionnels impliqués dans des projets de coopération.

Une procédure consulaire temporairement délocalisée peut ainsi avoir un coût économique qui dépasse celui du simple billet d’avion. Elle peut retarder des rendez-vous commerciaux, compliquer la participation à des salons professionnels ou augmenter les coûts d’accès aux fournisseurs et partenaires chinois.

Pour les opérateurs qui travaillent régulièrement avec la Chine, la mobilité constitue une composante de la chaîne commerciale. La possibilité de voyager facilement permet notamment de rencontrer les fournisseurs, inspecter des équipements, négocier des contrats ou participer à des événements professionnels.

Pékin confirme le caractère technique de la suspension

L’ambassade de Chine a voulu écarter toute interprétation diplomatique de la situation.

Dans sa déclaration du 9 septembre, elle a affirmé que la suspension du service de visa était « purement » liée à des raisons techniques et a réaffirmé la volonté chinoise d’approfondir le partenariat stratégique avec le Mali. Elle précise également que la délivrance des visas reprendra après l’achèvement des travaux de reconstruction de la section consulaire.

En parallèle, l’ambassade a prévu de maintenir certains services à Bamako. Le service de légalisation des documents a notamment été rétabli à partir du 15 septembre, chaque mercredi de 15 heures à 17 heures. Cette reprise ne concerne toutefois pas la délivrance des visas.

Bamako veut une solution avant la réouverture complète

C’est précisément sur ce point que les discussions du 16 septembre prennent leur importance.

Plutôt que d’attendre uniquement la fin des travaux, les autorités maliennes et chinoises envisagent désormais des mécanismes techniques alternatifs permettant de faciliter l’accès aux services consulaires à Bamako.

Pour les autorités maliennes, l’objectif est double : réduire les contraintes supportées par les ressortissants maliens et préserver la fluidité des échanges humains et économiques avec la Chine.

La démarche intervient alors que les deux pays présentent leur relation comme un partenariat stratégique, couvrant notamment le commerce, les infrastructures, l’agriculture, les mines, l’énergie, la santé et la formation.

La mobilité, une infrastructure invisible du commerce

Le dossier des visas rappelle une réalité souvent moins visible des relations économiques internationales : les échanges ne reposent pas uniquement sur les marchandises, les capitaux et les infrastructures physiques. Ils dépendent également de la capacité des entrepreneurs, investisseurs, techniciens et étudiants à circuler.

Pour le Mali, la priorité est désormais de transformer les discussions engagées avec Pékin en dispositif opérationnel. Tant que la section consulaire n’aura pas repris ses activités à Bamako, les solutions alternatives resteront indispensables.

La prochaine étape sera donc moins diplomatique que pratique : rétablir une procédure de visa accessible depuis Bamako, capable d’accompagner la mobilité croissante des acteurs économiques maliens vers la Chine.

La Rédaction

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