Mali : Assimi Goïta veut accélérer la Grande Muraille Verte face à l’urgence climatique du Sahel.
La restauration des terres devient une priorité stratégique pour renforcer la résilience économique et environnementale.
Face à l’avancée de la désertification, à la dégradation des terres agricoles et à la pression croissante du changement climatique, le Mali entend donner une nouvelle impulsion à l’un des plus ambitieux programmes environnementaux du continent africain : la Grande Muraille Verte.
Le dossier a été examiné le 5 juin 2026 au Palais de Koulouba lors d’une audience accordée par le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, au Secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, le Professeur Almoustapha Garba. À l’issue des échanges, le chef de l’État a donné des orientations visant à accélérer la mise en œuvre des projets et programmes liés à cette initiative au Mali.
Cette démarche intervient dans un contexte où les enjeux environnementaux deviennent de plus en plus étroitement liés aux questions de développement économique, de sécurité alimentaire et de stabilité sociale.
Une réponse africaine à la désertification
Lancée sous l’impulsion de l’Union africaine, la Grande Muraille Verte constitue l’un des plus vastes projets de restauration écologique au monde.
Contrairement à l’idée d’une simple barrière d’arbres traversant le continent, l’initiative repose sur une approche beaucoup plus large visant à restaurer les terres dégradées, protéger les ressources naturelles et soutenir les activités économiques des communautés rurales.
Le programme concerne plusieurs pays sahéliens, dont le Mali, où les effets combinés du changement climatique, de la pression démographique et de l’exploitation intensive des ressources naturelles accentuent la fragilité des écosystèmes.
Plus de la moitié du territoire malien est exposée à la dégradation des terres
La lutte contre la désertification représente un enjeu majeur pour le Mali.
Selon les données scientifiques disponibles, les phénomènes de dégradation des sols affectent une part importante du territoire national, avec des conséquences directes sur l’agriculture, l’élevage et les moyens de subsistance des populations rurales.
Dans un pays où une grande partie de l’économie repose encore sur les activités agro-sylvo-pastorales, la préservation des terres productives est devenue une nécessité économique autant qu’environnementale.
La réduction des surfaces cultivables entraîne en effet une baisse de la productivité agricole, une pression accrue sur les ressources naturelles et une vulnérabilité plus forte face aux crises alimentaires.
Faire de l’environnement un levier de développement
Lors de la rencontre de Koulouba, les discussions ont porté sur les progrès réalisés, les difficultés rencontrées et les perspectives de renforcement du programme au Mali.
Le Secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte a salué l’attention accordée par les autorités maliennes aux questions environnementales et à la restauration des terres, considérées comme des facteurs essentiels de stabilité économique et sociale.
Au-delà de la dimension écologique, les autorités maliennes souhaitent faire de la Grande Muraille Verte un véritable instrument de développement local.
Les projets associés au programme concernent notamment :
- la restauration des terres dégradées ;
- le reboisement ;
- la gestion durable des ressources naturelles ;
- le développement de l’agriculture résiliente ;
- la sécurisation des moyens de subsistance des populations rurales ;
- l’amélioration de la sécurité alimentaire.
Une réponse aux défis du changement climatique
Le Sahel figure parmi les régions du monde les plus exposées aux effets du changement climatique.
La variabilité des précipitations, la fréquence accrue des sécheresses et l’appauvrissement progressif des sols affectent directement les activités économiques dépendantes des ressources naturelles.
Dans ce contexte, la Grande Muraille Verte est désormais perçue comme un outil d’adaptation climatique autant qu’un programme environnemental.
L’objectif est de renforcer la résilience des communautés tout en créant des opportunités économiques durables dans les zones rurales.
Un enjeu économique autant qu’écologique
Pour le Mali, la réussite de la Grande Muraille Verte pourrait générer des bénéfices bien au-delà de la protection de l’environnement.
La restauration des terres contribue à améliorer les rendements agricoles, soutenir les activités pastorales et préserver les ressources en eau.
Elle favorise également la création d’emplois locaux dans les domaines du reboisement, de la gestion forestière, de l’agriculture durable et des énergies renouvelables.
Dans une région confrontée à de multiples vulnérabilités, ces retombées économiques constituent un levier important pour renforcer la résilience des populations.
Le Mali veut accélérer le rythme
Les orientations données à Koulouba traduisent la volonté des autorités de franchir une nouvelle étape dans la mise en œuvre du programme.
L’objectif est désormais d’accélérer l’exécution des projets, de renforcer leur impact sur les populations et d’améliorer la coordination entre les différents acteurs impliqués dans l’initiative.
Cette ambition s’inscrit dans une dynamique continentale où la restauration des terres est de plus en plus considérée comme une priorité stratégique face aux défis climatiques.
Une bataille décisive pour l’avenir du Sahel
Derrière les programmes de reboisement et de restauration des sols se joue en réalité une question fondamentale : la capacité des pays sahéliens à préserver leur capital naturel et à assurer des conditions de vie durables à leurs populations.
En réaffirmant son engagement en faveur de la Grande Muraille Verte, le Mali place la lutte contre la désertification au cœur de sa stratégie de résilience.
Car dans le Sahel de demain, la sécurité alimentaire, la croissance économique et la stabilité des territoires dépendront en grande partie de la capacité à restaurer aujourd’hui les terres qui font vivre des millions de personnes.
La Rédaction



