BOAD : En dix ans, la banque régionale a mobilisé deux fois plus de ressources qu’en quatre décennies pour accélérer la transformation de l’UEMOA.
Plus de 6 400 milliards FCFA mobilisés entre 2015 et 2025 : la Banque ouest-africaine de développement change d’échelle et s’impose comme un acteur majeur du financement régional
En moins d’une décennie, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a franchi un nouveau cap dans son histoire. Entre 2015 et 2025, l’institution financière régionale a mobilisé plus de 6 400 milliards FCFA pour accompagner les économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Un montant qui dépasse largement les 3 300 milliards FCFA mobilisés durant les quarante premières années de son existence.
Cette accélération traduit une profonde transformation du rôle de la BOAD. D’une institution principalement tournée vers le financement de projets publics structurants, elle est devenue un acteur central du financement du développement, capable de mobiliser des ressources importantes sur les marchés financiers et auprès de partenaires internationaux.
Une accélération historique dans le financement du développement
Créée en 1973 et opérationnelle depuis 1976, la BOAD a pour mission d’accompagner le développement économique des huit pays membres de l’UEMOA : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.
Pendant plusieurs décennies, la Banque a progressivement construit son expertise dans le financement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie et des secteurs productifs.
Mais la période récente marque une rupture. En seulement dix ans, les financements mobilisés par la BOAD ont presque doublé par rapport à ceux accumulés durant ses quatre premières décennies d’activité.
Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs : l’augmentation des besoins d’investissement des économies ouest-africaines, la multiplication des grands projets régionaux et la capacité accrue de l’institution à accéder à de nouvelles sources de financement.
Des milliards orientés vers les secteurs stratégiques
Les ressources mobilisées par la BOAD sont principalement destinées aux secteurs considérés comme prioritaires pour la transformation économique de la région.
Parmi les domaines d’intervention figurent notamment :
- les infrastructures routières et de transport ;
- l’énergie et l’électrification ;
- l’agriculture et la sécurité alimentaire ;
- l’industrie et la transformation locale ;
- le financement des entreprises privées ;
- les projets sociaux et environnementaux.
L’objectif affiché est de réduire les principaux obstacles au développement économique : déficit énergétique, insuffisance des infrastructures, faible industrialisation et difficultés d’accès au financement pour les entreprises.
Selon les données publiées par l’institution, la BOAD a notamment approuvé 64 projets en 2025 pour un montant total de 935,8 milliards FCFA, confirmant son rythme d’intervention élevé.
Le marché financier régional comme levier de croissance
Pour financer cette montée en puissance, la BOAD s’appuie de plus en plus sur les marchés financiers.
En 2025, l’institution indique avoir mobilisé 1 522 milliards FCFA sur les marchés financiers, grâce notamment à des opérations d’emprunts et à des partenariats financiers.
Cette stratégie permet à la Banque de diversifier ses sources de ressources et de répondre aux besoins croissants des États et des acteurs économiques.
Elle illustre également une tendance plus large en Afrique : le développement d’institutions financières régionales capables de mobiliser l’épargne locale et internationale pour financer la croissance.
Une institution financière devenue plus solide
La progression des financements s’accompagne d’un renforcement des indicateurs financiers de la Banque.
À fin 2025, le total bilan de la BOAD s’établissait à 5 363 milliards FCFA, contre 3 893 milliards FCFA en 2024, soit une progression de près de 38 %.
Sur la même période, l’institution a enregistré un résultat net bénéficiaire de 42,476 milliards FCFA, confirmant l’amélioration de ses performances financières.
Cette solidité contribue à renforcer la confiance des investisseurs et des partenaires au développement, dans un contexte où les besoins de financement des économies africaines restent considérables.
Le nouveau défi, transformer les financements en croissance durable
Si les montants mobilisés témoignent d’une progression remarquable, le véritable enjeu demeure l’impact économique de ces investissements.
Pour les pays de l’UEMOA, les priorités restent nombreuses :
- créer davantage d’emplois pour une population jeune ;
- accélérer l’industrialisation ;
- renforcer la compétitivité des entreprises locales ;
- développer les chaînes de valeur agricoles ;
- améliorer l’accès à l’énergie ;
- favoriser l’intégration économique régionale.
La BOAD entend répondre à ces défis à travers son nouveau cycle stratégique, notamment avec le plan Djoliba 2026-2030, qui vise à renforcer son intervention dans les secteurs transformateurs.
Une banque régionale au cœur de la nouvelle ambition économique africaine
Le changement d’échelle de la BOAD illustre une évolution importante du financement du développement en Afrique de l’Ouest. Les institutions régionales ne se limitent plus à accompagner les États : elles deviennent des partenaires stratégiques de la transformation économique.
En dix ans, la BOAD a réussi à mobiliser davantage de ressources qu’au cours de ses quarante premières années d’existence. Un chiffre qui symbolise une nouvelle phase pour la banque régionale.
Mais derrière les milliards annoncés, la véritable mesure du succès sera ailleurs : dans la capacité de ces financements à améliorer la productivité des économies, renforcer les entreprises africaines et créer une croissance plus inclusive.
Car le développement ne se mesure pas uniquement au volume des financements mobilisés, mais à la richesse durable qu’ils permettent de construire.
La Rédaction



