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Deux ans après sa création, l’AES veut redéfinir ses relations avec la CEDEAO sans renoncer à l’intégration économique.

Ibrahim Traoré plaide pour un nouveau partenariat fondé sur la souveraineté et les intérêts des populations

Deux ans après la naissance de la Confédération des États du Sahel (AES), le Burkina Faso, le Mali et le Niger affichent leur volonté d’ouvrir un nouveau chapitre dans leurs relations avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

À l’occasion de la célébration du deuxième anniversaire de la Confédération, le 6 juillet 2026, le président en exercice de l’AES, le capitaine Ibrahim Traoré, a indiqué que les consultations entre les deux organisations se poursuivent afin de définir « un nouveau cadre de relations ».

Selon lui, ce futur partenariat devra reposer sur trois principes fondamentaux : le respect des décisions souveraines de chaque partie, la préservation des acquis de l’intégration régionale et la défense des intérêts des populations ouest-africaines, notamment en matière de libre circulation des personnes et des biens.

Une nouvelle étape après la rupture institutionnelle

Créée officiellement le 6 juillet 2024 lors du sommet de Niamey, la Confédération des États du Sahel est née de la transformation de l’Alliance des États du Sahel (AES), initialement fondée en septembre 2023 comme pacte de défense mutuelle entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Depuis, la coopération entre les trois pays s’est progressivement élargie aux domaines économique, diplomatique, commercial et monétaire.

Le retrait officiel des trois États de la CEDEAO a profondément modifié les équilibres régionaux. Toutefois, les autorités sahéliennes insistent désormais sur la nécessité de préserver les mécanismes de coopération jugés bénéfiques aux populations.

Préserver les acquis de l’intégration régionale

Dans son message commémoratif, Ibrahim Traoré a tenu à souligner que la Confédération n’était dirigée « contre aucun peuple, aucune nation ».

L’objectif affiché est plutôt de construire une relation renouvelée avec la CEDEAO, fondée sur le dialogue et le respect mutuel.

Parmi les priorités évoquées figurent notamment :

  • le maintien de la libre circulation des citoyens ;
  • la fluidité des échanges commerciaux ;
  • la préservation des chaînes logistiques régionales ;
  • la protection des intérêts économiques des populations ouest-africaines.

Cette position traduit une volonté de distinguer la rupture institutionnelle avec la CEDEAO d’une remise en cause des bénéfices économiques liés à plusieurs décennies d’intégration régionale.

Un enjeu majeur pour les échanges commerciaux

Au-delà de la dimension politique, les discussions revêtent une importance économique considérable.

Les économies du Burkina Faso, du Mali et du Niger demeurent fortement interconnectées avec celles des autres pays ouest-africains.

Les corridors routiers reliant les ports d’Abidjan, de Lomé, de Tema, de Cotonou ou de Dakar constituent des axes stratégiques pour l’approvisionnement des pays sahéliens en produits alimentaires, carburants, matériaux de construction et équipements industriels.

Le maintien de conditions fluides pour la circulation des marchandises apparaît donc comme un enjeu majeur pour la compétitivité des entreprises, la maîtrise des coûts logistiques et la stabilité des prix.

Une coopération sécuritaire appelée à évoluer

La sécurité demeure également au cœur des discussions.

Si la Confédération des États du Sahel développe désormais ses propres mécanismes de coopération militaire, les autorités reconnaissent que certaines formes de coordination avec les pays voisins restent indispensables pour lutter contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière et les trafics illicites.

Les futures relations entre l’AES et la CEDEAO devront ainsi trouver un équilibre entre affirmation de la souveraineté et coopération régionale.

Une Confédération en quête de consolidation

Depuis sa création, la Confédération a multiplié les initiatives destinées à renforcer son intégration.

Parmi les projets engagés figurent notamment :

  • le développement d’une force unifiée ;
  • l’harmonisation progressive des politiques économiques ;
  • le renforcement de la coopération diplomatique ;
  • la facilitation des échanges commerciaux entre les trois États membres.

Les autorités voient dans cette Confédération un instrument destiné à accélérer leur autonomie stratégique tout en consolidant leur résilience économique.

Un dialogue qui reste à construire

Si les déclarations du président en exercice témoignent d’une volonté d’apaisement, les contours précis du futur cadre de coopération entre l’AES et la CEDEAO restent à définir.

Les consultations engagées devront notamment traiter des questions commerciales, douanières, migratoires et sécuritaires qui concernent directement des millions de citoyens et d’entreprises de la région.

Deux ans après sa création, la Confédération des États du Sahel semble ainsi entrer dans une nouvelle phase de son développement : celle de la consolidation de ses institutions tout en recherchant un équilibre durable avec les autres organisations régionales. Pour les économies ouest-africaines, l’enjeu dépasse les considérations diplomatiques. Il s’agit désormais de préserver les acquis de l’intégration tout en tenant compte des nouvelles réalités géopolitiques qui redessinent progressivement le paysage régional.

La Rédaction

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