Burkina Faso : Après plus de 900 millions USD engagés, la BAD prépare sa feuille de route 2027-2031.
Le partenariat entre le Burkina Faso et la Banque africaine de développement (BAD) s’apprête à franchir une nouvelle étape. Alors que l’institution panafricaine achève l’évaluation de son cycle d’intervention actuel, elle engage déjà les consultations devant aboutir à l’élaboration de sa nouvelle stratégie pays pour la période 2027-2031.
Cette réflexion intervient dans un contexte où le portefeuille actif de la BAD au Burkina Faso dépasse désormais les 900 millions de dollars américains à fin avril 2026, confirmant la place de l’institution parmi les principaux partenaires financiers du pays.
Au-delà d’un simple exercice de planification, cette nouvelle stratégie devrait contribuer à définir les priorités de développement du Burkina Faso pour les prochaines années, à un moment où le pays cherche à accélérer sa transformation économique tout en faisant face à d’importants défis sécuritaires et sociaux.
Une coopération financière devenue stratégique
Depuis plusieurs années, la Banque africaine de développement accompagne le Burkina Faso dans le financement de projets structurants touchant des secteurs essentiels de l’économie.
Les investissements de l’institution couvrent notamment les infrastructures routières, l’énergie, l’agriculture, l’accès à l’eau potable, l’assainissement ainsi que le développement du secteur privé.
À fin avril 2026, les engagements cumulés de la BAD dépassaient les 900 millions de dollars, illustrant l’importance croissante de la coopération entre Ouagadougou et l’institution financière continentale.
Cette présence financière s’est progressivement imposée comme un levier majeur pour soutenir les investissements publics et renforcer la résilience économique du pays.
Le Plan RELANCE au cœur des discussions
La préparation de la future stratégie de la BAD intervient quelques mois après l’adoption du nouveau Plan national de développement économique et social 2026-2030, baptisé « RELANCE ».
Ce programme constitue désormais la principale feuille de route économique du gouvernement burkinabè.
Les autorités ambitionnent de mobiliser plus de 36 190 milliards FCFA sur cinq ans afin d’accélérer la transformation structurelle de l’économie nationale.
L’objectif est de stimuler la croissance, développer les infrastructures, renforcer l’industrialisation et améliorer les conditions de vie des populations.
Dans cette perspective, la BAD apparaît comme un partenaire incontournable pour accompagner les investissements nécessaires à la réalisation de ces ambitions.
Ouagadougou veut davantage de financements productifs
Lors des consultations menées avec la délégation de la BAD, les autorités burkinabè ont clairement exprimé leur volonté de voir les futurs financements davantage orientés vers les secteurs créateurs de richesse.
Le gouvernement souhaite notamment renforcer les investissements dans :
- l’agriculture et l’agro-industrie ;
- le textile ;
- les industries minières ;
- la production énergétique ;
- les infrastructures économiques ;
- le financement du secteur privé.
Cette orientation marque une évolution notable des priorités nationales.
L’enjeu n’est plus seulement de financer des infrastructures de base, mais également de soutenir les secteurs capables de générer davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de recettes fiscales.
Une ambition industrielle qui se précise
Le Burkina Faso cherche aujourd’hui à accélérer son industrialisation afin de réduire sa dépendance aux exportations de matières premières brutes.
Cette stratégie repose notamment sur la transformation locale des ressources agricoles et minières.
Pour les autorités, le développement d’industries de transformation représente un moyen de capter une plus grande part de la richesse créée sur le territoire national.
La future stratégie de la BAD pourrait ainsi jouer un rôle déterminant dans la mise en œuvre de cette vision, notamment à travers le financement d’infrastructures énergétiques, industrielles et logistiques.
Un contexte économique exigeant
Cette nouvelle phase de coopération intervient dans un environnement économique particulièrement complexe.
Comme de nombreux pays africains, le Burkina Faso doit concilier plusieurs impératifs :
- financer son développement ;
- améliorer les services publics ;
- renforcer sa sécurité ;
- soutenir la création d’emplois ;
- maintenir les équilibres macroéconomiques.
Dans ce contexte, l’accès à des financements concessionnels et à des ressources de long terme demeure essentiel pour soutenir les investissements structurants.
La BAD constitue à cet égard un partenaire privilégié grâce à sa capacité à mobiliser des ressources importantes à des conditions avantageuses.
La BAD appelée à accompagner le virage économique du Burkina Faso
Derrière la préparation de cette nouvelle stratégie se dessine un changement plus profond dans les priorités de développement du Burkina Faso.
Le pays semble désormais vouloir passer d’une logique de financement principalement axée sur les infrastructures sociales à une approche davantage orientée vers la production, l’industrialisation et la transformation économique.
Cette évolution reflète une conviction de plus en plus partagée sur le continent : la croissance durable repose autant sur les investissements productifs que sur les infrastructures classiques.
Pour la BAD, le défi sera d’accompagner cette transition tout en tenant compte des contraintes budgétaires, sociales et sécuritaires auxquelles le pays demeure confronté.
Une nouvelle étape pour le partenariat Burkina Faso–BAD
Avec plus de 900 millions de dollars déjà engagés et une nouvelle stratégie en préparation, la relation entre le Burkina Faso et la Banque africaine de développement entre dans une phase décisive.
Les orientations qui seront retenues pour la période 2027-2031 pourraient influencer durablement les investissements publics et privés du pays au cours de la prochaine décennie.
Car au-delà des montants mobilisés, l’enjeu est désormais de transformer ces ressources financières en croissance durable, en emplois et en opportunités économiques pour les populations.
Le véritable succès de cette coopération ne se mesurera donc pas seulement en milliards de dollars investis, mais dans sa capacité à accompagner la transformation structurelle de l’économie burkinabè.
La Rédaction



