AES : À Ouagadougou, le Burkina Faso, le Mali et le Niger préparent une nouvelle architecture commune de sécurité.
Les experts des trois pays ouvrent les travaux avant la réunion ministérielle du 1er juillet
La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit la consolidation de son dispositif institutionnel. Réunis à Ouagadougou depuis le lundi 29 juin 2026, les experts du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont entamé une session technique préparatoire en prélude à la réunion des ministres chargés de la Sécurité, prévue le 1er juillet dans la capitale burkinabè.
Cette rencontre s’inscrit dans la mise en œuvre de la feuille de route de la deuxième année de la Confédération. Elle vise à harmoniser les positions des trois États avant les arbitrages politiques qui seront effectués au niveau ministériel, dans un contexte où les questions de sécurité demeurent au cœur du projet d’intégration sahélienne.
Des propositions concrètes attendues avant les décisions ministérielles
Durant plusieurs jours, les experts examinent les projets de textes qui serviront de base aux discussions des ministres.
Les travaux portent notamment sur :
- le renforcement de la coopération sécuritaire entre les trois États ;
- l’amélioration des mécanismes de protection des populations et des biens ;
- la coordination des politiques nationales de sécurité ;
- les dispositifs destinés à faciliter la libre circulation des personnes et des marchandises dans l’espace confédéral tout en garantissant un niveau élevé de contrôle sécuritaire.
L’objectif est de présenter aux ministres des documents suffisamment aboutis pour permettre l’adoption de décisions rapidement applicables.
Cette méthode illustre la volonté de l’AES de renforcer progressivement son fonctionnement institutionnel en s’appuyant sur un important travail technique en amont des rencontres politiques.
Faire de la sécurité un pilier de l’intégration
Depuis la création officielle de la Confédération en juillet 2024, la sécurité constitue le socle de la coopération entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Confrontés à des défis communs liés au terrorisme, à la criminalité transfrontalière et aux trafics illicites, les trois pays ont progressivement élargi leur coopération au-delà des seules opérations militaires.
La rencontre de Ouagadougou illustre cette évolution.
L’ambition n’est plus seulement de coordonner les forces de défense, mais également d’harmoniser les politiques publiques en matière de sécurité intérieure, de gestion des frontières, de circulation des personnes et de coopération entre les administrations compétentes.
Une sécurité renforcée au service de l’économie régionale
Si les enjeux sécuritaires dominent les discussions, les conséquences attendues dépassent largement le domaine militaire.
Une meilleure coordination des politiques de sécurité pourrait contribuer à fluidifier les échanges commerciaux entre les trois pays, sécuriser les principaux corridors routiers, améliorer les conditions de transport des marchandises et renforcer la confiance des investisseurs.
Dans un espace où le commerce transfrontalier joue un rôle essentiel pour l’approvisionnement des populations, la sécurisation des axes de circulation constitue un levier de développement économique autant qu’un impératif sécuritaire.
Les autorités de l’AES cherchent ainsi à construire un environnement plus favorable aux activités économiques, tout en répondant aux menaces qui pèsent sur la région.
Une Confédération qui accélère sa structuration
Cette réunion technique intervient alors que plusieurs chantiers institutionnels sont conduits simultanément au sein de l’AES.
Ces derniers jours, Ouagadougou a également accueilli les travaux consacrés à la mise en place du futur Parlement confédéral, tandis que d’autres réunions portent sur l’harmonisation des politiques économiques, diplomatiques et administratives.
Cette multiplication des rencontres traduit la volonté des trois États d’accélérer la construction d’institutions communes capables d’accompagner leurs ambitions politiques et économiques.
Le défi de passer des textes à l’action
Les conclusions des experts seront soumises aux ministres de la Sécurité le 1er juillet.
Au-delà de l’adoption éventuelle de nouveaux mécanismes de coopération, le véritable enjeu résidera dans leur mise en œuvre effective sur le terrain.
Pour les populations comme pour les opérateurs économiques, les attentes sont élevées : une meilleure sécurité des personnes, une circulation plus fluide des biens et un environnement plus stable pour les investissements.
La réunion de Ouagadougou pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans la transformation de l’AES, qui cherche progressivement à passer d’une alliance politique et sécuritaire à une véritable organisation régionale dotée de mécanismes communs capables de répondre aux défis du Sahel. La crédibilité de cette ambition dépendra désormais de la capacité des États membres à traduire les décisions en résultats concrets pour les citoyens et les acteurs économiques.
La Rédaction



