AES : Ouagadougou jette les bases du futur Parlement confédéral, une nouvelle étape vers l’intégration du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Les institutions législatives des trois États accélèrent la construction de la Confédération
La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit sa structuration institutionnelle. Réunis à Ouagadougou les 29 et 30 juin 2026, les responsables des institutions législatives du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont engagé des travaux destinés à définir les modalités de fonctionnement du futur Parlement confédéral, appelé à devenir l’un des principaux organes de gouvernance de l’Alliance.
Cette rencontre intervient dans un contexte où les trois pays multiplient les initiatives pour donner un contenu concret à leur projet d’intégration politique, économique et sécuritaire. Après la mise en place de mécanismes de coopération dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement économique, l’AES franchit une nouvelle étape avec la préparation de son architecture législative.
Une réunion de haut niveau pour bâtir une institution commune
Les travaux rassemblent trois figures majeures des institutions de transition des États membres :
- Dr Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative de Transition du Burkina Faso ;
- Général Malick Diaw, président du Conseil national de Transition du Mali ;
- Dr Mamoudou Harouna Djingarey, président du Conseil consultatif de la Refondation du Niger.
Leur mission est d’élaborer un cadre de fonctionnement commun pour le futur Parlement de l’AES, qui devra accompagner les décisions prises au niveau de la Confédération et contribuer à leur traduction dans les législations nationales.
Au cœur des discussions figurent notamment l’organisation des futures sessions parlementaires, les règles de fonctionnement de l’institution, les mécanismes de coopération entre les assemblées nationales et les modalités de participation des représentants des trois pays.
Une nouvelle pierre dans l’édifice institutionnel de l’AES
Depuis la création officielle de la Confédération des États du Sahel en juillet 2024, le Burkina Faso, le Mali et le Niger affichent leur volonté de construire un espace intégré capable de coordonner leurs politiques dans plusieurs domaines stratégiques.
L’installation d’un Parlement confédéral constitue une évolution majeure de ce processus.
Au-delà de son rôle législatif, cette institution devrait permettre d’assurer une meilleure cohérence des politiques communes, de renforcer le dialogue entre les États membres et de donner une dimension institutionnelle plus affirmée à la Confédération.
À terme, le Parlement pourrait être appelé à examiner les textes relatifs aux politiques communes, à harmoniser certaines législations et à exercer un rôle de suivi des engagements pris par les organes exécutifs de l’AES.
Ibrahim Traoré appelle à des résultats concrets
En marge des travaux, les trois responsables parlementaires ont été reçus par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.
Lors de cette audience, le chef de l’État burkinabè a insisté sur la nécessité de faire avancer rapidement la mise en place des institutions confédérales afin de répondre aux attentes des populations des trois pays.
Il a notamment souligné que la réussite de l’AES dépendrait de sa capacité à produire des résultats tangibles, aussi bien sur le plan sécuritaire que dans les domaines économique, social et institutionnel.
Une intégration qui dépasse les enjeux sécuritaires
Si l’Alliance des États du Sahel est née dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, son ambition s’est progressivement élargie.
Les trois États travaillent désormais à l’édification d’un espace intégré comprenant des politiques communes en matière de commerce, d’infrastructures, de mobilité, de développement économique, d’investissement, d’énergie et de gouvernance.
Dans cette perspective, la création d’un Parlement confédéral apparaît comme un levier essentiel pour assurer la cohérence juridique des réformes et renforcer la coordination entre les institutions nationales.
Elle pourrait également contribuer à offrir un cadre de dialogue politique permanent entre les représentants des trois pays.
Un défi institutionnel aux implications économiques
Au-delà de sa portée politique, la mise en place du Parlement de l’AES revêt également une dimension économique.
Une institution législative commune pourrait faciliter l’adoption de normes harmonisées dans plusieurs secteurs stratégiques, améliorer le climat des affaires, renforcer la sécurité juridique des investissements et accélérer la mise en œuvre de projets communs dans les domaines des infrastructures, des transports, de l’énergie ou encore de la libre circulation des biens et des personnes.
Pour les opérateurs économiques, une plus grande convergence réglementaire entre les trois États constituerait un facteur de prévisibilité et de compétitivité.
Une Confédération en quête de consolidation
Les travaux de Ouagadougou illustrent la volonté des dirigeants de l’AES de transformer une alliance politique en une organisation dotée d’institutions durables.
Si de nombreux défis restent à relever, notamment en matière de gouvernance, de financement et d’harmonisation juridique, la création du futur Parlement constitue une étape importante dans la consolidation du projet confédéral.
À mesure que l’AES étoffe son architecture institutionnelle, elle affirme son ambition de construire un modèle d’intégration fondé sur une coopération renforcée entre ses États membres. Le succès de cette démarche dépendra désormais de la capacité des nouvelles institutions à produire des décisions efficaces, applicables et bénéfiques aux populations comme aux acteurs économiques.
La Rédaction



