BOA Burkina Faso : Un bénéfice de 18 milliards FCFA, en hausse de 34 % en neuf mois.
La banque burkinabè affiche une nette progression de sa rentabilité au 30 septembre 2026. Son bénéfice net augmente de 34,2 % sur un an, tandis que ses revenus bancaires progressent plus modérément. Les commissions et l’évolution de l’activité commerciale figurent parmi les indicateurs à suivre.
Bank of Africa Burkina Faso (BOA Burkina Faso) signe une performance bénéficiaire notable au terme des neuf premiers mois de 2026. Selon son rapport d’activité du troisième trimestre, publié le 26 octobre par la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), le résultat net de la banque atteint 18,05 milliards de FCFA au 30 septembre 2026, contre 13,45 milliards à la même période de 2025, soit une progression de 34,2 %.
Cette hausse représente près de 4,61 milliards de FCFA de bénéfice supplémentaire en un an. Elle confirme l’amélioration de la rentabilité de l’établissement, dans un contexte où la progression du bénéfice dépasse sensiblement celle de ses revenus bancaires.
Un résultat avant impôt en hausse de 38,4 %
La progression ne concerne pas uniquement le bénéfice net. Le résultat avant impôt de BOA Burkina Faso s’établit à 21,08 milliards de FCFA à fin septembre 2026, contre 15,23 milliards un an auparavant, soit une augmentation de 38,4 %, selon les données rapportées par Horonya Finance.
Le résultat net correspond au bénéfice restant après la prise en compte des charges et des impôts. Le résultat avant impôt permet, lui, d’apprécier la performance avant le prélèvement fiscal. Leur évolution simultanée traduit une amélioration des résultats sur la période, même si les données disponibles ne permettent pas d’attribuer toute cette hausse à un facteur unique.
À fin septembre, le bénéfice net représente déjà environ 94 % du résultat net enregistré sur l’ensemble de l’exercice 2025, qui s’était établi à 19,25 milliards de FCFA. Cette comparaison donne une indication du rythme de progression, sans préjuger du résultat définitif de l’année 2026.
Les revenus bancaires progressent de 5,6 %
Le produit net bancaire (PNB), indicateur qui mesure les revenus générés par l’activité bancaire, atteint 45,71 milliards de FCFA sur les neuf premiers mois de 2026, contre 43,28 milliards à la même période de l’année précédente. Il progresse de 5,6 %.
La hausse des commissions constitue l’un des principaux éléments mis en avant pour expliquer cette évolution. Elles ont progressé de 23,3 %, selon les informations publiées à partir du rapport de la banque.
Les commissions rémunèrent notamment les services fournis aux clients, en complément des revenus liés aux opérations de crédit et de dépôt. Leur progression contribue à diversifier les sources de revenus de la banque.
Un écart demeure néanmoins entre la croissance du PNB, limitée à 5,6 %, et celle du bénéfice net, qui atteint 34,2 %. Cet écart invite à examiner également les charges d’exploitation, le coût du risque et les autres éléments du compte de résultat. Les informations disponibles ne permettent pas de mesurer précisément la contribution de chacun de ces postes à la hausse du bénéfice sur les neuf mois.
Les dépôts augmentent plus vite que les crédits
Sur le plan commercial, BOA Burkina Faso enregistre également une progression des ressources confiées par sa clientèle.
Au 30 septembre 2026, les dépôts atteignent 938,62 milliards de FCFA, en hausse de 6,9 % par rapport au 31 décembre 2025. Les crédits nets à la clientèle s’établissent, pour leur part, à 484,46 milliards de FCFA, en progression de 2,2 % sur la même période.
Les dépôts correspondent aux sommes placées par les clients auprès de la banque. Les crédits nets représentent les prêts accordés, après prise en compte des ajustements comptables correspondants.
Les chiffres montrent donc une progression plus rapide de la collecte que des encours de crédit. Ils ne suffisent toutefois pas à expliquer pourquoi les prêts augmentent moins vite, ni à déterminer dans quelle mesure cette évolution reflète la demande de financement, la politique de crédit de la banque ou les conditions économiques.
Pour apprécier la contribution de l’établissement au financement de l’économie burkinabè, la répartition des crédits entre entreprises et ménages, ainsi que leur évolution sectorielle, apporterait un éclairage complémentaire.
Une rentabilité à confirmer sur l’ensemble de l’exercice
Les résultats à fin septembre placent BOA Burkina Faso sur une trajectoire bénéficiaire favorable. La hausse du résultat net, la progression des commissions et l’augmentation des dépôts constituent les principaux enseignements de cette publication trimestrielle.
Mais la performance de neuf mois ne constitue pas encore le bilan définitif de l’exercice. Les résultats annuels permettront de vérifier si cette dynamique se maintient et de mieux apprécier le rôle des charges, du risque de crédit et de la fiscalité dans la formation du bénéfice.
Pour BOA Burkina Faso, l’enjeu est désormais de transformer cette amélioration de la rentabilité en une performance durable, tout en maintenant sa capacité à financer les besoins des entreprises et des ménages.
La Rédaction



