Togo : 9,84 milliards FCFA pour renforcer l’alimentation en eau potable du Grand Lomé.
Le Togo poursuit le renforcement de ses infrastructures hydrauliques dans la capitale. La deuxième phase du projet d’amélioration de l’alimentation en eau potable de Lomé représente un investissement de 9,84 milliards de FCFA, financé avec l’appui de l’Agence française de développement et de l’Union européenne. Le projet doit notamment accroître la production de 15 000 m³ par jour et étendre l’accès à l’eau potable à plus de 200 000 personnes.
Le Grand Lomé continue de voir ses besoins en eau potable progresser au rythme de son urbanisation. Pour répondre à cette pression, les autorités togolaises misent sur un renforcement des capacités de production, de stockage et de distribution.
La deuxième phase du Projet d’amélioration de l’alimentation en eau potable de Lomé mobilise ainsi 9,84 milliards de FCFA, avec des financements de l’Agence française de développement (AFD) et de l’Union européenne. La Société de patrimoine eau et assainissement en milieu urbain et semi-urbain (SP-EAU) confirme ce montant et identifie le projet comme l’un de ses principaux investissements réalisés dans le secteur.
15 000 m³ d’eau supplémentaires chaque jour
Le projet doit permettre d’augmenter la production d’eau potable de 15 000 m³ par jour.
Cette capacité supplémentaire doit contribuer à répondre à la croissance de la demande dans l’agglomération et à améliorer la régularité de l’approvisionnement. Plus de 200 000 personnes supplémentaires devraient bénéficier de l’extension du service.
L’investissement ne se limite pas à produire davantage d’eau. Il concerne également le stockage et la distribution, deux maillons essentiels d’un réseau urbain.
Le programme prévoit notamment la construction de cinq châteaux d’eau à Zossimé, Alinka, Logoté/Sagbado, Attiégou et Dangbessito. À Attiégou, un ouvrage d’une capacité de 400 m³ a déjà été réalisé.
Un enjeu qui dépasse la question sociale
Pour une agglomération comme Lomé, l’accès à l’eau potable est aussi une question économique.
La croissance démographique augmente les besoins des ménages, mais également ceux des commerces, des entreprises, des établissements publics et des activités industrielles.
Lorsque l’approvisionnement est insuffisant, les ménages et les entreprises doivent recourir à des solutions alternatives, parfois plus coûteuses. À l’inverse, un réseau fiable contribue à améliorer les conditions sanitaires, la productivité et l’attractivité des territoires.
L’investissement dans l’eau constitue donc également un investissement dans le fonctionnement de l’économie urbaine.
Une stratégie plus large pour sécuriser l’eau
Cette opération s’inscrit dans une politique plus vaste du Togo visant à améliorer durablement l’accès à l’eau potable.
Pour 2026, le gouvernement a prévu une enveloppe de 21 milliards de FCFA pour le secteur de l’eau potable, dans le cadre de sa stratégie visant la couverture universelle à l’horizon 2030.
D’autres financements sont également mobilisés, notamment à travers le Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT), soutenu par la Banque mondiale. Le projet vise notamment à améliorer l’accès aux services d’eau et d’assainissement dans le Grand Lomé.
Cette multiplication des programmes montre l’ampleur des besoins d’investissement dans une capitale en expansion.
Le défi ne sera pas seulement de construire
Pour le Togo, la question est désormais double : augmenter les capacités et garantir la performance du réseau dans la durée.
Produire 15 000 m³ supplémentaires par jour est une avancée. Encore faut-il que cette eau puisse être correctement stockée, acheminée et distribuée aux populations.
La maintenance des infrastructures, la maîtrise des pertes sur le réseau et la qualité du service seront donc déterminantes pour mesurer l’impact réel de l’investissement.
L’expérience des précédents projets montre d’ailleurs que la modernisation du secteur repose sur des investissements successifs. La première phase du projet AEP de Lomé, financée par l’AFD, avait déjà été conçue pour renforcer l’alimentation en eau potable de la capitale et accompagner la réforme institutionnelle du secteur.
L’eau comme infrastructure de croissance
Avec ses 9,84 milliards de FCFA, la deuxième phase de l’AEP Lomé apporte une réponse concrète à l’une des contraintes essentielles d’une métropole en croissance.
Pour le Togo, l’enjeu est désormais de faire en sorte que l’augmentation de la production se traduise par une amélioration tangible du service pour les ménages et les acteurs économiques.
Car dans une ville qui grandit, l’eau n’est pas simplement une nécessité vitale : c’est une infrastructure économique. Les 9,84 milliards de FCFA investis ne prendront toute leur valeur que lorsque les 15 000 m³ supplémentaires ne seront plus seulement une capacité sur le papier, mais une ressource disponible au quotidien pour les habitants et les entreprises du Grand Lomé.
La Rédaction



