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Maroc : La BAD engage 487 millions de dollars pour réformer l’État et renforcer la résilience climatique.

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement de 487 millions de dollars en faveur du Maroc pour accélérer les réformes économiques, stimuler l’investissement privé et renforcer la résistance du royaume aux chocs énergétiques et climatiques. Approuvée le 21 octobre 2026 à Abidjan, cette enveloppe finance la troisième phase d’un programme qui place la gouvernance publique, l’eau et l’électricité au cœur de la transformation économique marocaine.

Le Maroc obtient un nouvel appui financier de la Banque africaine de développement pour poursuivre ses réformes structurelles. Le Conseil d’administration de l’institution panafricaine a validé, le 21 octobre 2026, un financement de 487 millions de dollars destiné à soutenir la troisième phase du Programme d’appui au renforcement de la gouvernance économique et de la résilience au changement climatique (PGRCC).

Au-delà du montant, l’opération traduit une double priorité : améliorer l’efficacité de l’action publique et rendre l’économie marocaine moins vulnérable aux chocs extérieurs, notamment ceux liés aux prix de l’énergie et aux changements climatiques.

Réformer les entreprises publiques pour libérer l’investissement

Le premier volet du programme porte sur la gouvernance économique et l’amélioration de l’environnement des affaires. La BAD entend accompagner la restructuration du portefeuille des entreprises et établissements publics, ainsi que la modernisation du cadre des partenariats public-privé.

L’objectif est de clarifier le rôle de l’État dans l’économie, de renforcer la gestion des entreprises publiques et de créer davantage d’espace pour les investisseurs privés.

Cette orientation vise notamment les petites et moyennes entreprises (PME), l’innovation et l’intégration des entreprises marocaines dans les chaînes de valeur internationales. En facilitant l’investissement privé, le programme cherche à soutenir la création de valeur et à élargir les sources de croissance.

L’enjeu est également budgétaire. Une meilleure gouvernance des entreprises publiques peut contribuer à limiter les inefficacités, à améliorer l’utilisation des ressources de l’État et à préserver des marges de financement pour les services et investissements prioritaires.

L’eau et l’électricité au cœur de la résilience climatique

Le second volet concerne la résilience climatique et énergétique. Le financement doit soutenir la modernisation de la gouvernance des secteurs de l’eau et de l’électricité et renforcer la prise en compte des enjeux climatiques dans les politiques publiques.

Pour le Maroc, la question de l’eau est stratégique. Les épisodes de sécheresse et les variations des précipitations affectent l’agriculture, les ressources hydriques et, plus largement, l’activité économique. La disponibilité de l’eau devient ainsi un facteur déterminant pour la production, l’emploi rural et la stabilité des approvisionnements.

Dans le secteur énergétique, l’objectif est de consolider la capacité du pays à absorber les variations des prix internationaux et à poursuivre sa transition vers une économie moins carbonée.

Ces réformes ne produiront toutefois leurs effets qu’à travers leur mise en œuvre : amélioration de la gestion des ressources, investissements adaptés et coordination entre les politiques économiques, énergétiques et climatiques.

Une réponse aux tensions énergétiques internationales

Le financement intervient dans un contexte marqué par les répercussions des tensions au Moyen-Orient, notamment sur les coûts de l’énergie et du transport. Ces pressions peuvent peser sur les entreprises, renchérir les importations et réduire les marges de manœuvre budgétaires des États.

La troisième phase du PGRCC s’inscrit dans le Cadre mondial de réponse à la crise de l’énergie et des engrais de la BAD, un dispositif de 5,1 milliards de dollars destiné à accompagner les pays membres face aux chocs liés à cette crise.

L’opération combine ainsi deux objectifs : soutenir les besoins immédiats de l’économie et poursuivre des réformes structurelles destinées à renforcer sa capacité d’adaptation.

Ce double objectif est important. Une réponse limitée aux urgences peut soulager les pressions à court terme sans corriger les fragilités de fond. À l’inverse, des réformes structurelles peuvent prendre du temps avant de produire des effets. Le programme cherche à articuler ces deux horizons.

Un partenariat financier de long terme

Le PGRCC a été lancé en 2024. Sa première phase avait bénéficié d’un financement de 120 millions d’euros approuvé par la BAD en juin 2024. La deuxième phase, approuvée en 2025, avait été dotée de 181,8 millions d’euros.

La troisième phase consolide les réformes engagées dans le cadre de ce programme, notamment en matière de gouvernance des entreprises publiques, d’investissement privé et de gestion des secteurs de l’eau et de l’énergie.

Selon la BAD, l’institution a mobilisé près de 15 milliards d’euros pour plus de 150 projets au Maroc depuis 1978, dans des domaines tels que les transports, l’énergie, l’eau et l’assainissement, l’agriculture et la protection sociale.

Le montant de 487 millions de dollars annoncé pour la nouvelle opération doit toutefois être distingué des enveloppes des phases précédentes. Les montants publiés dans différentes devises ne sont pas directement comparables sans tenir compte des taux de change et des conditions financières applicables.

Les résultats seront le véritable indicateur

L’approbation du financement constitue une étape importante, mais elle ne suffit pas à mesurer l’impact du programme. Celui-ci dépendra de l’exécution des réformes, de l’utilisation des ressources et de la capacité à transformer les engagements institutionnels en résultats économiques tangibles.

La modernisation des entreprises publiques, l’amélioration de l’environnement des affaires et une meilleure gestion de l’eau et de l’électricité devront se traduire par des gains d’efficacité, des investissements supplémentaires et une réduction de la vulnérabilité face aux chocs extérieurs.

Pour le Maroc, le défi est de consolider sa trajectoire de transformation économique dans un environnement international incertain. Pour la BAD, l’enjeu est de démontrer qu’un financement d’appui aux réformes peut produire des effets durables au-delà du soutien budgétaire immédiat.

Les 487 millions de dollars donnent au Maroc des moyens supplémentaires pour poursuivre sa transformation. Mais la réussite du programme ne se mesurera pas au montant approuvé à Abidjan : elle se vérifiera dans la qualité des services publics, la confiance des investisseurs et la capacité de l’économie à résister aux prochaines crises.

La Rédaction

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