Mali–Maroc : Après 26 ans de silence, la Grande Commission mixte relance un partenariat stratégique tourné vers l’investissement.
Bamako accueille une nouvelle étape des relations bilatérales, avec en ligne de mire de nouveaux accords et un renforcement des échanges économiques
Vingt-six ans après sa dernière réunion, la Grande Commission mixte de coopération entre le Mali et le Royaume du Maroc reprend officiellement ses travaux à Bamako. Ouverte le 21 juillet 2026, cette quatrième session marque un tournant dans les relations entre les deux pays, avec l’ambition affichée de moderniser leur partenariat politique, économique et institutionnel.
Pendant deux jours, des experts maliens et marocains examinent les projets d’accords qui seront soumis à l’approbation des ministres des Affaires étrangères lors de la session ministérielle prévue le 24 juillet. Entre ces deux étapes, un Forum d’affaires Mali–Maroc, programmé le 23 juillet, réunira les acteurs du secteur privé afin de favoriser les investissements et les partenariats économiques. Cette séquence illustre la volonté des deux États de transformer leur coopération diplomatique en projets concrets créateurs de valeur.
Une Commission mixte relancée après plus d’un quart de siècle
Créée par un accord signé en 1987, la Grande Commission mixte constitue le principal cadre institutionnel de concertation entre Bamako et Rabat. Sa dernière session remontait à juin 2000, à Rabat.
Cette longue interruption n’a toutefois pas empêché les relations entre les deux pays de se poursuivre, notamment à travers les investissements marocains au Mali et la coopération dans plusieurs secteurs stratégiques. La reprise de ce mécanisme traduit aujourd’hui une volonté commune d’insuffler une nouvelle dynamique à ce partenariat historique, dans un contexte régional marqué par de profondes mutations géopolitiques.
Les experts préparent une nouvelle génération d’accords
Les travaux techniques des 21 et 22 juillet sont coprésidés par le secrétaire général du ministère malien des Affaires étrangères, Moustapha Traoré, et le directeur des Affaires africaines au ministère marocain des Affaires étrangères, Mohammed El Alaoui.
Leur mission consiste à examiner et finaliser les différents projets d’accords qui seront soumis aux chefs de la diplomatie des deux pays le 24 juillet.
Ces textes concernent plusieurs secteurs considérés comme prioritaires :
- le commerce ;
- les investissements ;
- l’agriculture ;
- l’énergie ;
- les infrastructures ;
- les mines ;
- la santé ;
- l’enseignement supérieur ;
- la formation professionnelle ;
- les transports ;
- les télécommunications.
L’objectif est d’actualiser le cadre juridique de la coopération afin de répondre aux nouveaux défis économiques et aux priorités de développement des deux pays.
Le secteur privé au cœur du rapprochement
Au-delà des discussions diplomatiques, le Forum d’affaires Mali–Maroc, prévu le 23 juillet, constitue l’un des temps forts de cette rencontre.
Des entreprises, des banques, des investisseurs, des chambres consulaires et des institutions publiques des deux pays y échangeront sur les opportunités de partenariat, les besoins de financement et les perspectives d’investissement.
Les autorités souhaitent donner un rôle plus important au secteur privé dans les relations bilatérales, en encourageant les coentreprises, les transferts de compétences et le développement de projets industriels communs. Cette orientation traduit une volonté de faire de la coopération économique un moteur du partenariat entre Bamako et Rabat.
Des entreprises marocaines déjà bien implantées au Mali
Le Maroc figure déjà parmi les partenaires économiques importants du Mali.
Plusieurs groupes marocains sont présents dans des secteurs clés de l’économie malienne, notamment les télécommunications, la banque et l’agriculture. Parmi eux figurent Moov Africa Malitel, Bank of Africa (BOA) et OCP Africa, qui contribuent au financement de l’économie, à la modernisation des services et au développement de la production agricole.
Selon les données relayées par APA News, les exportations marocaines vers le Mali ont atteint environ 185 millions de dollars en 2025, tandis que les importations marocaines en provenance du Mali s’élevaient à près de 3 millions de dollars, un écart commercial que les deux gouvernements souhaitent progressivement réduire grâce à un accroissement des échanges et à une diversification des produits exportés.
Un rapprochement diplomatique qui favorise les échanges économiques
La reprise de la Grande Commission mixte intervient dans un contexte de rapprochement diplomatique entre Bamako et Rabat.
Au cours des derniers mois, les deux pays ont multiplié les initiatives destinées à renforcer leur coopération. Le soutien apporté par le Mali à l’initiative marocaine visant à faciliter l’accès des pays sahéliens à l’océan Atlantique, ainsi que l’évolution de la position diplomatique de Bamako sur la question du Sahara occidental, ont contribué à créer un climat favorable à une coopération plus étroite.
Cette nouvelle dynamique offre un environnement propice à l’intensification des investissements, au développement des échanges commerciaux et à la mise en œuvre de nouveaux projets structurants.
Une coopération appelée à produire des résultats concrets
La quatrième session de la Grande Commission mixte ne se limite pas à une rencontre protocolaire. Elle traduit une volonté commune de faire évoluer les relations entre le Mali et le Maroc vers un partenariat davantage orienté vers les résultats économiques.
Les accords qui seront examinés par les ministres des Affaires étrangères le 24 juillet devraient ouvrir la voie à de nouvelles initiatives dans des secteurs clés, avec l’ambition de renforcer les investissements, de soutenir les entreprises et de créer davantage d’opportunités pour les opérateurs économiques des deux pays.
Dans un contexte où les États africains cherchent à diversifier leurs partenariats et à accélérer leur développement, la relance de ce mécanisme de coopération apparaît comme un signal fort. Pour Bamako comme pour Rabat, l’enjeu dépasse le simple renforcement des relations bilatérales : il s’agit de bâtir un partenariat économique durable, capable de répondre aux défis de la transformation productive, de l’intégration régionale et de la création de richesse.
La Rédaction



