Mali : Bamako augmente son budget de 23 %, mais les investissements restent limités.
Le District de Bamako prévoit de porter son budget à 68,37 milliards de FCFA en 2027, contre 55,58 milliards en 2026. Cette progression de 12,78 milliards de FCFA, soit près de 23 %, doit accompagner plusieurs projets d’infrastructures et la modernisation de l’administration municipale. Mais avec plus de 86 % des ressources prévisionnelles affectées au fonctionnement, la capacité de la capitale à financer de nouveaux équipements reste un enjeu central.
Présenté lors d’un débat public tenu le 23 octobre 2026 à la mairie du District, le projet de budget primitif 2027 traduit les priorités de la collectivité face aux besoins de Bamako en matière de mobilité, de salubrité et d’aménagement urbain. Les montants ont été communiqués par les responsables municipaux et rapportés par l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP).
68,37 milliards de FCFA : une hausse de près de 23 %
Le projet de budget est arrêté à exactement 68 368 791 296 FCFA, contre 55,58 milliards de FCFA pour l’exercice 2026. L’augmentation atteint ainsi 12,78 milliards de FCFA.
Cette enveloppe est équilibrée en recettes et en dépenses. Il s’agit toutefois d’un budget prévisionnel : les montants annoncés correspondent aux ressources et aux dépenses envisagées, et non à des recettes déjà encaissées ou à des investissements déjà réalisés.
Selon les informations présentées par la mairie, la hausse s’explique notamment par la relecture des statuts des enseignants et la prise en compte des agents du District dans les prévisions budgétaires. L’augmentation du budget ne signifie donc pas que la totalité des ressources supplémentaires sera consacrée à de nouveaux projets d’équipement.
Le fonctionnement absorbe plus de 86 % de l’enveloppe
La structure du budget met en évidence le poids des dépenses courantes. Sur les 68,37 milliards de FCFA prévus, 58,94 milliards sont destinés au fonctionnement, tandis que 9,43 milliards sont réservés aux investissements.
Le fonctionnement représente ainsi environ 86,2 % de l’enveloppe globale, contre 13,8 % pour les investissements. Ces derniers financent notamment les équipements et les aménagements destinés à améliorer les services et le cadre de vie.
Cette répartition constitue un indicateur important pour apprécier les marges de manœuvre de la collectivité. Les charges de fonctionnement permettent d’assurer la continuité des services municipaux, mais leur poids limite la part du budget directement disponible pour financer les infrastructures.
Marchés, parkings et circulation : les chantiers annoncés
Pour 2027, la mairie prévoit plusieurs opérations touchant aux infrastructures commerciales et à l’aménagement de l’espace public.
Parmi les projets figure la construction du marché El Hadji Dossolo Traoré, ainsi que la reconstruction des bâtiments F et G du marché de Dabanani, endommagés par un incendie en 2024. Des études et des travaux d’aménagement de deux parkings sont également annoncés.
Le programme prévoit en outre l’aménagement, l’équipement et l’éclairage de certains carrefours, ainsi que la réhabilitation et l’extension du réseau de feux tricolores. La poursuite des opérations de désencombrement des grandes artères figure aussi parmi les priorités présentées.
Ces projets répondent à des difficultés concrètes de la capitale : circulation, occupation de l’espace public, fonctionnement des marchés et amélioration du cadre de vie. Leur portée dépendra néanmoins des crédits effectivement mobilisés et de leur calendrier d’exécution.
La mairie mise sur la numérisation pour accroître ses recettes
L’autre axe du projet concerne la mobilisation des ressources propres. La collectivité prévoit de recenser les équipements marchands et les contribuables, de numériser la vente des vignettes et d’inventorier son patrimoine foncier.
L’archivage numérique des dossiers doit également contribuer à moderniser la gestion administrative et à améliorer le suivi des recettes fiscales et non fiscales.
Ces mesures visent à mieux identifier les contribuables et les actifs de la mairie, puis à améliorer le recouvrement des taxes et redevances. Leur efficacité dépendra toutefois de la qualité du recensement, de la mise à jour des données et de la capacité de l’administration à transformer ces outils en recettes effectivement encaissées.
La mairie prévoit par ailleurs de préparer le Programme de développement économique, social et culturel (PDESC) pour la période 2028-2032.
L’exécution budgétaire, véritable test pour Bamako
Lors du débat public, Marc Dabo, chargé d’expédier les affaires courantes du District, a souligné que la réalisation des projets dépendrait de la disponibilité des ressources financières, de la mobilisation des équipes et de la qualité des partenariats. Il a également rappelé les attentes des habitants en matière de salubrité, de mobilité urbaine et de fonctionnement des équipements collectifs.
Le débat public, prévu par le Code des collectivités territoriales issu de la loi n° 2023-004 du 13 mars 2023, permet de présenter les orientations budgétaires et de recueillir les préoccupations des citoyens. Il constitue une étape de concertation autour des priorités de la collectivité, sans se substituer à l’adoption définitive du budget.
Pour Bamako, l’enjeu sera donc double : mobiliser les ressources nécessaires et démontrer que les dépenses prévues produisent des résultats tangibles. Car une hausse de 23 % constitue d’abord une ambition budgétaire. Sa véritable mesure sera la capacité de la mairie à convertir les crédits annoncés en marchés fonctionnels, en circulation plus fluide et en services urbains plus efficaces.
La Rédaction



