Burkina Faso : West African Resources vise jusqu’à 15 tonnes d’or en 2026.
Avec plus de 11 tonnes d’or produites à fin septembre, la compagnie minière australienne West African Resources se rapproche de son objectif annuel. La montée en puissance de la mine de Kiaka soutient les performances du groupe, malgré des contraintes opérationnelles persistantes.
Le secteur aurifère burkinabè poursuit sa montée en puissance industrielle. Au troisième trimestre 2026, West African Resources a produit 127 950 onces d’or, soit près de 3,98 tonnes, selon les données publiées par l’entreprise. Sur les neuf premiers mois de l’année, sa production atteint 360 857 onces, l’équivalent d’environ 11,22 tonnes.
Le groupe maintient son objectif annuel entre 430 000 et 490 000 onces, soit environ 13,4 à 15,2 tonnes d’or. Cette prévision dépendra toutefois de la capacité des sites à maintenir leur rythme de production au cours du dernier trimestre.
Kiaka devient le principal moteur de production
La mine de Kiaka a fourni 76 030 onces d’or, soit environ 2,36 tonnes, au troisième trimestre, en hausse de 13 % par rapport au trimestre précédent. Cette progression s’explique notamment par l’augmentation du volume de minerai traité, qui a atteint 2,87 millions de tonnes.
À Sanbrado, la production a évolué en sens inverse. Le site a livré 51 920 onces, soit environ 1,61 tonne, en baisse de 10 % sur un trimestre. La diminution de la teneur en or de certains minerais souterrains et les opérations de maintenance ont pesé sur les volumes.
Cette différence entre les deux sites souligne le rôle grandissant de Kiaka dans la croissance du groupe. La progression de cette mine a permis de compenser le recul enregistré à Sanbrado et de porter la production trimestrielle à un niveau record.
Des ventes soutenues par le prix de l’or
La performance industrielle s’est accompagnée d’importantes ventes. Au troisième trimestre, West African Resources a commercialisé 135 245 onces d’or, à un prix moyen de 4 240 dollars l’once. Sur les neuf premiers mois de 2026, les ventes atteignent 350 127 onces, à un prix moyen de 4 550 dollars l’once.
Le groupe a également déclaré 458 millions de dollars australiens de flux de trésorerie issus de ses activités opérationnelles au troisième trimestre. Sa trésorerie s’élevait à environ 1,195 milliard de dollars australiens au 30 septembre 2026. Ces indicateurs témoignent de la capacité des opérations à générer des liquidités, sans pour autant correspondre directement au bénéfice net de l’entreprise.
Des contraintes opérationnelles à surveiller
Malgré ces résultats, des difficultés persistent. À Kiaka, l’autorisation d’exploiter une installation de fabrication et de stockage d’explosifs n’avait pas encore été accordée à la fin du trimestre. L’entreprise indique que l’approvisionnement s’est amélioré avec l’arrivée d’un second fournisseur, mais qu’il reste un facteur limitant pour certaines opérations minières.
À Sanbrado, les travaux de développement de la mine souterraine M5 South ont commencé. L’extraction dans cette zone est prévue au début du second semestre 2027. Le groupe prépare également le projet Toega, dont les premières livraisons de minerai à l’usine de Sanbrado sont attendues début 2027.
Le dernier trimestre décisif
Avec plus de 11 tonnes produites en neuf mois, West African Resources dispose d’une marge de progression pour atteindre sa prévision annuelle. Mais la performance finale dépendra du rythme de production des deux sites, de la disponibilité des intrants miniers et du démarrage progressif des nouveaux projets.
Pour le Burkina Faso, ces volumes illustrent le poids de l’exploitation industrielle dans l’activité aurifère. Ils ne doivent cependant pas être assimilés aux recettes directement perçues par l’État, qui dépendent notamment des impôts, des redevances et des autres obligations applicables aux sociétés minières.
L’enjeu n’est donc pas seulement de franchir le cap des 15 tonnes, mais de convertir cette production en retombées économiques durables pour le pays.
La Rédaction



