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Burkina Faso : Les sociétés d’État franchissent le cap des 5 500 milliards de FCFA de chiffre d’affaires et confirment leur montée en puissance.

Le secteur public marchand signe une performance historique en 2025

Le secteur public marchand burkinabè poursuit sa montée en régime. Les 28 sociétés d’État du pays ont réalisé un chiffre d’affaires cumulé de 5 571,241 milliards de FCFA en 2025, contre environ 3 090 milliards de FCFA en 2024, soit une progression de plus de 80 % en un an.

Les chiffres ont été dévoilés à l’ouverture de la 34e Assemblée générale des sociétés d’État (AG-SE), tenue à Ouagadougou, où le gouvernement a salué « une amélioration significative des performances des entreprises publiques ».

Cette progression spectaculaire confirme le rôle grandissant des sociétés d’État dans la stratégie économique du Burkina Faso, qui mise de plus en plus sur ses entreprises publiques pour soutenir la croissance, financer les investissements et renforcer la souveraineté économique nationale.

Une hausse portée par l’élargissement du portefeuille public

L’évolution du chiffre d’affaires s’explique en partie par l’élargissement du portefeuille de l’État.

Le nombre de sociétés d’État examinées est passé de 21 à 28 en une année, avec l’intégration de nouvelles entités publiques dans le périmètre de l’Assemblée générale. Mais cette progression résulte également de l’amélioration des performances des entreprises déjà existantes, notamment dans les secteurs stratégiques de l’énergie, des hydrocarbures, des mines, des transports et des services.

Cette dynamique traduit une volonté des autorités de faire du secteur public un acteur économique de premier plan, capable de générer davantage de richesses et de contribuer plus significativement aux finances publiques.

Des entreprises publiques devenues un pilier budgétaire

Le poids des sociétés d’État dans les finances nationales ne cesse de croître.

En 2024, elles avaient contribué à hauteur de 595,314 milliards de FCFA au budget de l’État, soit près de 20 % des recettes budgétaires nationales.

Avec un chiffre d’affaires en forte hausse en 2025, leur contribution aux recettes publiques pourrait encore progresser dans les prochaines années, offrant à l’État une marge de manœuvre supplémentaire pour financer les infrastructures, les services publics et les programmes sociaux.

Dans un contexte de pressions budgétaires et de besoins croissants en investissements, les entreprises publiques apparaissent ainsi comme un levier stratégique de mobilisation des ressources internes.

La souveraineté économique au cœur de la stratégie gouvernementale

Cette amélioration des performances intervient dans un contexte où le Burkina Faso cherche à renforcer sa souveraineté économique et à réduire sa dépendance aux financements extérieurs.

Les autorités considèrent désormais les sociétés d’État comme des instruments de transformation économique capables de :

  • sécuriser certaines activités stratégiques ;
  • générer des revenus pour le budget national ;
  • soutenir l’industrialisation ;
  • et contribuer à la résilience économique du pays.

Cette approche s’inscrit dans une vision plus large de renforcement du rôle de l’État dans l’économie, notamment dans les secteurs jugés sensibles ou stratégiques.

Des défis de gouvernance et de rentabilité à relever

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs défis demeurent.

L’amélioration des performances financières doit s’accompagner d’une meilleure gouvernance, d’une plus grande transparence et d’une gestion plus efficiente des ressources publiques.

La question de la rentabilité reste également centrale. Toutes les sociétés d’État ne présentent pas le même niveau de performance, et certaines continuent de faire face à des difficultés structurelles liées à leur modèle économique ou à leur environnement d’exploitation.

Les autorités ont d’ailleurs rappelé, lors de l’Assemblée générale, l’importance de renforcer les mécanismes de contrôle, d’évaluation et de reddition des comptes afin de pérenniser les acquis enregistrés.

Un nouveau visage du secteur public burkinabè

Le franchissement du seuil de 5 500 milliards de FCFA de chiffre d’affaires constitue un signal fort pour l’économie burkinabè.

Au-delà de la performance comptable, il traduit une transformation progressive du secteur public marchand, qui tend à devenir un acteur économique de premier plan et un outil de souveraineté financière.

La véritable question pour les années à venir sera de savoir si cette dynamique peut être durablement consolidée et transformée en gains de productivité, en investissements et en amélioration tangible des conditions de vie des populations.

Car derrière les chiffres record se dessine un enjeu plus vaste : celui de la capacité de l’État burkinabè à faire de ses entreprises publiques non seulement des instruments de puissance économique, mais également des moteurs durables de développement.

La Rédaction

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