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Budgets 2027 : Burkina Faso et Bénin sous la barre des 3 %, le pari de la discipline budgétaire.

Ouagadougou et Cotonou veulent conjuguer dépenses de développement et maîtrise du déficit public. Pour 2027, le Burkina Faso prévoit un déficit budgétaire de 2,9 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que le Bénin vise 2,8 %. Deux trajectoires qui respectent le critère de convergence de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), mais qui devront résister aux contraintes de financement et aux exigences de l’exécution budgétaire.

Dans les deux pays, les projets de loi de finances pour 2027 affichent une ambition similaire : soutenir l’activité économique et les investissements publics sans laisser le déficit dépasser le seuil communautaire de 3 % du PIB. Derrière cette convergence des objectifs, les priorités diffèrent toutefois, entre souveraineté économique et sécurité au Burkina Faso, et accélération de la croissance et renforcement de la protection sociale au Bénin.

Burkina Faso, 4 839 milliards de FCFA de dépenses prévues

Adopté en Conseil des ministres le 8 octobre 2026, le projet de loi de finances burkinabè prévoit 4 220,4 milliards de FCFA de recettes pour 4 839,4 milliards de dépenses. L’écart entre ces deux montants fait ressortir un déficit prévisionnel de 619 milliards de FCFA, équivalant à 2,9 % du PIB nominal.

Selon le Service d’information du gouvernement du Burkina Faso, les recettes budgétaires devraient progresser de 13,2 % par rapport aux prévisions révisées de 2026, soit 491,9 milliards de FCFA supplémentaires.

Cette progression attendue traduit la volonté de renforcer les ressources propres de l’État et de financer davantage de dépenses à partir des recettes mobilisées sur le territoire.

Le projet s’inscrit dans le Plan RELANCE 2026-2030, cadre stratégique qui oriente les dépenses vers plusieurs priorités : développement agricole, industrialisation, équipement des Forces armées nationales et amélioration des services sociaux de base.

Le gouvernement prévoit également des mesures fiscales ciblées, notamment des allègements concernant la vente des œufs, les agences de voyages et certaines sociétés d’État.

Le défi sera de concrétiser les recettes attendues tout en exécutant les dépenses prévues. Une hausse des recettes inscrites au budget ne garantit pas, à elle seule, que les montants seront effectivement collectés.

Bénin, un budget de 4 757 milliards de FCFA

Au Bénin, le Conseil des ministres a adopté le projet de loi de finances 2027 le 7 octobre. Le budget est présenté en équilibre entre ressources et charges à 4 757,029 milliards de FCFA, contre 4 148,357 milliards dans la loi de finances rectificative de 2026, soit une augmentation de 14,7 %.

Les hypothèses macroéconomiques retenues sont ambitieuses : une croissance économique de 7,5 %, un déficit budgétaire global de 2,8 % du PIB et une inflation projetée à 2 %.

Le gouvernement entend concentrer ses efforts sur cinq axes : modernisation de l’agriculture, développement industriel, valorisation du tourisme et du patrimoine culturel, innovation technologique et renforcement du capital humain.

Les dépenses sociales doivent également progresser. Selon les données publiées par la presse économique béninoise, elles sont prévues à environ 1 597,5 milliards de FCFA, contre 1 285,4 milliards en 2026. Cette enveloppe doit notamment soutenir la santé, l’éducation, les cantines scolaires et les programmes de protection des ménages vulnérables.

L’enjeu pour Cotonou sera de convertir cette hausse budgétaire en gains de productivité, en infrastructures utiles et en amélioration tangible des conditions de vie, sans compromettre la maîtrise des finances publiques.

Le seuil de 3 %, une référence pour l’UEMOA

Le critère de convergence de l’UEMOA fixe à 3 % du PIB le seuil de référence du déficit budgétaire. Cet indicateur mesure l’écart entre les recettes et les dépenses publiques rapporté à la taille de l’économie.

Un déficit inférieur à cette limite contribue à encadrer les besoins de financement de l’État. Il ne signifie toutefois pas que le pays n’emprunte plus, ni que sa dette est nécessairement faible. Un gouvernement peut respecter le seuil tout en devant financer des investissements importants, refinancer des emprunts arrivant à échéance ou supporter une charge d’intérêts élevée.

Avec des déficits annoncés à 2,9 % au Burkina Faso et à 2,8 % au Bénin, les deux projets se situent sous la limite de référence. Leur marge reste cependant étroite : un ralentissement des recettes, des dépenses imprévues ou une hausse des coûts de financement pourraient modifier les équilibres initialement prévus.

La qualité de la gestion budgétaire dépendra donc autant de la maîtrise du déficit que de la composition des dépenses et de la capacité des investissements publics à soutenir l’activité économique.

Deux stratégies, une même équation financière

Les deux projets présentent une différence importante dans leurs priorités. Au Burkina Faso, l’accent est mis sur le Plan RELANCE, la sécurité, l’agriculture et l’industrialisation. Au Bénin, le gouvernement mise sur une croissance de 7,5 %, l’expansion des investissements et une place accrue accordée aux dépenses sociales.

Mais les deux pays partagent la même contrainte : financer leurs ambitions sans creuser excessivement le déficit. Cela suppose une mobilisation efficace des recettes fiscales et douanières, une sélection rigoureuse des projets publics et une meilleure qualité de la dépense.

Il faudra également distinguer les prévisions budgétaires des résultats effectifs. Les recettes, les dépenses et le déficit annoncés pour 2027 demeurent des estimations inscrites dans des projets de loi de finances, qui doivent encore suivre la procédure parlementaire.

Le véritable test sera l’exécution

La discipline budgétaire ne se mesure pas uniquement à un pourcentage affiché dans un document officiel. Elle se vérifie dans la capacité des États à collecter les recettes prévues, à maîtriser leurs engagements et à financer les priorités sans accumulation excessive d’arriérés ni recours désordonné à l’endettement.

Pour le Burkina Faso comme pour le Bénin, le défi sera de préserver l’équilibre des finances publiques tout en répondant aux besoins de sécurité, d’infrastructures, d’éducation, de santé et de transformation productive.

Rester sous les 3 % constitue un signal de discipline budgétaire. Mais le succès de ces budgets se jugera ailleurs : dans les recettes réellement mobilisées, les investissements effectivement livrés et les résultats économiques obtenus pour les populations.

La Rédaction

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