Mali : 445 millions FCFA pour renforcer les premiers apprentissages à l’école.
Le gouvernement malien a réceptionné 400 000 livrets de lecture-écriture et de mathématiques financés par la Banque mondiale. Destinés aux élèves des première et deuxième années du fondamental, ces supports doivent contribuer à consolider les compétences de base. Mais leur impact dépendra désormais de leur distribution effective et de leur utilisation dans les salles de classe.
Le Mali mise sur les apprentissages fondamentaux pour améliorer la qualité de son système éducatif. Le 3 novembre 2026, le ministère de l’Éducation nationale a réceptionné à Bamako 400 000 livrets pédagogiques destinés aux élèves des première et deuxième années de l’enseignement fondamental. L’opération bénéficie d’un financement de 445 millions de FCFA de la Banque mondiale, dans le cadre du Projet d’amélioration de la qualité et des résultats de l’éducation pour tous au Mali (MIQRA).
La cérémonie s’est déroulée sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané. Répartis en huit titres, les livrets portent sur deux disciplines essentielles : la lecture-écriture et les mathématiques. Ils sont édités en français et en bamanankan, avec l’objectif de faciliter l’acquisition des premières compétences scolaires.
Miser sur les bases pour améliorer les résultats scolaires
Le choix des classes de première et deuxième années n’est pas anodin. Ces premières étapes du parcours scolaire jouent un rôle déterminant dans la capacité des enfants à lire, écrire et maîtriser les notions élémentaires de calcul. Des difficultés non résolues à ce stade peuvent compromettre les apprentissages dans les classes suivantes.
En mettant ces supports à la disposition des élèves et des enseignants, le projet MIQRA entend renforcer les outils pédagogiques utilisés dans les premières années du fondamental. L’introduction de livrets en français et en bamanankan traduit également la volonté de tenir compte des réalités linguistiques dans l’accompagnement des jeunes apprenants.
Pour le ministère, l’enjeu ne se limite donc pas à augmenter le nombre de documents disponibles dans les établissements. Il s’agit surtout de donner aux enseignants des ressources adaptées pour accompagner les élèves dans l’acquisition progressive des compétences fondamentales.
Le MIQRA, un programme d’investissement plus large
Cette opération s’inscrit dans un dispositif qui dépasse la seule fourniture de livrets. Le MIQRA intervient sur plusieurs dimensions du système éducatif, notamment l’amélioration des apprentissages au primaire, le renforcement des infrastructures scolaires, l’accès des filles à l’enseignement secondaire dans les zones ciblées et l’amélioration de la gouvernance du secteur.
Le programme avait déjà permis plusieurs opérations d’équipement. Le 7 mai 2026, le ministère de l’Éducation nationale avait notamment réceptionné 50 000 tables-bancs, pour un montant d’environ 3 milliards de FCFA, ainsi que des équipements de laboratoire destinés à douze lycées. Des installations solaires et des outils d’évaluation pédagogique figuraient également parmi les équipements présentés à cette occasion.
Ces interventions illustrent une approche qui associe amélioration des conditions matérielles d’enseignement et renforcement de la qualité pédagogique. Car disposer de salles de classe et de mobilier reste indispensable, mais ne suffit pas à garantir que les élèves acquièrent les connaissances attendues.
De la réception à la salle de classe, le défi de l’exécution
La remise officielle des 400 000 livrets constitue une étape importante. Elle ne signifie toutefois pas que tous les ouvrages sont déjà parvenus aux établissements concernés. Les autorités éducatives doivent encore organiser leur acheminement et veiller à une répartition équitable entre les écoles bénéficiaires.
Lors de la cérémonie, le ministre Amadou Sy Savané a appelé les responsables de l’administration scolaire à assurer le suivi de cette distribution et à encourager l’utilisation quotidienne des supports par les enseignants. La coordination du MIQRA a également insisté sur la nécessité de faire parvenir les livrets aux élèves et de les intégrer réellement aux pratiques pédagogiques.
Cette exigence est essentielle. Un ouvrage distribué sans accompagnement pédagogique ou conservé dans un magasin ne peut produire les effets attendus. La réussite de l’opération dépendra donc de plusieurs facteurs : disponibilité des livrets dans les écoles, implication des enseignants, suivi des élèves et évaluation des progrès réalisés.
L’investissement éducatif devra se mesurer aux acquis des élèves
Pour le Mali, l’enjeu dépasse la livraison de 400 000 supports pédagogiques. L’amélioration de la lecture, de l’écriture et des mathématiques constitue un investissement dans le capital humain, dont les effets peuvent se répercuter sur la poursuite des études, l’employabilité future et la productivité de l’économie.
Les 445 millions de FCFA mobilisés par la Banque mondiale donnent une mesure de l’effort financier engagé pour cette opération. Mais le montant dépensé et le nombre de livrets réceptionnés ne constituent que des indicateurs de réalisation. Le résultat décisif sera le niveau de maîtrise des compétences par les enfants.
À terme, la véritable performance de cet investissement ne se lira donc pas dans le nombre de cartons livrés, mais dans le nombre d’élèves capables de lire, d’écrire et de compter avec assurance. C’est dans les cahiers des enfants, bien davantage que dans les cérémonies de réception, que se jouera le rendement de ces 445 millions de FCFA.
La Rédaction



