Mali : Sanankoro accélère ses préparatifs, en attendant le permis d’exploitation.
Le projet aurifère de Sanankoro, porté par Cora Gold dans le sud du Mali, poursuit sa préparation technique alors que la société attend toujours son permis d’exploitation. Modélisation de l’usine, travaux géotechniques, préparation du site et financement : plusieurs briques du futur complexe minier sont désormais en place. Mais le passage à la construction reste conditionné par une décision administrative malienne.
Les études d’ingénierie avancent
Sanankoro franchit progressivement les différentes étapes qui doivent précéder la construction de la mine. Dans une mise à jour publiée le 21 septembre 2026, Cora Gold indique que les travaux de Front-End Engineering Design (FEED), c’est-à-dire les études d’ingénierie détaillées avant construction, avancent conformément au calendrier et devraient être achevés au quatrième trimestre 2026.
La modélisation en trois dimensions de l’usine de traitement a notamment été finalisée. Les études couvrent les principales composantes du futur complexe, notamment les installations de concassage et de broyage, le traitement du minerai et les circuits de récupération de l’or.
Des fournisseurs d’équipements ont également été associés à la conception des installations, tandis que des discussions sont engagées pour les infrastructures principales. L’objectif est de pouvoir réduire les délais entre l’obtention du permis et le démarrage effectif de la construction.
Le terrain commence à prendre forme
Le projet avance également sur le terrain.
Les forages géotechniques et les excavations d’essai ont été réalisés sur les emplacements prévus pour l’usine de traitement et la centrale électrique. Ces travaux permettent de mieux connaître les caractéristiques du sol et de préparer la conception des fondations.
Cora Gold indique également avoir achevé le processus d’indemnisation foncière concernant les 174 hectares destinés au stockage des résidus miniers. Des travaux géotechniques complémentaires doivent encore être réalisés sur cette zone avant la conception détaillée des infrastructures.
Le camp d’exploration a par ailleurs été modernisé avec, notamment, une nouvelle clôture de sécurité, la rénovation des bâtiments d’hébergement et le renforcement des installations d’eau. Pour la compagnie, cette base doit accompagner la transition progressive du projet vers sa phase de construction.
Le permis d’exploitation reste la pièce maîtresse
Malgré cette progression, Sanankoro n’est pas encore officiellement entré dans sa phase de construction.
Cora Gold poursuit ses discussions avec les autorités maliennes sur sa demande de permis d’exploitation. L’entreprise travaille également avec le gouvernement sur une réorganisation du périmètre des permis, destinée à regrouper les infrastructures minières sous une même autorisation.
Cette étape est importante car le projet Sanankoro s’étend actuellement sur cinq permis contigus couvrant environ 342 km² dans la ceinture aurifère de Yanfolila.
En août 2026, le Conseil des ministres malien a approuvé le premier renouvellement provisoire du permis d’exploration Sanankoro II, d’une superficie de 84,11 km². Cora Gold considère cette décision comme une étape importante dans le processus de restructuration des permis, mais elle ne constitue pas le permis d’exploitation nécessaire au lancement de la mine.
Un projet doté de réserves importantes
Sanankoro figure parmi les projets aurifères que Cora Gold souhaite transformer en nouvelle mine productrice au Mali.
Selon les données publiées par la compagnie, le projet dispose de 14,6 millions de tonnes de réserves probables, contenant environ 531 000 onces d’or, à une teneur moyenne de 1,13 gramme d’or par tonne. Sa ressource minérale totale est estimée à 1,044 million d’onces.
L’étude de faisabilité définitive publiée en 2025 prévoit une production totale de 482 000 onces d’or sur une durée de vie minière de 10,2 ans.
La production moyenne devrait atteindre environ 64 000 onces par an au cours des cinq premières années, tandis que le capital nécessaire avant la production est estimé à 124 millions de dollars.
Ces chiffres donnent au projet une dimension économique significative, même si les estimations restent celles de l’étude de faisabilité de la compagnie et dépendront de la réalisation effective du projet.
Le financement est déjà largement structuré
Autre élément important : Cora Gold a déjà avancé sur le financement du développement.
En avril 2026, la société a conclu avec Eagle Eye Asset Holdings, son principal actionnaire, un accord contraignant portant sur un gold stream de 120 millions de dollars destiné à financer le développement de Sanankoro jusqu’à la production.
Dans ce type de financement, l’investisseur apporte des capitaux en échange du droit d’acheter une partie de la future production d’or à des conditions prédéfinies.
Le montage prévoit également la possibilité pour Cora Gold de remplacer jusqu’à 50 % de ce financement par une dette bancaire traditionnelle, sous réserve des conditions et autorisations prévues.
Le financement constitue donc un autre élément important du passage à la construction. Mais là encore, il reste soumis à la finalisation de la documentation et aux autorisations requises.
Un projet qui arrive dans un secteur minier en recomposition
L’avancement de Sanankoro intervient dans un contexte particulier pour l’industrie minière malienne.
Après une période de suspension des renouvellements de permis de recherche, les autorités ont commencé à réactiver progressivement certaines autorisations. En août, plusieurs permis d’exploration aurifère et de lithium ont ainsi été renouvelés, dont celui de Sanankoro II.
Le secteur reste parallèlement engagé dans la mise en œuvre du nouveau cadre minier adopté en 2023, avec l’objectif affiché par les autorités d’accroître les retombées économiques nationales de l’exploitation des ressources.
Pour le Mali, l’arrivée de nouveaux projets aurifères productifs est d’autant plus suivie que la production industrielle d’or avait reculé en 2025. Selon les données rapportées par APA, elle était passée de 54,8 tonnes en 2024 à 42,2 tonnes en 2025, avant une prévision de 43,2 tonnes pour 2026.
La prochaine étape sera administrative
Sanankoro présente aujourd’hui un paradoxe classique des grands projets miniers : une partie importante de la préparation technique peut avancer avant que le permis définitif ne soit délivré, mais la construction industrielle ne peut véritablement basculer dans sa phase opérationnelle sans cette autorisation.
Cora Gold cherche donc à utiliser cette période pour finaliser les études, préparer les infrastructures et sécuriser les conditions techniques et financières du projet. L’objectif est clair : être en mesure d’accélérer le chantier une fois le permis obtenu.
À Sanankoro, l’or n’est donc pas encore extrait, mais le projet se rapproche progressivement de son véritable test industriel. Les études avancent, le financement est structuré et le terrain se prépare. Il manque désormais la pièce qui transforme un projet minier prometteur en mine autorisée : le permis d’exploitation.
La Rédaction



