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AES : Ouagadougou transforme les Jeux de la Confédération en vitrine de l’intégration sahélienne.

La deuxième édition des Jeux de la Confédération des États du Sahel (JAES) a officiellement démarré à Ouagadougou. Pendant dix jours, 376 athlètes du Burkina Faso, du Mali et du Niger vont s’affronter dans 11 disciplines. Derrière la compétition sportive, les trois pays veulent installer un rendez-vous régulier de leur coopération et faire du sport un outil concret de rapprochement entre leurs jeunesses.

Dix jours de compétition pour les trois pays de l’AES

Ouagadougou a donné, mardi 8 septembre, le coup d’envoi officiel de la deuxième édition des Jeux de la Confédération des États du Sahel. La cérémonie s’est tenue au Palais des Sports de Ouaga 2000, sous la présidence d’Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative du peuple du Burkina Faso, représentant le chef de l’État burkinabè, Ibrahim Traoré.

Les compétitions, qui se poursuivront jusqu’au 16 septembre, réunissent 376 athlètes issus du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ils sont accompagnés de 164 encadreurs et officiels, portant à environ 540 personnes la délégation directement mobilisée autour de l’événement.

Onze disciplines sont au programme : athlétisme, boxe, cyclisme, football, handball, judo, karaté, kung-fu wushu, lutte, taekwondo et tir à l’arc. Les épreuves sont réparties sur plusieurs infrastructures sportives de la capitale burkinabè.

Le sport comme instrument d’intégration

Pour les autorités de l’AES, l’enjeu ne se limite pas au nombre de médailles remportées par chaque pays.

Le message porté lors de la cérémonie d’ouverture insiste sur la volonté de faire des Jeux un espace de rencontre entre les jeunes Burkinabè, Maliens et Nigériens. Le président de l’Assemblée législative du peuple a notamment présenté l’événement comme un rendez-vous destiné à renforcer les liens entre les trois jeunesses et à promouvoir la discipline, le courage, le respect et le dépassement de soi.

Dans son message, Ibrahim Traoré a également insisté sur l’idée d’une jeunesse commune au-delà des frontières nationales. Cette approche traduit la volonté des autorités de donner à la Confédération des espaces de coopération visibles dans la vie quotidienne des populations, au-delà des cadres institutionnels et politiques.

Le sport offre, sur ce terrain, un avantage particulier : il permet aux populations de vivre directement une expérience commune. Les athlètes se côtoient, les délégations circulent et les publics des trois pays se retrouvent autour d’une même compétition.

Après Bamako, Ouagadougou prend le relais

La deuxième édition s’inscrit dans la continuité des premiers Jeux organisés à Bamako en juin 2025.

Lors de cette première édition, le Mali avait terminé en tête du classement avec 59 médailles, dont 27 en or. Le Burkina Faso avait remporté 55 médailles, dont 14 en or, tandis que le Niger complétait le classement. À la clôture, le Burkina Faso avait été désigné pour accueillir l’édition suivante.

Le transfert de Bamako à Ouagadougou constitue donc plus qu’un simple changement de ville hôte. Il permet à cette compétition de commencer à prendre la forme d’un rendez-vous confédéral régulier.

Pour l’AES, cette continuité est importante : elle donne au projet sportif une dimension institutionnelle et crée progressivement des habitudes de coopération entre les administrations sportives, les fédérations, les athlètes et les organisations de jeunesse des trois pays.

Une activité sportive qui fait aussi travailler l’économie locale

Pour une ville organisatrice, une compétition internationale ou régionale ne se limite jamais aux terrains.

Pendant plusieurs jours, les délégations ont besoin de logements, de restauration, de transports, de services logistiques et d’équipements. Les supporters et les visiteurs constituent également une clientèle supplémentaire pour certains commerces et prestataires.

Dans le cas des JAES, les autorités burkinabè n’ont pas communiqué de montant permettant de mesurer précisément les retombées économiques de l’événement. Il serait donc prématuré d’avancer un chiffre sur son impact pour Ouagadougou.

Mais l’organisation de dix jours de compétition avec plus de 500 athlètes, encadreurs et officiels représente mécaniquement une activité supplémentaire pour plusieurs secteurs de l’économie urbaine. L’accès gratuit aux différents sites de compétition vise par ailleurs à favoriser la participation du public et à inscrire les Jeux dans la vie de la capitale.

Pour un événement appelé à se répéter, cette dimension économique pourrait devenir un indicateur à suivre : capacité hôtelière, fréquentation des restaurants, mobilité, consommation autour des sites sportifs, emploi temporaire et utilisation des infrastructures.

Une vitrine pour la jeunesse sahélienne

La portée des JAES se mesure également à travers leur message adressé à une population jeune.

Dans les discours officiels, les Jeux sont présentés comme une école de fraternité et de dépassement de soi. Les autorités souhaitent ainsi que les performances sportives ne soient pas la seule trace laissée par la compétition.

L’objectif affiché est de construire des liens durables entre les jeunes des trois pays. Cette ambition rejoint d’ailleurs les objectifs assignés aux premiers Jeux de Bamako : renforcer les liens entre les jeunesses sahéliennes, promouvoir la paix, la solidarité et l’excellence sportive.

Le défi sera désormais de faire vivre cette dynamique au-delà des dix jours de compétition.

De la médaille à l’intégration concrète

La deuxième édition des Jeux de l’AES intervient alors que le Burkina Faso, le Mali et le Niger cherchent à donner un contenu concret à leur rapprochement. Dans ce contexte, le sport apparaît comme l’un des rares espaces où cette intégration peut être directement vécue par les populations.

À Ouagadougou, 376 athlètes vont donc chercher des médailles. Mais pour les organisateurs, le véritable tableau de résultats est ailleurs : dans la capacité de ces Jeux à devenir un rendez-vous durable, à rapprocher les jeunesses et à créer autour de la compétition une activité économique et sociale mesurable.

Car une Confédération ne se construit pas uniquement dans les textes et les institutions. Elle se construit aussi dans les rencontres, les échanges et les expériences communes. À Ouagadougou, le sport tente précisément de transformer cette ambition en réalité.

La Rédaction

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