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UEMOA : Le grand retour de l’excédent extérieur, 857 milliards FCFA de surplus courant au premier trimestre 2026.

Portée par la progression des exportations et l’amélioration de son commerce extérieur, l’Union économique et monétaire ouest-africaine affiche un excédent record de son compte courant. Une performance qui traduit un changement de tendance pour une région longtemps confrontée à une forte dépendance aux importations.

L’économie extérieure de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) connaît un tournant majeur. Au premier trimestre 2026, la zone a enregistré un excédent des transactions courantes de 857 milliards FCFA, selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Cette performance marque une rupture avec les années précédentes, durant lesquelles l’Union affichait régulièrement des déficits courants en raison notamment de sa dépendance aux importations d’énergie, de biens d’équipement et de produits alimentaires.

Le redressement observé en 2026 s’explique principalement par la progression des exportations, l’amélioration des termes de l’échange et la montée en puissance de nouveaux secteurs exportateurs, notamment les hydrocarbures.


Un retournement spectaculaire des comptes extérieurs

Le compte courant constitue un indicateur essentiel pour mesurer la position économique d’une région vis-à-vis du reste du monde.

Lorsqu’il est déficitaire, cela signifie qu’une économie dépense davantage à l’étranger qu’elle ne génère de revenus grâce à ses exportations et autres recettes extérieures.

À l’inverse, un excédent courant indique que les entrées de ressources provenant des échanges extérieurs dépassent les sorties.

Pour l’UEMOA, le passage à un solde positif constitue donc un signal important.

Selon la BCEAO, le compte courant est passé d’un déficit représentant 0,6 % du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2025 à un excédent équivalent à 2,2 % du PIB au premier trimestre 2026.

Cette évolution traduit une amélioration rapide de la capacité de la région à générer des revenus extérieurs.


Les exportations reprennent le rôle de moteur

Le principal facteur derrière cette embellie reste la progression des exportations.

La BCEAO explique cette amélioration par « l’accroissement des exportations d’hydrocarbures » ainsi que par une évolution favorable des termes de l’échange.

Plusieurs dynamiques expliquent cette tendance :

  • la hausse des ventes de certains produits exportés ;
  • une meilleure valorisation de certaines matières premières ;
  • la progression des exportations énergétiques ;
  • une amélioration du solde commercial de plusieurs États membres.

Cette évolution intervient dans une période où le profil économique de l’UEMOA commence progressivement à changer.

Pendant longtemps, la région a reposé principalement sur les exportations agricoles et minières. Désormais, de nouveaux secteurs apparaissent comme des contributeurs importants aux recettes extérieures.


Les hydrocarbures changent progressivement la carte économique régionale

L’un des éléments marquants de cette nouvelle dynamique est la contribution croissante du secteur énergétique.

L’entrée progressive de nouveaux producteurs d’hydrocarbures en Afrique de l’Ouest modifie les perspectives économiques régionales.

Le développement des activités pétrolières et gazières dans certains pays membres de l’espace UEMOA ouvre de nouvelles opportunités :

  • augmentation des recettes d’exportation ;
  • amélioration des balances commerciales ;
  • attractivité renforcée pour les investissements étrangers.

Cette évolution pourrait contribuer à réduire la vulnérabilité extérieure de la région, longtemps exposée aux variations des prix de l’énergie importée.


Une balance des paiements également excédentaire

L’amélioration ne concerne pas uniquement le compte courant.

La balance globale des paiements de l’UEMOA a également enregistré une progression importante.

Selon les données de la BCEAO, le solde global de la balance des paiements est ressorti à 2 208,6 milliards FCFA au premier trimestre 2026, contre 1 175,1 milliards FCFA à la même période en 2025.

Cette évolution s’explique également par une hausse des entrées nettes de capitaux, notamment à travers les investissements et les financements extérieurs.

Une telle situation contribue à renforcer les réserves de change de l’Union et à consolider la stabilité financière de la zone.


Un soutien supplémentaire pour le franc CFA et la confiance des investisseurs

L’amélioration des comptes extérieurs représente un avantage stratégique pour l’UEMOA.

Un excédent courant permet notamment :

  • de renforcer les réserves en devises ;
  • de soutenir la stabilité monétaire ;
  • de réduire la pression sur les financements extérieurs ;
  • d’améliorer la confiance des investisseurs.

Dans un environnement international marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes sur les marchés financiers et la volatilité des prix des matières premières, disposer d’une position extérieure plus solide constitue un atout majeur.


Une croissance économique qui accompagne la dynamique extérieure

Cette performance intervient dans un contexte de croissance économique soutenue dans l’Union.

Selon la BCEAO, l’activité économique de l’UEMOA a progressé de 6,1 % en glissement annuel au premier trimestre 2026.

Cette croissance repose notamment sur :

  • la bonne orientation des activités industrielles ;
  • la progression des services ;
  • la reprise des investissements ;
  • la vigueur de la demande intérieure.

L’amélioration du commerce extérieur vient ainsi renforcer une dynamique économique déjà favorable.


Le défi désormais, transformer l’excédent en développement durable

Si l’excédent courant constitue une bonne nouvelle, il ne règle pas automatiquement les défis structurels de la région.

L’UEMOA reste encore dépendante de plusieurs facteurs extérieurs :

  • évolution des cours mondiaux des matières premières ;
  • coût des importations énergétiques ;
  • demande internationale.

La prochaine étape sera donc de transformer cette amélioration des comptes extérieurs en véritable moteur de développement.

Cela passe notamment par :

  • davantage de transformation locale des matières premières ;
  • le développement industriel ;
  • le renforcement du commerce intra-régional ;
  • l’amélioration de la compétitivité des entreprises.

L’UEMOA change de rythme, mais la bataille de la transformation commence

Avec 857 milliards FCFA d’excédent courant au premier trimestre 2026, l’UEMOA signe une performance économique majeure.

Cette embellie montre que la région dispose désormais de nouveaux leviers pour améliorer sa position dans l’économie mondiale.

Mais le véritable enjeu commence maintenant : transformer ces excédents extérieurs en investissements productifs, en emplois et en croissance durable.

Car exporter davantage est une victoire. Transformer davantage reste le véritable défi.

La Rédaction

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