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UEMOA : Face à la montée des menaces, l’Union veut faire de la sécurité un pilier de l’intégration économique.

Réunis à Dakar, les responsables de l’Union économique et monétaire ouest-africaine ont réaffirmé leur volonté d’accélérer la mise en œuvre d’une politique commune de paix et de sécurité. Au-delà de la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière, l’objectif est de préserver les fondements économiques du marché commun.

La sécurité n’est plus seulement une question de défense. En Afrique de l’Ouest, elle est devenue un enjeu économique majeur. C’est ce message qu’ont porté les responsables de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à l’ouverture de la 7ᵉ réunion du Comité de haut niveau sur le Chantier paix et sécurité, organisée le 10 juillet 2026 à Dakar.

Dans un contexte marqué par la persistance des attaques terroristes, l’expansion des réseaux criminels transnationaux et l’émergence de nouvelles menaces comme la cybercriminalité, les États membres de l’Union souhaitent accélérer la mise en œuvre de leur Politique commune de paix et de sécurité. L’ambition est double : renforcer la protection des populations et préserver les conditions indispensables à la croissance économique et à l’intégration régionale.

La sécurité, une condition essentielle du développement économique

Depuis plusieurs années, les défis sécuritaires se sont imposés comme l’un des principaux freins au développement de l’Afrique de l’Ouest.

Les attaques contre les infrastructures, les difficultés de circulation sur certains corridors routiers, les trafics illicites et l’insécurité dans plusieurs zones frontalières perturbent les échanges commerciaux, ralentissent les investissements et augmentent les coûts du transport des marchandises.

Pour l’UEMOA, ces évolutions menacent directement les acquis de l’intégration régionale. La libre circulation des personnes, des biens et des capitaux, qui constitue l’un des fondements de l’Union, ne peut pleinement fonctionner sans un environnement sécurisé.

C’est dans cette perspective que les responsables de l’organisation souhaitent renforcer les mécanismes communautaires de prévention et de gestion des crises.

Une réponse collective à des menaces sans frontières

Les participants à la réunion de Dakar ont insisté sur le caractère transnational des défis actuels.

Le terrorisme, les trafics d’armes, le blanchiment de capitaux, le financement des groupes armés, la criminalité organisée ou encore la cybercriminalité dépassent largement les frontières nationales.

Selon le ministre sénégalais de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, Cheikh Niang, aucune réponse strictement nationale ne peut suffire face à ces phénomènes. Une coopération renforcée entre les États membres apparaît désormais indispensable pour mutualiser les renseignements, coordonner les actions et harmoniser les dispositifs de lutte.

Cette approche collective constitue l’un des principaux axes de la Politique commune de paix et de sécurité de l’UEMOA.

Des mécanismes de coopération appelés à être renforcés

Les travaux du Comité de haut niveau portent notamment sur l’évaluation des progrès réalisés et sur les prochaines étapes de la stratégie régionale.

Parmi les priorités figurent le renforcement du Mécanisme de veille et d’alerte précoce (MeVAP), destiné à détecter les risques sécuritaires avant qu’ils ne dégénèrent en crises majeures.

Les États membres souhaitent également améliorer le partage d’informations entre leurs services de sécurité, renforcer la coopération aux frontières et intensifier la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et les réseaux criminels.

La cyberdéfense occupe également une place croissante dans les discussions. Avec la numérisation accélérée des économies de l’Union, les cyberattaques représentent désormais un risque supplémentaire pour les institutions publiques, les entreprises et les systèmes financiers.

Le « Livre blanc » au cœur de la nouvelle stratégie

Les échanges de Dakar s’inscrivent dans la continuité du Livre blanc sur le Chantier paix et sécurité, adopté par l’UEMOA en octobre 2025.

Ce document fixe les grandes orientations de la politique régionale en matière de sécurité et prévoit une adaptation des dispositifs communautaires aux nouvelles réalités géopolitiques.

L’objectif est d’améliorer la coordination entre les États membres tout en développant des outils communs capables d’anticiper les crises et de renforcer la résilience des institutions régionales.

Préserver la confiance des investisseurs

Au-delà des considérations sécuritaires, les discussions de Dakar revêtent une dimension économique importante.

La stabilité constitue l’un des principaux critères pris en compte par les investisseurs lorsqu’ils évaluent un marché. Une dégradation durable de l’environnement sécuritaire peut entraîner une baisse des investissements directs étrangers, retarder des projets d’infrastructures ou renchérir le coût du financement des économies.

À l’inverse, un cadre régional plus sûr favorise les échanges commerciaux, sécurise les chaînes logistiques et améliore l’attractivité de l’espace UEMOA.

Pour une union économique qui ambitionne d’approfondir son marché commun, la paix devient ainsi un facteur de compétitivité autant qu’un impératif politique.

Une intégration régionale qui passe aussi par la sécurité

Les défis auxquels l’UEMOA est confrontée rappellent que l’intégration économique ne se limite pas à l’harmonisation des politiques monétaires ou commerciales.

Elle suppose également un environnement dans lequel les entreprises peuvent investir, les marchandises circuler librement et les populations exercer leurs activités sans entrave.

En faisant de la sécurité un chantier prioritaire, l’Union cherche à protéger les fondements mêmes de son projet communautaire. Car dans un contexte régional où les menaces évoluent rapidement, la solidité d’un marché commun se mesure autant à la fluidité de ses échanges qu’à sa capacité à garantir un climat de stabilité.

À Dakar, les responsables de l’UEMOA ont ainsi envoyé un message clair : la paix n’est plus seulement une condition du développement, elle en est désormais l’un des principaux moteurs.

La Rédaction

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