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Sénégal : Dakar veut transformer les grandes expositions en levier d’investissement.

Le Sénégal entend utiliser les grandes expositions internationales comme de véritables plateformes de promotion économique. À travers un programme de renforcement des capacités organisé à Dakar, le pays veut mieux valoriser ses participations, promouvoir le « Made in Senegal » et attirer davantage de capitaux et de partenariats.

De la vitrine internationale à l’outil économique

À Dakar, les expositions internationales commencent à être pensées autrement. Plus question de les considérer uniquement comme des rendez-vous culturels ou diplomatiques : le gouvernement sénégalais veut en faire des instruments au service de la stratégie économique du pays.

Cette ambition s’est exprimée les 15 et 16 septembre 2026, à l’occasion d’un programme de renforcement des capacités du Bureau international des expositions (BIE) organisé dans la capitale sénégalaise. La rencontre a réuni des représentants de plusieurs pays africains autour des enjeux liés à la préparation et à la participation aux grandes expositions internationales.

L’initiative a été accueillie par l’Agence sénégalaise de promotion des exportations (ASEPEX), qui avait annoncé en amont la tenue de cette session à Dakar. L’objectif était notamment de renforcer les compétences des acteurs chargés de préparer les participations nationales et d’en tirer davantage de retombées économiques.

Belgrade 2027 et Riyad 2030 dans le viseur

Le Sénégal prépare déjà les prochaines échéances internationales. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a annoncé la participation du pays à l’Exposition spécialisée de Belgrade 2027 et appelé à maintenir une attention particulière sur l’Exposition universelle de Riyad 2030.

Ces deux rendez-vous représentent des occasions de présenter le pays, mais surtout de mettre en avant ses entreprises, ses produits et ses secteurs présentant un potentiel commercial ou d’investissement.

Le BIE rappelle que les expositions internationales réunissent gouvernements, entreprises, société civile et grand public autour d’expositions, de conférences, d’ateliers et d’autres activités. Leur dimension économique dépasse donc largement la seule fréquentation des pavillons nationaux : elles peuvent constituer des espaces de rencontres et de coopération entre acteurs publics et privés.

Pour Dakar, l’enjeu consiste désormais à convertir cette visibilité internationale en contacts commerciaux, en partenariats et, à terme, en investissements.

« Made in Senegal » : vendre davantage et mieux

Cette stratégie repose notamment sur la promotion du « Made in Senegal » et du concept « Invest in Senegal ».

L’objectif est de donner davantage de visibilité aux entreprises et aux produits sénégalais sur les marchés internationaux. Pour une économie qui cherche à renforcer son secteur privé et à diversifier ses activités, la capacité à accéder à de nouveaux marchés devient un enjeu aussi important que la mobilisation de capitaux.

Cette approche rejoint d’ailleurs les orientations affichées dans les documents économiques du gouvernement sénégalais, qui mettent l’accent sur le développement du secteur privé, l’investissement et la transformation de l’économie. Le ministère de l’Économie présente notamment le Sénégal comme une économie offrant des opportunités dans des secteurs tels que l’agriculture, les infrastructures, l’énergie et les technologies de l’information.

L’enjeu des expositions est donc double : faire connaître l’offre sénégalaise et identifier les investisseurs susceptibles de l’accompagner.

Une nouvelle dimension de la diplomatie économique

Dakar inscrit cette démarche dans sa politique de diplomatie économique et dans les orientations de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 ».

La logique est relativement simple : lorsqu’un pays participe à une grande exposition internationale, les coûts liés à sa présence doivent pouvoir déboucher sur des retombées concrètes. Il s’agit de mieux préparer les rencontres avec les investisseurs, d’organiser la promotion des entreprises et de structurer le suivi des contacts noués pendant les événements.

Autrement dit, le pavillon national ne doit plus seulement raconter le Sénégal. Il doit aussi servir de point d’entrée vers son économie.

Cette évolution suppose cependant une préparation en amont et surtout un suivi après l’événement. Une rencontre avec un investisseur ne devient une opération économique que si elle débouche sur des échanges approfondis, une étude de projet, un financement ou un partenariat commercial.

L’enjeu sera de mesurer les retombées

La stratégie annoncée par Dakar pose ainsi une question essentielle : comment mesurer l’efficacité économique de ces participations ?

Le nombre de visiteurs ou la visibilité médiatique constituent des indicateurs utiles, mais ils ne suffisent pas à mesurer l’impact économique. Les contrats commerciaux conclus, les investisseurs identifiés, les exportations générées, les partenariats noués ou encore les projets accompagnés après l’exposition permettent davantage d’apprécier les résultats.

C’est précisément dans cette capacité à transformer la visibilité en transactions, en investissements et en exportations que se trouve le véritable enjeu pour le Sénégal.

Avec Belgrade 2027 puis Riyad 2030 en ligne de mire, Dakar veut donc passer d’une logique de représentation à une logique de prospection. Les grandes expositions pourraient ainsi devenir un nouveau terrain de compétition économique entre pays africains : non plus seulement pour être vu, mais pour être choisi comme destination d’affaires.

La Rédaction

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