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OMVS : Le PAFISEM renforce les filières semencières, avec 2026 comme année charnière.

Financé à hauteur de 7 millions d’euros par la coopération italienne, le Projet d’appui au développement des filières semencières dans le bassin du fleuve Sénégal (PAFISEM) poursuit son déploiement au Mali, en Guinée, en Mauritanie et au Sénégal. Son bilan arrêté au 31 décembre 2025 fait état d’investissements dans le stockage, le contrôle de la qualité des semences et le financement des producteurs. Prolongé jusqu’à fin 2026, le programme doit désormais consolider ses acquis et renforcer leur impact sur la production agricole.

Dans le bassin du fleuve Sénégal, la sécurité alimentaire dépend aussi de la disponibilité de semences de qualité. C’est sur ce levier que mise le PAFISEM, un programme porté par l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) avec le soutien financier de l’Agence italienne pour la coopération au développement (AICS).

Le bilan des activités arrêté au 31 décembre 2025, publié dans le Centre de documentation et des archives de l’OMVS, met en avant plusieurs avancées techniques et organisationnelles. Le projet vise à moderniser les filières semencières locales, à faciliter l’accès au crédit et à améliorer la commercialisation de semences adaptées aux besoins des producteurs.

L’enjeu est économique autant qu’agricole : une semence de qualité peut contribuer à améliorer les rendements, tandis qu’une meilleure organisation de la filière peut réduire les difficultés d’approvisionnement et renforcer les revenus des exploitations.

Un financement régional de plus de 4,5 milliards de FCFA

Le PAFISEM bénéficie d’un financement de 7 millions d’euros, soit plus de 4,5 milliards de FCFA, sous forme de don de la coopération italienne. Il intervient dans quatre pays membres de l’OMVS : le Mali, la Guinée, la Mauritanie et le Sénégal.

Le programme cible notamment les zones de Kankan en Guinée, de Kayes au Mali, du Trarza en Mauritanie et de Saint-Louis au Sénégal. Il cherche à renforcer les chaînes locales d’approvisionnement en semences et à mieux organiser les relations entre producteurs, structures de recherche, services de contrôle, opérateurs privés et institutions financières.

Selon le rapport annuel 2024 de l’AICS, le projet ambitionne de toucher environ 10 600 bénéficiaires, comprenant des producteurs, des agents de contrôle des semences et des responsables d’unités de sélection, de stockage et de conditionnement.

Ce financement ne vise donc pas uniquement à soutenir la production agricole. Il doit également contribuer à structurer un marché semencier capable de fournir des semences de qualité de manière plus régulière.

Au Mali, des investissements dans le stockage et le contrôle des semences

Dans la région de Kayes, les réalisations présentées par le ministère malien de l’Énergie et de l’Eau comprennent la construction de trois magasins de stockage à Kayes, Kéniéba et Bafoulabé, ainsi que la réhabilitation du laboratoire d’analyse des semences de la Direction régionale de l’agriculture.

Le programme prévoit également des équipements pour la production et la conservation. Parmi les réalisations recensées figurent l’aménagement d’un hectare consacré à l’arachide, équipé d’un système de micro-aspersion alimenté par pompage photovoltaïque, et la mise en place de deux aires de séchage.

Le dispositif a aussi bénéficié de 11 équipements roulants destinés à la Direction régionale de l’agriculture. Des semences de pré-base de riz, de sorgho, d’arachide et d’oignon ont par ailleurs été produites.

Ces investissements répondent à plusieurs besoins : améliorer les conditions de multiplication des semences, renforcer leur contrôle, faciliter leur conservation et réduire les risques de dégradation après récolte.

Toutefois, la disponibilité d’infrastructures ne suffit pas à garantir un approvisionnement durable. Leur fonctionnement, leur entretien et leur utilisation effective par les organisations de producteurs seront déterminants pour mesurer leur contribution à l’économie agricole locale.

Le crédit, un maillon essentiel de la filière

L’un des obstacles rencontrés par les producteurs semenciers est l’accès au financement. Les dépenses engagées avant la récolte, les besoins de stockage et les délais de commercialisation peuvent peser sur leur trésorerie.

Pour répondre à cette difficulté, le PAFISEM prévoit des mécanismes destinés à faciliter l’accès au crédit, notamment à travers un fonds de garantie. Celui-ci doit contribuer à réduire les risques perçus par les institutions financières et à favoriser le financement des producteurs.

Le projet mise également sur une meilleure concertation entre les différents acteurs. En février 2025, l’OMVS a annoncé la mise en place d’une plateforme régionale de concertation des acteurs du secteur semencier à Saint-Louis, au Sénégal. Les échanges ont notamment porté sur l’accès au financement, l’augmentation des capacités de triage et de stockage, ainsi que le renforcement des relations commerciales entre les intervenants de la filière.

Cette organisation est importante pour assurer la continuité entre la production, le conditionnement, la distribution et la vente des semences. Sans débouchés commerciaux et sans financement adapté, les investissements techniques risquent de produire des effets limités.

La formation pour améliorer la qualité et les rendements

Le renforcement des compétences constitue un autre axe du programme. Selon le rapport annuel 2024 de l’AICS, environ 807 producteurs et 61 agents de contrôle des semences ont bénéficié de formations au cours de cet exercice dans les quatre pays concernés. Le rapport fait également état de la formation de 54 formateurs.

Ces données correspondent à l’année 2024 et ne constituent pas un bilan cumulé des bénéficiaires à fin 2025.

L’objectif est de renforcer les pratiques de production, de sélection et de contrôle, tout en améliorant les compétences des acteurs qui interviennent dans la chaîne d’approvisionnement. La qualité des semences dépend en effet autant des conditions de production que du respect des procédures de conservation et de certification.

À terme, l’amélioration de ces pratiques peut contribuer à rendre les filières plus fiables et à mieux répondre aux besoins des exploitants agricoles.

Fin 2026, l’heure de mesurer les résultats

Le bilan publié par le Centre de documentation et des archives de l’OMVS indique que le PAFISEM a été prolongé jusqu’à la fin de 2026. Cette échéance doit permettre de poursuivre les activités, de consolider les infrastructures et de pérenniser les mécanismes techniques et financiers mis en place.

Mais plusieurs indicateurs restent nécessaires pour évaluer pleinement les retombées du programme : les volumes de semences certifiées effectivement commercialisés, le nombre de producteurs financés, les crédits accordés, l’utilisation des magasins et l’évolution des rendements agricoles.

Les documents consultés ne fournissent pas encore un bilan consolidé de ces résultats pour l’ensemble des quatre pays à fin 2025.

Le PAFISEM dispose ainsi d’un levier pour renforcer la sécurité alimentaire et structurer l’économie semencière du bassin du fleuve Sénégal. La prochaine étape sera de transformer les infrastructures, les formations et les mécanismes de financement en résultats mesurables : davantage de semences de qualité accessibles aux producteurs, des débouchés commerciaux plus solides et une agriculture moins vulnérable aux aléas.

La Rédaction

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