Côte d’Ivoire : L’or reste prioritaire, le cuivre et le nickel gagnent du terrain.
Le gouvernement ivoirien a accordé six permis de recherche minière à cinq sociétés, pour une durée de quatre ans. Cinq autorisations ciblent l’or, tandis que la sixième concerne le cuivre et le nickel. Cette décision ouvre de nouveaux fronts d’exploration, mais les retombées économiques dépendront des résultats des travaux et de la capacité à transformer d’éventuelles découvertes en projets miniers viables.
La Côte d’Ivoire poursuit l’exploration de son sous-sol. Réuni le 14 octobre 2026, le Conseil des ministres a adopté six décrets portant attribution de permis de recherche minière à cinq entreprises. Les autorisations couvrent plusieurs départements du pays et portent sur trois substances : l’or, le cuivre et le nickel.
Selon le communiqué officiel publié par l’Agence ivoirienne de presse (AIP), les permis sont valables quatre ans et doivent être mis en œuvre dans le respect des exigences techniques et environnementales prévues par la réglementation.
Cette nouvelle série d’autorisations s’inscrit dans la dynamique de développement du secteur extractif ivoirien. Elle confirme notamment la place centrale de l’or dans les activités d’exploration, tout en ouvrant un espace à la recherche de métaux utilisés dans plusieurs filières industrielles.
Cinq permis aurifères, un permis pour le cuivre et le nickel
L’or concentre cinq des six autorisations accordées. La société Awalé Resources SARL obtient deux permis : le premier couvre les départements de Gbéléban et de Minignan, tandis que le second concerne Minignan.
Trois autres entreprises bénéficient chacune d’un permis de recherche aurifère. Etruscan Resources Côte d’Ivoire SARL pourra explorer les zones de Bondoukou et de Tanda. Smart Mining Group SARL est autorisée à mener ses travaux dans les départements de M’Bahiakro et de Bouaké. De son côté, Tietto Minerals Côte d’Ivoire SARLU pourra rechercher de l’or dans les zones de Gagnoa et de Soubré.
La diversification des substances recherchées concerne le cuivre et le nickel. Switch Metals Côte d’Ivoire SARL a obtenu un permis couvrant les départements de Ouaninou et de Touba.
Au total, les cinq entreprises disposent de nouvelles autorisations d’exploration réparties dans plusieurs zones du territoire ivoirien. Toutefois, le communiqué gouvernemental ne précise ni les superficies exactes des périmètres concernés ni les budgets prévus pour les travaux.
L’exploration, première étape avant une éventuelle exploitation
L’attribution d’un permis de recherche ne signifie pas qu’un gisement exploitable a déjà été découvert. Elle autorise une entreprise à réaliser des travaux destinés à mieux connaître la géologie d’une zone, à identifier d’éventuelles concentrations minérales et à en évaluer le potentiel.
Ces opérations peuvent comprendre des études géologiques, des prélèvements et des campagnes de forage. Les résultats doivent ensuite permettre de déterminer si les ressources identifiées justifient des investigations plus poussées et, éventuellement, un projet industriel.
Le passage à l’exploitation exige des étapes supplémentaires, notamment des études de faisabilité, la mobilisation de financements et l’obtention des autorisations nécessaires. Les exigences environnementales et la prise en compte des communautés concernées font également partie des conditions à considérer.
La durée de quatre ans accordée aux nouveaux permis constitue donc un cadre pour les travaux de recherche, et non une échéance garantissant l’ouverture de nouvelles mines.
L’or reste au cœur de la dynamique minière
Le poids de l’or dans les six autorisations confirme l’importance de cette substance dans les perspectives minières ivoiriennes. La progression de la production nationale ces dernières années a renforcé la place du secteur aurifère dans l’économie et attiré des opérateurs spécialisés dans l’exploration.
D’après LSI Africa, la production d’or de la Côte d’Ivoire a atteint 59,33 tonnes en 2025, contre 13,2 tonnes en 2012. Le média rapporte également une prévision d’environ 62 tonnes pour 2026. Ce dernier chiffre reste une projection et ne doit pas être confondu avec une production déjà réalisée.
Les nouveaux permis ne garantissent pas une hausse supplémentaire de la production. Leur contribution éventuelle dépendra des découvertes, de la qualité des ressources et de la rentabilité des projets qui pourraient en découler.
Cuivre et nickel : un enjeu de diversification
Le permis accordé à Switch Metals élargit les recherches aux métaux de base. Le cuivre est notamment utilisé dans les réseaux électriques, les équipements industriels et les infrastructures énergétiques. Le nickel entre, quant à lui, dans la fabrication de certains aciers inoxydables et de batteries.
La recherche de ces métaux peut contribuer à diversifier le portefeuille minier ivoirien, encore fortement orienté vers l’or. Mais l’intérêt économique d’un projet dépend de plusieurs facteurs : la quantité de ressources identifiées, leur teneur, les coûts d’extraction, les infrastructures disponibles et les conditions du marché international.
À ce stade, aucune estimation de ressources, aucun volume de production potentiel et aucun montant d’investissement n’ont été publiés pour les périmètres concernés par les nouveaux permis.
Des résultats à suivre au cours des quatre prochaines années
Les autorisations accordées le 14 octobre constituent une nouvelle étape dans la connaissance du potentiel minier du pays. Pour l’État, l’enjeu consiste à encadrer les recherches et à favoriser l’émergence de projets économiquement viables, tout en veillant au respect des obligations techniques et environnementales.
Pour les entreprises, les prochaines années seront consacrées à vérifier si les zones attribuées recèlent des ressources suffisamment importantes pour justifier de nouveaux investissements. Pour l’économie ivoirienne, les retombées potentielles emplois, recettes publiques, investissements et activité locale restent conditionnées à la réussite de cette phase exploratoire.
Ces six permis élargissent la carte des recherches minières en Côte d’Ivoire. Mais entre un périmètre autorisé et une mine en production, le chemin reste long : ce sont les résultats géologiques, la viabilité économique des projets et leur mise en œuvre responsable qui détermineront la valeur réelle de ces nouvelles autorisations.
La Rédaction



