Côte d’Ivoire : Le PIB franchit 12 730 milliards FCFA, les services accélèrent.
L’économie ivoirienne a progressé de 4,6 % sur un an au deuxième trimestre 2026, portée principalement par les services, notamment la finance et les télécommunications. Mais derrière cette dynamique, le recul du bâtiment et des travaux publics (BTP) et des industries extractives révèle une croissance encore inégale selon les secteurs.
La croissance ivoirienne conserve son élan. Au deuxième trimestre 2026, le produit intérieur brut (PIB) réel corrigé des variations saisonnières a atteint 12 730,1 milliards de FCFA, contre 12 267,8 milliards au premier trimestre. Cela représente une progression de 3,8 % en rythme trimestriel et de 4,6 % par rapport au deuxième trimestre 2025, selon les comptes nationaux trimestriels publiés le 13 octobre par l’Agence nationale de la statistique (ANStat).
Derrière ce résultat, le secteur des services s’impose comme le principal moteur de l’activité. Les performances des activités financières, des télécommunications et des transports contrastent toutefois avec le repli de certaines branches industrielles. Une configuration qui invite à regarder au-delà du chiffre global pour mesurer les ressorts et les limites de la croissance.
Les services, locomotive de l’activité économique
Le secteur tertiaire affiche une croissance de 5,4 % au deuxième trimestre. Il bénéficie notamment de la forte progression des activités financières et d’assurance, en hausse de 19,1 %.
Les services d’information et de communication suivent avec une croissance de 13,8 %. Les transports et l’entreposage progressent de 6,3 %, tandis que le commerce et la réparation enregistrent une hausse de 3,9 %.
Ces résultats traduisent le dynamisme d’activités qui occupent une place importante dans le fonctionnement de l’économie : financement des entreprises et des ménages, circulation des marchandises, télécommunications et distribution.
Un autre indicateur de l’ANStat conforte cette tendance. Le chiffre d’affaires des services marchands non financiers a augmenté de 7,2 % sur un an au deuxième trimestre 2026. Les transports et l’entreposage ont enregistré une hausse de 15,2 %, contre 9,3 % pour l’information et la communication.
Ces deux indicateurs ne mesurent pas exactement la même chose : le PIB évalue la valeur ajoutée créée par l’économie, tandis que l’indice de chiffre d’affaires suit les ventes des entreprises de services. Leur évolution convergente apporte néanmoins un éclairage complémentaire sur la vitalité du secteur.
Une industrie aux performances contrastées
Le secteur secondaire progresse de 2,3 %, mais cette évolution masque des trajectoires différentes selon les branches.
Les industries pétrolières affichent une croissance de 18,4 %. Les activités liées à l’eau, à l’électricité et à l’assainissement augmentent de 11,5 %, tandis que les industries agroalimentaires progressent de 11,2 %.
À l’inverse, le BTP recule de 5,9 % et les industries extractives de 2,6 %.
Le repli du bâtiment et des travaux publics mérite une attention particulière dans une économie où les investissements en infrastructures, les chantiers et l’activité immobilière peuvent soutenir la demande, l’emploi et les commandes adressées aux entreprises locales.
Ces chiffres ne suffisent toutefois pas à établir les causes de la contraction du BTP. Ils montrent surtout que la progression globale de l’économie ne se traduit pas uniformément dans toutes les branches productives.
L’agriculture participe également à la progression
Le secteur primaire enregistre une croissance de 4 % au deuxième trimestre. L’agriculture d’exportation progresse de 3,3 %, l’agriculture vivrière de 4,9 % et la pêche de 8,1 %.
Ces performances contribuent à la dynamique économique, en complément des services et de certaines activités industrielles. Elles rappellent le rôle de la production agricole et halieutique dans l’approvisionnement des marchés, les revenus des producteurs et les chaînes de valeur locales.
Les impôts et taxes nets de subventions progressent également de 7,5 %, selon les données de l’ANStat.
Une croissance à surveiller au-delà du PIB
La progression de 4,6 % sur un an confirme l’expansion de l’économie ivoirienne au deuxième trimestre. Elle reste toutefois légèrement inférieure au rythme annuel de 4,7 % rapporté pour le premier trimestre 2026. Cette différence de 0,1 point doit être interprétée avec prudence : elle ne signifie pas que l’activité s’est contractée, mais que son rythme de croissance annuel a légèrement ralenti.
Il convient également de distinguer le montant de 12 730,1 milliards de FCFA d’une mesure du PIB nominal aux prix courants. Il s’agit ici d’un PIB réel en volume, corrigé des variations saisonnières, utilisé pour mieux suivre l’évolution de l’activité économique.
Pour apprécier la solidité de cette croissance, les prochains indicateurs devront permettre de suivre l’évolution de l’investissement, de la construction et des activités productives, mais aussi la capacité des secteurs dynamiques à générer des emplois et des revenus.
La Côte d’Ivoire continue de croître, mais le véritable enjeu sera désormais de transformer le dynamisme des services en une expansion plus largement partagée avec les secteurs productifs. Car une économie ne se mesure pas seulement à la progression de son PIB, mais aussi à la capacité de cette croissance à irriguer durablement les entreprises, l’emploi et les revenus.
La Rédaction



