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Burkina Faso : Un barrage de 15,5 millions de m³ entre dans sa dernière ligne droite.

Le Burkina Faso accélère la réalisation d’une infrastructure hydraulique appelée à jouer un rôle important dans la production agricole et l’approvisionnement en eau du nord du pays. À Tougouya-koko, dans la commune de Bassi, province du Zondoma, le chantier du barrage affiche désormais un taux d’exécution supérieur à 80 %. Avec une capacité de retenue de plus de 15,5 millions de m³, l’ouvrage doit soutenir l’agriculture, l’élevage et l’accès à l’eau potable, notamment pour Ouahigouya.

Un chantier repris en main par l’État

Le barrage de Tougouya-koko affiche une capacité précise de 15 567 987 m³. Le chantier avait cependant accumulé d’importants retards avant une reprise en main par les structures publiques.

Selon le Service d’information du Gouvernement du Burkina Faso, l’entreprise initialement chargée des travaux avait consommé 132 % du délai contractuel alors que l’exécution physique ne dépassait que 53 %. Après plusieurs mises en demeure restées sans suite, le contrat a été résilié.

L’Office national des barrages et des aménagements hydro-agricoles (ONBAH) a alors pris le relais le 1er avril 2026. Quelques mois plus tard, l’état d’avancement dépassait 80 %.

Lors d’une visite effectuée le 25 septembre dans le cadre du suivi de la campagne agropastorale 2026-2027, le ministre d’État chargé de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, Ismaël Sombié, a constaté l’avancée du chantier.

L’AIB évalue plus précisément le taux d’exécution à 83,60 %. L’ouvrage comprend notamment une digue dont la longueur atteint 874,61 mètres et un déversoir de 150 mètres, pour une longueur totale annoncée de 1,024 kilomètre.

15,5 millions de m³ pour produire davantage

Au-delà du béton et des ouvrages hydrauliques, le véritable enjeu se trouve dans l’utilisation future de cette réserve d’eau.

Le barrage doit renforcer les capacités de production agricole et maraîchère dans la zone. Il doit également soutenir les activités pastorales et contribuer à sécuriser l’accès à l’eau pour les populations.

Dans une région où la disponibilité de l’eau conditionne directement les rendements agricoles et les activités d’élevage, disposer d’une réserve de plus de 15 millions de m³ constitue un levier potentiel pour réduire la dépendance des producteurs aux seules précipitations.

Le projet s’inscrit ainsi dans une logique plus large de sécurisation de la production : retenir l’eau pendant la saison des pluies pour pouvoir mieux l’utiliser au moment où les besoins agricoles et pastoraux augmentent.

Ouahigouya également dans le périmètre du projet

L’impact attendu ne se limite pas au secteur agricole.

Selon le Gouvernement burkinabè, l’eau du barrage doit également contribuer à l’alimentation de Ouahigouya en eau potable. Le dispositif prévoit un prélèvement de l’eau du barrage, son traitement puis son refoulement vers la ville.

Cette dimension donne au projet une portée économique et sociale plus importante.

L’eau destinée à la consommation humaine constitue en effet une infrastructure essentielle au fonctionnement d’une ville. Son amélioration peut réduire la pression sur les ressources existantes et accompagner la croissance des besoins des ménages, des activités commerciales et des services.

Le barrage doit donc répondre simultanément à trois besoins : produire, abreuver et approvisionner les populations.

La reprise publique accélère le calendrier

Le cas de Tougouya-koko illustre également une problématique fréquente dans les grands projets d’infrastructures : l’écart entre le calendrier contractuel et la réalisation effective.

Le chantier avait atteint seulement 53 % d’exécution après avoir consommé 132 % du délai contractuel. La reprise par l’ONBAH a depuis permis de faire progresser rapidement le taux d’avancement, jusqu’à plus de 80 % en quelques mois.

Pour les autorités burkinabè, cette accélération est présentée comme une démonstration de la capacité des structures nationales à conduire des travaux d’envergure.

Mais pour mesurer réellement la performance du projet, un autre indicateur sera déterminant : la date à laquelle l’infrastructure sera effectivement fonctionnelle.

Car un barrage terminé sur le papier ne produit ni céréales, ni légumes, ni eau potable. Sa valeur économique commence lorsque l’eau est effectivement stockée et utilisée.

Une mise en eau attendue dès la prochaine campagne

Selon les prévisions communiquées par le Gouvernement burkinabè, le barrage pourrait être mis en eau dès la prochaine campagne.

Cette perspective place désormais le chantier dans sa dernière phase.

Une fois les travaux achevés, le défi sera celui de la gestion de la ressource. Il faudra notamment organiser les usages entre agriculture, maraîchage, élevage et alimentation en eau potable, tout en assurant la durabilité de l’ouvrage.

La capacité de 15,5 millions de m³ constitue un potentiel important, mais son impact dépendra de la manière dont cette eau sera répartie, valorisée et renouvelée au fil des saisons.

Un investissement qui devra se traduire en activité économique

Pour le Burkina Faso, le barrage de Tougouya-koko représente finalement davantage qu’une infrastructure hydraulique.

Il doit contribuer à créer les conditions d’une production agricole plus régulière, soutenir les activités d’élevage, renforcer le maraîchage et améliorer l’approvisionnement en eau potable de Ouahigouya.

La prochaine étape sera donc moins spectaculaire qu’un chantier : transformer une retenue d’eau en activité économique durable.

Si le calendrier de mise en eau est respecté, les 15,5 millions de m³ de Tougouya-koko devront bientôt quitter les plans et les rapports pour entrer dans les champs, les exploitations et les réseaux d’eau. C’est à ce moment-là que l’infrastructure commencera réellement à produire sa valeur.

La Rédaction

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