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Bénin : 26 milliards FCFA injectés pour contenir la flambée des engrais et protéger la production agricole.

Face à la hausse persistante des prix des fertilisants sur le marché international, le gouvernement béninois a choisi de maintenir son soutien massif au secteur agricole. Pour la campagne 2025-2026, l’État mobilise une enveloppe de 26 milliards FCFA afin de préserver les prix subventionnés des engrais destinés aux producteurs.

Cette décision, annoncée à l’issue du Conseil des ministres, traduit la volonté des autorités de sécuriser la production agricole nationale dans un contexte mondial marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et la volatilité des matières premières agricoles.

Une mesure pour éviter une hausse des coûts agricoles

Concrètement, cette subvention permettra aux agriculteurs béninois d’acheter les engrais à des tarifs largement inférieurs aux prix réels du marché international.

Le gouvernement a ainsi fixé les prix homologués suivants pour la campagne agricole 2025-2026 :

  • Le NPK sera vendu à 340 FCFA le kilogramme, soit 17 000 FCFA le sac de 50 kg, contre un coût réel estimé à 21 750 FCFA ;
  • L’urée sera cédée à 300 FCFA le kilogramme, soit 15 000 FCFA le sac de 50 kg, alors que son prix réel avoisine 18 750 FCFA ;
  • Le SSP sera commercialisé à 280 FCFA le kilogramme, soit 14 000 FCFA le sac de 50 kg.

À travers cette politique, l’exécutif béninois cherche à éviter une flambée des charges de production qui pourrait fragiliser les exploitations agricoles, réduire les superficies cultivées ou encore affecter les rendements.

Préserver la sécurité alimentaire et les revenus des producteurs

Au Bénin, l’agriculture demeure un pilier majeur de l’économie nationale. Le secteur emploie une large partie de la population active et joue un rôle central dans les exportations, notamment grâce à la filière coton.

Dans ce contexte, une augmentation brutale du prix des intrants agricoles représenterait un risque important pour les producteurs déjà confrontés aux aléas climatiques et aux tensions économiques internationales.

En maintenant les prix subventionnés des engrais, les autorités espèrent soutenir les cultures vivrières, préserver le pouvoir d’achat des agriculteurs et limiter les risques de baisse de production alimentaire.

Cette stratégie vise également à garantir une certaine stabilité des prix sur les marchés locaux, alors que plusieurs pays africains continuent de subir les répercussions des crises géopolitiques et logistiques mondiales sur les coûts agricoles.

Une politique de soutien agricole qui se poursuit

Le Bénin n’en est pas à sa première intervention dans le secteur des intrants agricoles. Depuis plusieurs campagnes, l’État multiplie les efforts financiers pour amortir les effets de la hausse des prix des fertilisants.

Les subventions mobilisées ces dernières années illustrent l’ampleur de cet engagement :

  • 55 milliards FCFA durant la campagne 2022-2023 ;
  • Environ 30 milliards FCFA en 2023-2024 ;
  • 24,4 milliards FCFA en 2024-2025 ;
  • 26 milliards FCFA pour la campagne 2025-2026.

Cette continuité dans l’effort budgétaire montre que les autorités considèrent désormais la question des intrants agricoles comme un enjeu stratégique pour la souveraineté alimentaire et la résilience économique du pays.

L’objectif : améliorer durablement la productivité agricole

Au-delà du soutien immédiat aux producteurs, le gouvernement béninois entend également favoriser l’introduction de semences hybrides et renforcer les performances agricoles nationales.

L’ambition affichée est claire : augmenter les rendements, soutenir les productions vivrières et consolider la place du Bénin parmi les économies agricoles les plus dynamiques de l’Afrique de l’Ouest.

Mais cette politique pose également la question de sa soutenabilité budgétaire à long terme. Dans un environnement où les finances publiques africaines sont de plus en plus sollicitées, maintenir des subventions massives exige un équilibre délicat entre soutien social, compétitivité agricole et maîtrise des dépenses publiques.

Pour l’heure, Cotonou fait le pari qu’investir dans l’agriculture reste moins coûteux que gérer les conséquences d’une baisse de production ou d’une poussée inflationniste alimentaire. Un choix stratégique qui rappelle qu’en Afrique de l’Ouest, la bataille pour la stabilité économique se joue aussi dans les champs.

La Rédaction

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