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Mali : 44 milliards FCFA levés en une séance, le Trésor poursuit sa course au financement.

Le 28 octobre 2026, le Trésor public malien a mobilisé 44 milliards de FCFA sur le marché financier régional, au terme d’une adjudication largement couverte par les investisseurs. Avec près de 1 284 milliards de FCFA levés depuis janvier, le pays se rapproche de son objectif annuel, tout en restant confronté à l’enjeu du coût de la dette.

Le Mali poursuit ses emprunts sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). À l’issue de l’émission de bons et d’obligations du Trésor organisée le 28 octobre 2026, l’État a retenu 44 milliards de FCFA, alors que les investisseurs avaient proposé 74,726 milliards de FCFA.

Selon les résultats publiés par UMOA-Titres et relayés par l’Agence de presse africaine (APA), cette opération dépasse de 4 milliards de FCFA l’objectif initial de mobilisation, fixé à 40 milliards. Elle illustre la capacité du Trésor à attirer des offres sur le marché régional, où les États de l’Union financent une partie de leurs besoins budgétaires en empruntant auprès des investisseurs.

Cette demande soutenue ne signifie toutefois pas que les fonds sont obtenus sans coût. Les titres émis engagent l’État à verser des intérêts et à rembourser le capital aux échéances prévues.

Une demande près de deux fois supérieure à l’objectif

Les soumissions des investisseurs ont atteint 74,726 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 186,81 %. Autrement dit, pour chaque tranche de 100 FCFA recherchée par le Trésor, les investisseurs ont proposé près de 187 FCFA.

L’État a néanmoins retenu 44 milliards de FCFA et écarté environ 30,726 milliards de FCFA de propositions. Le taux d’absorption, qui mesure la part des offres acceptées, s’établit ainsi à 58,88 %.

Cette sélection permet au Trésor de ne pas accepter toutes les propositions reçues et de tenir compte des conditions financières offertes. Le niveau de couverture constitue un indicateur de l’intérêt des investisseurs pour l’émission, mais il ne suffit pas, à lui seul, à mesurer la soutenabilité de la dette publique.

Les obligations à trois ans concentrent l’essentiel des fonds

L’émission était structurée autour de trois maturités : des bons du Trésor à un an et des obligations à trois et cinq ans. Les obligations à trois ans ont dominé l’opération, avec 36,5 milliards de FCFA retenus, soit près de 83 % du montant total levé.

Les résultats publiés par UMOA-Titres font ressortir les rendements moyens suivants :

  • Bons du Trésor à un an : 3,5 milliards de FCFA retenus, pour un rendement moyen de 4,51 %.
  • Obligations à trois ans : 36,5 milliards de FCFA, avec un rendement moyen de 7,67 %.
  • Obligations à cinq ans : 4 milliards de FCFA, avec un rendement moyen de 7,58 %.

Ces rendements correspondent au coût financier associé aux titres selon les conditions de l’émission. Ils ne doivent pas être confondus avec les taux d’intérêt nominaux inscrits dans les caractéristiques des obligations.

Par rapport à l’adjudication du 14 octobre, les rendements moyens des obligations à trois et cinq ans ont légèrement diminué, passant respectivement de 7,78 % à 7,67 % et de 7,63 % à 7,58 %. Cette évolution constitue un signal favorable pour le coût des nouveaux emprunts, mais deux opérations ne suffisent pas à établir une tendance durable.

Près de 89 % de l’objectif annuel déjà atteint

Les deux émissions réalisées en octobre ont permis au Mali de mobiliser 77 milliards de FCFA, après une première levée de 33 milliards le 14 octobre. Le cumul des ressources brutes mobilisées depuis janvier atteint ainsi environ 1 284,35 milliards de FCFA, selon l’APA.

L’objectif annuel fixé par les autorités est de 1 450 milliards de FCFA sur le marché régional. À ce stade, le pays en a réalisé environ 88,6 %. Il lui reste donc près de 165,65 milliards de FCFA à mobiliser pour atteindre cette cible.

Le calendrier indicatif d’UMOA-Titres prévoit encore quatre opérations en novembre et décembre, pour un montant cumulé de 215,13 milliards de FCFA. Ce programme laisse une marge par rapport au besoin restant, mais les montants effectivement levés dépendront des offres reçues et des décisions du Trésor.

Le défi, financer le budget sans alourdir durablement la dette

Le recours au marché régional permet aux États de l’Union économique et monétaire ouest-africaine de financer une partie de leurs dépenses grâce à l’épargne mobilisée auprès des banques et des investisseurs financiers. En contrepartie, ils doivent payer les intérêts et rembourser le capital aux échéances prévues.

Une nuance reste essentielle : les 1 284,35 milliards de FCFA correspondent à des ressources brutes. Une partie des nouveaux emprunts peut servir à refinancer des titres arrivant à échéance. Ce montant ne représente donc pas nécessairement une augmentation équivalente des ressources disponibles pour de nouvelles dépenses publiques.

Pour le Mali, l’enjeu est désormais de maintenir l’accès au marché tout en maîtrisant le coût des emprunts et le calendrier des remboursements. La forte demande observée lors de l’adjudication du 28 octobre offre une marge de financement, mais elle ne dispense pas les autorités d’une gestion rigoureuse de la dette.

Le Trésor malien se rapproche de son objectif annuel ; le véritable indicateur de réussite sera toutefois la capacité de l’État à financer ses priorités sans compromettre l’équilibre futur de ses finances publiques.

La Rédaction

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