CIE : Le bénéfice net dépasse 5,3 milliards FCFA, mais l’impôt freine sa progression.
La Compagnie ivoirienne d’électricité a dégagé un résultat net individuel de 5,34 milliards FCFA au premier semestre 2026, en hausse de 4,75 % sur un an. Si l’activité et le résultat d’exploitation progressent, la hausse de la fiscalité limite l’amélioration du bénéfice. En parallèle, la croissance du nombre de clients contraste avec le ralentissement des branchements et l’allongement du temps moyen de coupure.
La Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) poursuit sa progression financière. Au 30 juin 2026, l’opérateur ivoirien affiche un résultat net individuel de 5,34 milliards FCFA, contre 5,10 milliards FCFA à la même période en 2025. Cette hausse de 4,75 % confirme une amélioration de la rentabilité, dans un contexte où la demande nationale d’électricité continue de croître.
Les résultats semestriels, publiés au Bulletin officiel de la cote de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) le 29 octobre 2026, présentent toutefois deux lectures comptables. Dans les comptes individuels établis selon le référentiel SYSCOHADA, le bénéfice atteint 5,34 milliards FCFA. En normes IFRS consolidées, le résultat net ressort à 5,7 milliards FCFA, en progression de 16,9 %. Ces montants reposent sur des périmètres différents et ne doivent pas être confondus.
Le chiffre d’affaires progresse, l’exploitation accélère
Sur le plan commercial, la CIE a réalisé un chiffre d’affaires individuel de 138,16 milliards FCFA au premier semestre 2026, contre 134,92 milliards FCFA un an auparavant, soit une augmentation de 2,4 %.
Cette évolution est principalement portée par les activités de concession. La société évoque notamment l’accroissement du patrimoine concédé ainsi que les dépenses engagées pour la maintenance corrective du réseau de distribution. Ces interventions ont notamment visé à réduire les indisponibilités constatées au cours du semestre.
Le résultat d’exploitation affiche une progression plus marquée. Il s’établit à 9,61 milliards FCFA, contre 8,67 milliards FCFA à fin juin 2025, soit une hausse de 10,82 %. Cet indicateur mesure la performance de l’activité courante avant la prise en compte des éléments financiers et de l’impôt.
La marge d’exploitation passe ainsi d’environ 6,4 % à 7 %. Une évolution qui traduit une meilleure performance opérationnelle, malgré une croissance relativement modérée du chiffre d’affaires.
La pression fiscale réduit une partie du gain
La progression du bénéfice net reste néanmoins inférieure à celle du résultat d’exploitation. En cause, notamment, l’augmentation de la charge fiscale.
Le résultat avant impôt progresse de 10,7 %, à environ 8,4 milliards FCFA. Mais l’impôt sur le résultat augmente de 22,9 %, pour atteindre près de 3 milliards FCFA. Cette hausse absorbe une partie des gains réalisés au niveau opérationnel.
Le résultat financier, quant à lui, demeure déficitaire et se dégrade légèrement, à environ 1,6 milliard FCFA. Au final, le bénéfice net individuel s’établit à 5,34 milliards FCFA, en hausse de 4,75 %.
La performance de la CIE illustre ainsi un enjeu classique pour les entreprises : améliorer l’efficacité de l’exploitation ne suffit pas toujours à faire progresser le bénéfice dans les mêmes proportions lorsque les charges fiscales et financières augmentent.
Une clientèle en expansion, mais des branchements en recul
Au-delà des comptes, les indicateurs opérationnels révèlent une demande intérieure toujours dynamique. Les ventes nationales d’électricité progressent de 10 %, pour atteindre 6 867 gigawattheures (GWh). À l’inverse, les ventes à l’exportation reculent de 7,6 %, à 413 GWh.
La base clientèle s’élargit également. La CIE compte environ 5,5 millions de clients, soit une augmentation de 13,3 % sur un an. Cette progression témoigne de l’extension de l’accès au réseau électrique.
Mais le rythme des nouveaux branchements marque le pas. Au premier semestre, 50 324 branchements ordinaires ont été réalisés, tandis que les branchements dans le cadre du Programme électricité pour tous (PEPT) ont atteint 199 923. Dans les deux catégories, le recul s’élève à 15,6 % par rapport à la même période de 2025.
Autre indicateur à surveiller : le temps moyen de coupure s’est allongé à 14 heures et 16 minutes sur le semestre, contre 11 heures et 36 minutes un an plus tôt. La société indique que le rythme des branchements devrait s’accélérer au second semestre, conformément à son calendrier prévisionnel actualisé.
La performance financière face aux attentes du marché
À la BRVM, l’action CIE, cotée sous le symbole CIEC, a clôturé la séance du 29 octobre à 5 400 FCFA, en hausse de 5,9 % sur la journée. Sa capitalisation boursière s’établissait à environ 302,4 milliards FCFA.
La progression du titre intervient dans un contexte de publication des résultats semestriels. Elle rappelle toutefois que l’évolution du cours dépend aussi des anticipations des investisseurs, de la valorisation de l’entreprise et de ses perspectives, au-delà du seul bénéfice publié.
Pour la seconde moitié de l’année, les enjeux sont donc multiples : consolider la rentabilité, accélérer les branchements et améliorer la continuité du service. Car, dans le secteur électrique, la performance ne se mesure pas uniquement en milliards de FCFA. Elle se mesure aussi à la capacité de fournir une électricité plus accessible et plus régulière à des millions d’usagers.
La Rédaction



