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UEMOA : Près de 2 500 milliards FCFA de déficit budgétaire à mi-2026.

Les finances publiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine restent sous pression. Au premier semestre 2026, le déficit budgétaire global des États membres a atteint 2 492,9 milliards de FCFA, soit 3,4 % du PIB régional. Le chiffre progresse par rapport à la même période de 2025, alors même que les recettes publiques ont enregistré une hausse significative.

Le déficit continue de se creuser

Selon le dernier Rapport sur la politique monétaire de la BCEAO, publié le 16 septembre 2026, le déficit budgétaire global de l’UEMOA, calculé sur la base des engagements et dons compris, s’est établi à 2 492,9 milliards de FCFA entre janvier et juin 2026.

Un an plus tôt, il atteignait 2 355,3 milliards de FCFA, soit 3,2 % du PIB. En valeur, le déficit s’est donc accru de 137,6 milliards de FCFA en l’espace d’un an. Rapporté à la richesse produite dans l’Union, il représente désormais 3,4 % du PIB.

Cette évolution intervient dans une région où l’activité économique demeure pourtant dynamique. Le PIB réel de l’UEMOA a progressé de 6,0 % au deuxième trimestre 2026, après une croissance de 6,1 % au premier trimestre.

Des recettes en hausse, mais insuffisantes

Le creusement du déficit ne signifie pas que les recettes publiques se sont dégradées. Au contraire, les États de l’Union ont mobilisé 11 327,9 milliards de FCFA de recettes budgétaires au premier semestre, soit une progression de 956,7 milliards de FCFA ou 9,2 % sur un an.

Cette amélioration traduit une capacité accrue de mobilisation des ressources publiques. Mais elle n’a pas suffi à compenser l’ensemble des dépenses engagées par les États.

Le problème est donc moins celui d’une absence de recettes que celui de l’écart persistant entre les ressources disponibles et les besoins de financement publics. Pour les gouvernements, l’enjeu consiste désormais à maintenir la progression des recettes tout en maîtrisant les dépenses et en préservant les investissements nécessaires à la croissance.

2026, une année encore sous pression

La BCEAO prévoit que le déficit budgétaire de l’UEMOA atteindra 3,5 % du PIB sur l’ensemble de l’année 2026, contre 3,2 % en 2025.

La Banque centrale attribue notamment cette dégradation aux mesures temporaires prises par certains États membres pour amortir les conséquences socio-économiques de la crise au Moyen-Orient sur les populations.

La hausse des prix de l’énergie constitue en effet un facteur de pression supplémentaire. Après un taux d’inflation de 0,4 % au deuxième trimestre, l’inflation régionale est remontée à 1,2 % en juillet puis à 1,7 % en août 2026, selon les données communiquées par la BCEAO. La hausse concerne notamment le transport, le logement et certains produits alimentaires.

La dette reste un autre point de vigilance

La trajectoire budgétaire s’accompagne d’une légère progression du poids de la dette publique. La BCEAO projette un ratio d’endettement public régional de 63,6 % du PIB en 2026, contre 63,3 % en 2025.

La hausse reste limitée, mais elle intervient dans un contexte où les États doivent continuer à financer leurs déficits, leurs infrastructures et leurs politiques économiques.

La perspective est toutefois celle d’une amélioration à moyen terme. La BCEAO prévoit un recul du ratio d’endettement à 60,8 % du PIB en 2027, tandis que le déficit budgétaire devrait revenir à 3,1 % du PIB.

Cette trajectoire dépendra néanmoins de la capacité des États à poursuivre la consolidation budgétaire annoncée.

Une économie qui continue de croître

Le contraste entre les finances publiques et l’activité économique mérite d’être souligné. L’UEMOA devrait enregistrer une croissance de 6,1 % en 2026, après 6,5 % en 2025, puis de 6,2 % en 2027.

La BCEAO attribue notamment ces perspectives au dynamisme des industries extractives et manufacturières, du commerce et des services, ainsi qu’aux perspectives favorables de la campagne agricole 2026-2027.

Autrement dit, la région continue de produire davantage, mais cette croissance ne se traduit pas encore par un rééquilibrage suffisamment rapide des comptes publics.

Le véritable défi, transformer la croissance en marges budgétaires

Pour les États de l’UEMOA, l’enjeu des prochaines années sera donc double : préserver le rythme de croissance tout en améliorant la qualité des finances publiques.

L’augmentation de 9,2 % des recettes au premier semestre constitue un signal important. Mais pour réduire durablement les déficits, la mobilisation des recettes devra s’accompagner d’une meilleure efficacité de la dépense publique, d’une maîtrise des charges et d’un financement soutenable des investissements.

Le retour annoncé du déficit à 3,1 % du PIB en 2027 marquerait une inflexion, mais la trajectoire reste exposée aux chocs extérieurs, notamment aux prix de l’énergie, aux cours des matières premières et à la situation sécuritaire et socio-politique des États membres.

À mi-2026, le constat est donc moins celui d’une crise des finances publiques que celui d’un équilibre encore fragile : l’UEMOA dispose d’une croissance solide et de recettes en progression, mais ses États doivent encore transformer cette dynamique économique en marges budgétaires durables. C’est précisément sur cette capacité à financer le développement sans alourdir excessivement la dette que se jouera la prochaine étape de la consolidation économique régionale.

La Rédaction

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