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UEMOA : Les prix alimentaires importés repartent à la hausse, l’huile et le blé en première ligne.

Après plus de deux ans de recul annuel, les prix des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont rebondi en juillet 2026. Selon la BCEAO, l’indice a progressé de 9,2 % sur un an, tiré notamment par le renchérissement de l’huile, du blé et du riz. La tendance s’est accentuée en août, ravivant les inquiétudes sur les coûts d’approvisionnement et le pouvoir d’achat.

Le répit observé sur les marchés alimentaires internationaux semble s’éloigner pour les économies de l’UEMOA. En juillet 2026, les prix des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’Union ont enregistré une hausse annuelle de 9,2 %, selon le Bulletin mensuel de statistiques publié par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) le 21 septembre.

Cette progression marque une rupture : il s’agit de la première hausse en glissement annuel de cet indice depuis mai 2024. Après plusieurs mois de baisse, le coût des denrées achetées sur les marchés internationaux repart ainsi à la hausse, avec des conséquences potentielles sur les chaînes d’approvisionnement et les dépenses des ménages.

L’huile et le blé tirent les prix vers le haut

Les hausses les plus marquées concernent l’huile et le blé. D’après la BCEAO, les prix de l’huile ont progressé de 25,7 % sur un an en juillet 2026, contre 21,7 % pour le blé et 10,4 % pour le riz.

Ces trois produits occupent une place importante dans l’approvisionnement alimentaire de la région. Le blé entre notamment dans la fabrication du pain et d’autres produits céréaliers, tandis que les huiles végétales sont largement utilisées dans la préparation des repas et par l’industrie agroalimentaire. Le riz demeure, pour sa part, une denrée essentielle dans de nombreux pays de l’Union.

À l’inverse, les cours du lait ont reculé de 23,1 % sur un an et ceux du sucre de 6 %. Ces baisses ont partiellement limité la progression de l’indice, sans toutefois compenser le renchérissement des principales denrées en hausse.

Une accélération confirmée en août

La pression ne s’est pas arrêtée au mois de juillet. Dans son Bulletin mensuel de statistiques d’août 2026, publié le 7 octobre, la BCEAO indique que l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés par les États membres de l’UEMOA a progressé de 13,3 % sur un an, après une hausse de 9,2 % en juillet.

Le blé a enregistré une progression annuelle de 29,5 %, l’huile de 21,3 % et le riz de 15,7 %. Le recul des prix du lait, de 21,6 %, a partiellement atténué cette évolution.

Ces chiffres montrent que la hausse des prix internationaux s’est prolongée au-delà du premier rebond de juillet. Ils ne signifient cependant pas que les prix de détail ont augmenté dans les mêmes proportions dans les marchés de Bamako, Dakar, Abidjan ou Ouagadougou.

Du marché international au panier de la ménagère

Le renchérissement des produits importés peut se transmettre aux prix locaux lorsque les importateurs, les industriels et les distributeurs répercutent une partie de leurs coûts sur les consommateurs. Mais cette transmission dépend aussi des stocks disponibles, des contrats d’approvisionnement, du transport, des marges commerciales et des mesures nationales de régulation.

La BCEAO relève par ailleurs que l’inflation globale dans l’UEMOA s’est établie à 1,2 % en juillet 2026, contre 0,8 % en juin. Cet indicateur mesure l’évolution générale des prix à la consommation dans l’Union : il ne doit pas être confondu avec l’indice des prix des seuls produits alimentaires importés.

Pour les ménages, l’enjeu est concret. Lorsque les produits de base deviennent plus coûteux, les dépenses alimentaires peuvent absorber une part plus importante du budget, au détriment d’autres besoins comme le transport, la santé, l’éducation ou l’épargne. L’ampleur de cet effet varie toutefois d’un pays à l’autre et selon les habitudes de consommation.

La dépendance aux importations, un enjeu économique

Cette évolution souligne l’exposition des économies ouest-africaines aux fluctuations des marchés internationaux. Lorsque les cours des denrées importées augmentent, les pays doivent consacrer davantage de ressources à leur approvisionnement, sauf si les volumes achetés, les conditions commerciales ou les taux de change compensent une partie de la hausse.

Le renforcement de la production locale, l’amélioration du stockage, la réduction des pertes après récolte et la transformation agroalimentaire constituent autant de leviers pour limiter cette vulnérabilité à moyen terme. Ils ne peuvent toutefois produire des effets immédiats sur l’ensemble des produits concernés.

La hausse observée en juillet, puis accentuée en août, rappelle ainsi que la stabilité des prix alimentaires ne dépend pas uniquement des récoltes nationales. Elle se joue aussi sur les marchés mondiaux, dans les chaînes logistiques et dans la capacité des économies de l’Union à sécuriser leur approvisionnement. Pour les autorités comme pour les consommateurs, le véritable test sera de contenir la transmission de ces tensions internationales aux dépenses quotidiennes des ménages.

La Rédaction

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