UEMOA : La production vivrière dépasse 86 millions de tonnes en 2025, établissant un record et renforçant durablement la sécurité alimentaire régionale.
Grâce à une pluviométrie favorable et à la progression des productions céréalières et des tubercules, l’Union économique et monétaire ouest-africaine a enregistré une récolte vivrière estimée à plus de 86 millions de tonnes. Une performance qui a contribué à freiner l’inflation, soutenir la croissance économique et renforcer la résilience alimentaire de la région.
L’agriculture confirme son rôle de pilier de l’économie ouest-africaine. Selon les données officielles de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la campagne agricole 2025/2026 s’est soldée par une production vivrière de 86 082 988 tonnes, soit un peu plus de 86 millions de tonnes.
Cette récolte représente une progression de 4,9 % par rapport à la campagne précédente et dépasse de 12,9 % la moyenne enregistrée au cours des cinq dernières campagnes agricoles.
Au-delà de la performance statistique, cette campagne constitue une excellente nouvelle pour les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Elle améliore la disponibilité des denrées alimentaires, soutient les revenus des producteurs et contribue à stabiliser les prix sur les marchés.
Une progression portée par les céréales et les tubercules
La hausse de la production agricole repose principalement sur deux grandes familles de cultures.
Les céréales enregistrent la plus forte progression avec une augmentation de 2,6 millions de tonnes, soit 7,7 % de plus que lors de la campagne précédente.
Les tubercules, qui occupent une place essentielle dans l’alimentation des ménages ouest-africains, progressent également de 1,5 million de tonnes, soit 5,3 %.
Cette dynamique traduit une amélioration globale des rendements agricoles dans plusieurs États membres de l’Union.
Les cultures vivrières demeurent en effet la principale source d’alimentation pour des dizaines de millions de personnes vivant dans l’espace UEMOA.
Une météo favorable au rendez-vous
Selon la BCEAO, cette bonne campagne agricole s’explique avant tout par des conditions climatiques favorables.
La pluviométrie a été globalement satisfaisante dans la majorité des pays membres, permettant une bonne croissance des cultures durant la saison agricole.
Les producteurs ont ainsi bénéficié de meilleures conditions de production, favorisant une augmentation des rendements dans plusieurs bassins agricoles.
Cette amélioration intervient dans un contexte où les effets du changement climatique rendent les campagnes agricoles de plus en plus imprévisibles.
Une récolte qui contribue à faire reculer l’inflation
Les effets de cette campagne dépassent largement le secteur agricole.
Une production abondante signifie généralement une meilleure disponibilité des produits alimentaires sur les marchés.
Cette hausse de l’offre contribue à limiter les tensions sur les prix.
Selon la BCEAO, la bonne campagne agricole a joué un rôle majeur dans la baisse de l’inflation observée en 2025.
Le taux d’inflation annuel moyen dans l’UEMOA est ainsi revenu à 0 %, contre 3,5 % un an auparavant.
Cette évolution résulte également du recul des prix internationaux de certains produits alimentaires et de l’énergie, mais la bonne disponibilité des céréales dans la région a constitué un facteur déterminant.
Pour les ménages, cela signifie un ralentissement de la hausse du coût de la vie, notamment sur les produits alimentaires de base.
L’agriculture confirme son poids dans la croissance économique
L’agriculture reste l’un des principaux moteurs de l’économie de l’Union.
Au quatrième trimestre 2025, la valeur ajoutée du secteur primaire a progressé de 4,6 %, soutenue principalement par les bonnes performances agricoles.
Dans le même temps, la croissance économique de l’UEMOA s’est établie à 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024.
Si les industries extractives, les services et les investissements publics ont également contribué à cette dynamique, l’agriculture demeure un secteur stratégique en raison de son poids dans l’emploi, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire.
Une bonne campagne, mais des défis persistent
Malgré ces résultats encourageants, plusieurs défis continuent de peser sur l’agriculture régionale.
Les producteurs restent confrontés à :
- l’irrégularité des précipitations liée au changement climatique ;
- l’insécurité dans certaines zones rurales ;
- le coût élevé des intrants agricoles ;
- l’accès encore limité au financement ;
- les pertes post-récolte liées au manque d’infrastructures de stockage.
Ces contraintes rappellent que les bonnes performances d’une campagne ne garantissent pas automatiquement une sécurité alimentaire durable.
Transformer la production en richesse
Pour les économistes, le véritable défi consiste désormais à transformer cette abondance agricole en valeur économique.
Une production importante ne suffit pas si une partie significative des récoltes est perdue faute de capacités de stockage, de transformation ou de commercialisation.
Le développement de l’agro-industrie, l’amélioration des infrastructures rurales et l’accès au financement des exploitations agricoles demeurent des leviers essentiels pour accroître les revenus des producteurs.
À cela s’ajoute l’enjeu de la souveraineté alimentaire.
Face aux chocs climatiques et aux tensions sur les marchés internationaux, renforcer les capacités de production locales devient un impératif pour limiter la dépendance aux importations.
Une récolte record qui ouvre de nouvelles perspectives
Avec plus de 86 millions de tonnes de vivriers produits au cours de la campagne 2025/2026, l’UEMOA démontre le potentiel de son agriculture lorsque les conditions climatiques et les politiques de soutien convergent.
Cette performance offre un répit aux consommateurs grâce à une meilleure disponibilité alimentaire et contribue à la stabilité macroéconomique de la région.
Mais elle rappelle également qu’une récolte abondante n’est qu’une étape.
Le véritable enjeu consiste désormais à transformer cette richesse agricole en croissance durable, en emplois, en industries agroalimentaires et en revenus plus élevés pour les millions de producteurs qui nourrissent quotidiennement l’Afrique de l’Ouest.
La Rédaction



