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Mali-Suisse : L’agriculture au cœur d’un partenariat stratégique pour la résilience rurale.

Face aux défis climatiques et alimentaires, Bamako et Berne renforcent leur coopération dans le développement agricole durable.

Dans un contexte marqué par les tensions climatiques, les difficultés sécuritaires et la pression croissante sur les systèmes alimentaires sahéliens, le Mali et la Suisse approfondissent leur coopération agricole. Derrière cette dynamique se dessine une ambition commune : renforcer la résilience des communautés rurales, soutenir la production locale et consolider la sécurité alimentaire dans un pays où l’agriculture demeure le principal pilier économique et social.

À travers plusieurs programmes de développement rural et de sécurité alimentaire, la coopération suisse intensifie son engagement auprès des producteurs maliens, avec une approche centrée sur la durabilité, l’autonomie des communautés et l’adaptation aux effets du changement climatique.


Une coopération agricole inscrite dans la durée

Présente au Mali depuis plusieurs décennies, la Suisse fait partie des partenaires historiques du développement rural malien. Son action s’est progressivement structurée autour de plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’agriculture, la gouvernance locale, l’accès aux services de base et l’aide humanitaire.

Dans son nouveau programme de coopération 2026-2029, la Direction du développement et de la coopération suisse (DDC) confirme le rôle central du secteur agricole dans ses priorités d’intervention au Mali.

L’objectif affiché est double :

  • soutenir les capacités de production des ménages ruraux ;
  • renforcer leur capacité de résistance face aux crises climatiques, économiques et sécuritaires.

Cette stratégie intervient dans un contexte où la souveraineté alimentaire devient un enjeu majeur pour les autorités maliennes.


L’agriculture, socle de l’économie malienne

Au Mali, l’agriculture représente bien plus qu’un secteur économique. Elle constitue la principale source de revenus pour une grande partie de la population et joue un rôle déterminant dans la stabilité sociale du pays.

Mais le secteur reste confronté à plusieurs fragilités :

  • variabilité climatique accrue,
  • sécheresses répétées,
  • dégradation des terres agricoles,
  • hausse des coûts des intrants,
  • difficultés logistiques,
  • et insécurité dans certaines zones rurales.

Face à ces contraintes, les programmes soutenus par la Suisse cherchent à développer des solutions adaptées aux réalités locales.


Des projets axés sur la résilience et la production durable

Sur le terrain, la coopération suisse finance plusieurs initiatives destinées à améliorer durablement les conditions de production agricole.

Les projets portent notamment sur :

  • le développement du maraîchage,
  • la diffusion de techniques agricoles adaptées au climat sahélien,
  • l’utilisation de semences plus résistantes,
  • la gestion durable des ressources naturelles,
  • et le renforcement des chaînes de valeur locales.

Dans certaines régions du centre du Mali, particulièrement affectées par les crises sécuritaires et alimentaires, des programmes soutiennent également les activités génératrices de revenus et l’autonomisation des communautés rurales.

L’approche privilégiée par la Suisse repose sur un principe simple : accompagner les populations vers une autonomie économique durable plutôt que multiplier les réponses d’urgence ponctuelles.


Soutenir les producteurs face aux chocs climatiques

Le changement climatique constitue aujourd’hui l’un des principaux défis pour l’agriculture sahélienne.

La baisse de la pluviométrie dans certaines zones, l’irrégularité des saisons agricoles et la pression croissante sur les ressources naturelles fragilisent les capacités de production des exploitations familiales.

Dans ce contexte, les projets soutenus par la coopération suisse mettent fortement l’accent sur :

  • l’adaptation climatique,
  • la sécurisation des moyens de subsistance,
  • et la diversification des revenus ruraux.

L’objectif est de réduire la vulnérabilité des ménages agricoles tout en améliorant durablement leur productivité.


Une coopération qui dépasse l’enjeu alimentaire

Le partenariat agricole entre le Mali et la Suisse ne se limite pas à la seule question de la production.

Les programmes soutenus intègrent également :

  • la gouvernance locale,
  • le dialogue communautaire,
  • la formation professionnelle,
  • et l’inclusion économique des jeunes et des femmes.

Dans plusieurs zones rurales fragiles, la coopération considère que le développement agricole peut également contribuer à réduire les tensions sociales et à renforcer la stabilité locale.

Cette approche globale distingue la stratégie suisse de certaines interventions purement humanitaires centrées sur l’assistance immédiate.


Un enjeu stratégique pour la souveraineté alimentaire

Pour les autorités maliennes, le renforcement de la production agricole locale est devenu un impératif stratégique.

Le gouvernement affiche régulièrement sa volonté d’accroître les capacités nationales dans les filières céréalières, maraîchères et cotonnières afin de limiter la dépendance extérieure et de mieux faire face aux crises alimentaires.

Dans cette perspective, les partenaires techniques et financiers jouent un rôle essentiel dans le financement des infrastructures rurales, l’accompagnement technique des producteurs et le développement des capacités locales.

La Suisse apparaît ainsi comme un partenaire de long terme, misant davantage sur la transformation structurelle des territoires ruraux que sur les effets d’annonce.


Une relation bilatérale discrète mais solide

Dans un environnement géopolitique parfois mouvant, la coopération entre Bamako et Berne conserve une certaine stabilité.

La Suisse bénéficie d’une image relativement consensuelle au Mali, notamment grâce à une présence ancienne sur le terrain et une approche axée sur le dialogue communautaire et le développement local.

Cette relation discrète, mais constante, pourrait encore gagner en importance à mesure que les enjeux agricoles, climatiques et alimentaires deviennent centraux pour l’ensemble du Sahel.


L’agriculture comme levier de stabilité

Au Mali, l’agriculture ne se résume plus à une question de récoltes ou de rendement. Elle devient progressivement un enjeu stratégique de résilience économique, de stabilité sociale et de souveraineté nationale.

En renforçant sa coopération agricole avec Bamako, la Suisse mise sur une conviction simple : dans le Sahel, investir dans les champs revient aussi à investir dans l’équilibre des territoires.

Et à l’heure où les crises se multiplient, cette vision de long terme pourrait valoir bien plus qu’une simple aide au développement.

La Rédaction

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