Mali–Rwanda : Bamako prépare un forum d’affaires pour donner vie à 19 accords de coopération.
Le Mali et le Rwanda envisagent d’organiser en 2027 à Bamako la deuxième session de leur Grande Commission mixte de coopération, accompagnée d’un forum d’affaires. Après la signature de 19 accords en mai 2024, les deux pays veulent accélérer leur mise en œuvre et transformer leur rapprochement diplomatique en projets économiques concrets.
Le partenariat entre Bamako et Kigali entre dans une nouvelle phase. Le Mali et le Rwanda prévoient de tenir en 2027 la deuxième session de leur Grande Commission mixte de coopération, assortie d’un forum d’affaires destiné à renforcer les échanges entre les opérateurs économiques des deux pays.
Cette perspective a été évoquée lors de la visite de travail du ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Olivier Jean Patrick Nduhungirehe, à Bamako. Le 12 octobre 2026, il s’est entretenu avec son homologue malien, Abdoulaye Diop, avant d’être reçu le lendemain par le président de la Transition, Assimi Goïta.
Selon l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et l’agence de presse APA, les discussions ont notamment porté sur le suivi des engagements bilatéraux, le renforcement des échanges économiques et la préparation de la prochaine session de la commission mixte.
L’objectif est désormais de donner une portée plus opérationnelle aux engagements pris depuis le lancement de ce cadre institutionnel de coopération.
Dix-neuf accords signés à Kigali en 2024
La première session de la Grande Commission mixte s’est tenue à Kigali du 25 au 27 mai 2024. Elle a abouti à la signature de 19 accords couvrant plusieurs secteurs, notamment la numérisation, la santé, l’agriculture et la promotion des investissements.
Ces engagements visaient à élargir le champ de coopération entre les deux pays et à rapprocher leurs politiques sectorielles. Le partenariat concerne également d’autres domaines, dont l’énergie, les mines, la justice et la sécurité.
Pour les deux gouvernements, l’enjeu est désormais de dépasser le stade des signatures pour avancer vers des actions concrètes. Le comité de suivi doit examiner les accords déjà conclus et poursuivre les discussions sur les textes encore en négociation.
Le nombre d’accords signés constitue un indicateur de l’étendue du partenariat, mais ne permet pas à lui seul d’en mesurer les résultats. Les sources disponibles ne fournissent pas de bilan consolidé du taux d’exécution des 19 engagements ni de leur impact économique à ce stade.
Un forum d’affaires pour rapprocher les entreprises
L’une des dimensions importantes du rendez-vous envisagé en 2027 est l’organisation d’un forum d’affaires. Cette rencontre doit permettre aux entreprises maliennes et rwandaises de mieux connaître leurs marchés respectifs, d’identifier des partenaires et d’explorer des possibilités d’investissement.
Le forum pourrait ainsi contribuer à donner une traduction économique au rapprochement diplomatique entre Bamako et Kigali. Dans cette perspective, les secteurs couverts par les accords de 2024 offrent plusieurs pistes de collaboration, notamment l’agriculture, les services numériques, la santé et la promotion des investissements.
Cependant, les résultats dépendront de la capacité à mobiliser des entreprises disposant de projets précis, à identifier des financements et à assurer un suivi après les rencontres. Un forum ne produit pas automatiquement des échanges commerciaux supplémentaires : il constitue avant tout un cadre pour faire émerger des partenariats susceptibles de se concrétiser.
À ce stade, aucun objectif chiffré concernant le volume des échanges commerciaux, les investissements attendus ou le nombre d’entreprises participantes n’a été officiellement confirmé dans les informations consultées.
Une coopération qui dépasse le seul cadre économique
La visite du chef de la diplomatie rwandaise a également permis aux deux pays d’aborder des questions régionales et internationales. Les discussions ont porté sur la sécurité au Sahel, l’intégration africaine et la coopération entre États du continent.
Les responsables ont réaffirmé leur attachement à la coopération Sud-Sud, qui repose notamment sur le partage d’expériences et le développement de partenariats entre pays africains. Le Mali a également exprimé son intérêt pour l’expérience rwandaise en matière de reconstruction et de développement.
Cette dimension politique et institutionnelle accompagne le volet économique du partenariat. Elle contribue à structurer les relations entre les deux États, mais la prochaine commission devra aussi préciser les domaines dans lesquels cette coopération peut déboucher sur des résultats mesurables pour les administrations, les entreprises et les populations.
2027, l’heure du bilan et de l’exécution
La deuxième session de la Grande Commission mixte doit offrir l’occasion d’évaluer les avancées réalisées depuis mai 2024, d’identifier les obstacles rencontrés et de fixer les prochaines priorités. La date exacte de la rencontre et le programme détaillé du forum d’affaires restent à préciser.
Pour les entreprises, l’intérêt de cette échéance dépendra notamment de la visibilité donnée aux projets, des mécanismes de financement accessibles et de la capacité des deux pays à faciliter les partenariats transfrontaliers.
Pour les gouvernements, le défi est de rendre les engagements plus lisibles et de suivre leur exécution au-delà des réunions diplomatiques.
Entre Bamako et Kigali, la prochaine étape ne se mesurera donc pas au nombre de rencontres organisées, mais aux projets lancés, aux investissements mobilisés et aux échanges effectivement créés. Les 19 accords de 2024 ont posé un cadre ; le rendez-vous de 2027 devra montrer ce qu’il a permis de construire.
La Rédaction



