Mali : Le gouvernement vise une croissance moyenne de 6,5 % entre 2027 et 2029 avec un effort budgétaire annuel de 4 382,9 milliards FCFA.
Bamako prépare la prochaine étape de sa trajectoire économique
Le Mali affine sa feuille de route budgétaire pour les années à venir. Réuni en Conseil des ministres le 10 juin 2026, le gouvernement a examiné le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (DPBEP) couvrant la période 2027-2029, un exercice stratégique qui fixe les grandes orientations économiques, budgétaires et financières du pays pour les trois prochaines années.
Ce document constitue l’un des principaux instruments de pilotage des finances publiques. Il permet de définir les ressources attendues, les dépenses envisagées ainsi que les priorités de développement avant l’élaboration des futurs budgets annuels.
À travers ce nouveau cadrage, les autorités maliennes affichent une ambition claire : maintenir un rythme soutenu de croissance tout en renforçant les investissements nécessaires à la transformation économique du pays.
Une croissance économique moyenne de 6,5 % attendue
Le scénario central retenu par le gouvernement repose sur une croissance réelle moyenne de 6,5 % entre 2027 et 2029.
Cette projection traduit la confiance des autorités dans la résilience de l’économie nationale et dans la poursuite des réformes engagées ces dernières années. Elle repose notamment sur plusieurs moteurs :
- la montée en puissance du secteur minier ;
- le développement des infrastructures ;
- la modernisation de l’agriculture ;
- la progression des investissements publics ;
- l’amélioration progressive de l’environnement économique.
Une telle croissance placerait le Mali parmi les économies les plus dynamiques de la sous-région, dans un contexte où de nombreux pays africains cherchent à accélérer leur transformation structurelle.
Plus de 4 382 milliards FCFA par an pour financer l’action publique
Pour atteindre ses objectifs, l’État prévoit un volume important de dépenses publiques.
Le DPBEP estime le coût annuel moyen de l’action gouvernementale à 4 382,9 milliards FCFA sur la période 2027-2029. Cette enveloppe couvre le financement des politiques publiques, des investissements structurants et des dépenses nécessaires à la mise en œuvre des priorités nationales.
Cet effort budgétaire traduit la volonté des autorités de soutenir simultanément :
- les infrastructures ;
- l’énergie ;
- l’agriculture ;
- l’éducation ;
- la santé ;
- la sécurité ;
- la transformation numérique ;
- le développement des collectivités territoriales.
L’enjeu consiste désormais à assurer une mobilisation suffisante des ressources afin de financer durablement ces ambitions.
Une stratégie fondée sur les ressources internes
Dans un contexte international marqué par un accès plus coûteux aux financements extérieurs, le gouvernement entend poursuivre ses efforts de mobilisation des recettes domestiques.
Les orientations budgétaires prévoient notamment :
- l’élargissement de l’assiette fiscale ;
- le renforcement du recouvrement des recettes ;
- la digitalisation des administrations financières ;
- l’amélioration de l’efficacité de la dépense publique.
Cette stratégie vise à réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs tout en renforçant la soutenabilité des finances publiques.
Une trajectoire alignée sur la vision Mali 2063
Le DPBEP 2027-2029 ne constitue pas seulement un exercice comptable. Il s’inscrit dans une vision de long terme portée par les documents stratégiques de développement du pays.
Les projections budgétaires et économiques sont articulées autour des ambitions du référentiel « Mali Kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma », de la SNEDD et des programmes de refondation de l’État. L’objectif est de créer les conditions d’une croissance plus inclusive, d’une meilleure résilience économique et d’une transformation structurelle durable.
Entre ambition et défis de mise en œuvre
Si les perspectives affichées sont encourageantes, leur concrétisation dépendra de plusieurs facteurs déterminants.
La stabilité du contexte sécuritaire, la performance des secteurs productifs, l’évolution des marchés internationaux, la capacité de mobilisation des recettes publiques ainsi que l’efficacité de l’exécution budgétaire joueront un rôle central dans l’atteinte des objectifs fixés.
Le gouvernement devra également concilier les besoins croissants d’investissement avec la préservation des équilibres macroéconomiques et la maîtrise de l’endettement.
Un cap économique tourné vers la transformation
À travers ce cadrage budgétaire 2027-2029, le Mali affiche une volonté de maintenir le cap de la croissance tout en renforçant ses capacités d’investissement. L’objectif n’est plus seulement d’assurer la stabilité économique, mais de créer les bases d’une transformation durable capable de soutenir l’emploi, la compétitivité et le développement des territoires.
Dans un environnement régional et international marqué par de nombreuses incertitudes, ce document apparaît comme une boussole stratégique. Sa réussite dépendra désormais de la capacité du pays à transformer les prévisions en réalisations concrètes et à faire de la croissance attendue un moteur de progrès économique et social pour l’ensemble des Maliens.
La Rédaction



