Mali : Le Conseil supérieur de l’agriculture fixe le cap d’une nouvelle offensive pour la souveraineté alimentaire.
À Koulouba, les autorités mobilisent le monde rural à la veille d’une campagne agricole décisive
À quelques semaines du lancement effectif de la campagne agricole 2026-2027, le Mali a réuni les principaux acteurs du secteur rural autour de la 16ᵉ édition du Conseil supérieur de l’agriculture (CSA), tenue le 9 juin 2026 au Palais de Koulouba. Rendez-vous incontournable du calendrier agricole national, cette session a permis d’évaluer les performances de la campagne écoulée, d’identifier les contraintes auxquelles font face les producteurs et de définir les priorités pour la nouvelle saison agricole.
Dans un pays où l’agriculture demeure le premier pourvoyeur d’emplois et l’un des principaux moteurs de l’économie, les décisions issues du CSA sont particulièrement attendues par les exploitants agricoles, les organisations paysannes et les opérateurs des filières agricoles.
Un secteur stratégique au cœur de la souveraineté nationale
L’agriculture représente bien plus qu’une activité économique au Mali. Elle constitue le socle des moyens de subsistance de millions de ménages et joue un rôle déterminant dans la sécurité alimentaire nationale.
Face à la croissance démographique, aux effets du changement climatique et aux perturbations des marchés internationaux, les autorités maliennes considèrent désormais la souveraineté alimentaire comme un enjeu stratégique. Le Conseil supérieur de l’agriculture s’inscrit précisément dans cette logique en servant de cadre de décision pour les politiques agricoles nationales.
L’objectif est clair : accroître durablement la production agricole tout en améliorant les revenus des producteurs et la résilience des exploitations rurales.
Le bilan de la campagne écoulée passé au crible
L’une des principales missions du Conseil consiste à examiner les résultats de la campagne précédente afin d’identifier les acquis et les insuffisances.
Les échanges ont notamment porté sur les performances des principales filières agricoles, l’évolution de la production céréalière, les résultats de la campagne cotonnière ainsi que la situation des filières d’élevage, de pêche et d’aquaculture. Les participants ont également analysé les difficultés rencontrées par les producteurs dans plusieurs régions du pays.
Parmi les préoccupations régulièrement soulevées figurent les attaques de ravageurs, les aléas climatiques, les difficultés d’accès aux intrants agricoles et les contraintes logistiques qui affectent certaines zones de production.
Des producteurs attentifs aux décisions sur les intrants
Comme chaque année, la question des intrants agricoles a occupé une place centrale dans les discussions.
Les producteurs attendent particulièrement les mesures relatives à la disponibilité des engrais, des semences améliorées et des produits phytosanitaires, dont dépend largement le niveau de production de la campagne à venir. Les décisions du CSA sont généralement déterminantes pour l’organisation des exploitations agricoles et les choix d’investissement des producteurs.
Dans un contexte de hausse des coûts de production observée ces dernières années, le maintien des mécanismes de soutien public constitue un enjeu majeur pour préserver la compétitivité des filières agricoles maliennes.
Plus de 164 milliards FCFA pour soutenir la campagne 2026-2027
La tenue du Conseil intervient quelques semaines après l’annonce d’une enveloppe de plus de 164 milliards FCFA destinée à accompagner la campagne agricole 2026-2027.
Ce budget doit permettre de financer les subventions aux intrants, les programmes de soutien à la production, les actions de protection phytosanitaire ainsi que plusieurs initiatives destinées à renforcer la productivité agricole.
L’ambition affichée par les autorités est d’améliorer les rendements, de renforcer l’autosuffisance alimentaire et de réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations de certains produits stratégiques.
Sécurité alimentaire et transformation locale au cœur des priorités
Au-delà de l’augmentation des volumes produits, les discussions ont également porté sur la nécessité de développer davantage la transformation locale des produits agricoles.
Cette orientation vise à créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national, à générer des emplois et à offrir de nouveaux débouchés aux producteurs. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des chaînes de valeur agricoles et agroalimentaires.
Les autorités souhaitent également renforcer les dispositifs de stockage et les mécanismes de sécurité alimentaire afin de mieux faire face aux périodes de tension sur les marchés.
Un rendez-vous déterminant pour l’avenir du monde rural
La 16ᵉ édition du Conseil supérieur de l’agriculture confirme la place centrale du secteur rural dans les priorités économiques du Mali. Dans un environnement marqué par les défis climatiques, la pression démographique et les exigences croissantes en matière de sécurité alimentaire, la réussite de la campagne agricole 2026-2027 revêt une importance particulière.
Au-delà des chiffres et des objectifs de production, l’enjeu est de bâtir une agriculture plus résiliente, plus productive et davantage créatrice de richesse pour les populations rurales. Car dans un pays où une large partie de la population vit directement ou indirectement de l’agriculture, les décisions prises à Koulouba auront des répercussions bien au-delà des exploitations agricoles : elles contribueront à façonner la trajectoire économique et sociale du Mali pour les années à venir.
La Rédaction



