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Mali–Chine : Le lithium propulse les exportations à 284 milliards FCFA.

Les exportations maliennes vers la Chine ont enregistré une progression spectaculaire en 2025, portées par les premières ventes de spodumène de lithium. Selon l’Agence pour la promotion des exportations du Mali (APEX-Mali), les ventes de ce minerai ont atteint 284,272 milliards de FCFA pour 338 773 tonnes expédiées. Une performance qui confirme l’émergence d’une nouvelle filière minière, mais pose aussi la question de la valeur ajoutée que le Mali peut conserver sur son territoire.

Le lithium change progressivement la physionomie du commerce extérieur malien. En 2025, les exportations du Mali vers la Chine ont progressé de 235 % par rapport à 2024, selon les données communiquées par l’APEX-Mali. Cette hausse est principalement liée aux premières expéditions commerciales de spodumène, un minerai dont est extrait le lithium utilisé notamment dans la fabrication des batteries rechargeables.

Dans un entretien publié le 9 octobre 2026 par le quotidien national L’Essor, Yacouba Yassa Diarra, directeur général adjoint de l’APEX-Mali, a précisé que les exportations de lithium vers la Chine avaient atteint 284,272 milliards de FCFA, pour un volume de 338 773 tonnes. Ces chiffres, également relayés par l’Agence de presse africaine (APA), illustrent le poids rapidement acquis par cette nouvelle ressource dans les échanges entre Bamako et Pékin.

Goulamina, point de départ d’une nouvelle dynamique

Cette évolution est étroitement liée à la mise en production de la mine de Goulamina, dans le sud du Mali. Entré en activité à la fin de 2024, le site est exploité par une filiale du groupe chinois Ganfeng Lithium.

Les premières expéditions commerciales de spodumène ont débuté en avril 2025. Le minerai est acheminé par voie terrestre vers le port d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, avant son transport maritime vers la Chine, où il doit être transformé.

Le projet de Bougouni a également contribué à l’ouverture de cette nouvelle filière. Porté par Kodal Minerals et ses partenaires, il a engagé ses premières expéditions de concentré de lithium vers la fin de 2025, avec un acheminement passant notamment par le port ivoirien de San Pedro.

La montée en puissance de ces projets contribue à diversifier les produits miniers exportés par le Mali. Elle renforce aussi la place de la Chine comme débouché pour une ressource stratégique, au moment où la demande mondiale en lithium reste liée aux besoins de stockage de l’énergie et de fabrication de batteries.

Le lithium domine en valeur, le sésame reste important en volume

Le lithium ne constitue pas le seul produit malien vendu au marché chinois. Le Mali y exporte également du sésame, du coton, de l’anacarde, du beurre de karité, ainsi que des cuirs et des peaux.

Selon l’APEX-Mali, le sésame conserve une place importante en volume. Le lithium se distingue toutefois par sa valeur commerciale, qui en fait désormais un moteur majeur des ventes vers la Chine.

Cette évolution modifie la structure des exportations maliennes. Elle illustre la capacité d’un nouveau projet minier à peser rapidement dans les échanges extérieurs d’un pays, sans pour autant signifier que l’ensemble de l’économie nationale bénéficie automatiquement de la même progression.

Il faut notamment distinguer la valeur des marchandises exportées des recettes fiscales de l’État, des revenus des entreprises et des retombées économiques locales. Les chiffres publiés sur le lithium ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer la part effectivement captée par les finances publiques ou les acteurs économiques maliens.

Le tarif douanier zéro ouvre une fenêtre commerciale

La progression des ventes intervient dans un contexte favorable aux exportateurs maliens. Depuis le 1er décembre 2024, les produits originaires du Mali bénéficient d’une exemption de droits de douane à leur entrée sur le marché chinois, selon les informations de l’ambassade de Chine à Bamako.

Cette mesure peut améliorer la compétitivité des produits maliens en réduisant les coûts douaniers à l’importation. Mais elle ne garantit pas, à elle seule, l’accès au marché. Les exportateurs doivent respecter les règles d’origine et les exigences applicables en matière de qualité, de traçabilité et de conformité sanitaire pour les produits concernés.

L’APEX-Mali joue un rôle d’accompagnement auprès des opérateurs économiques, notamment pour les démarches liées aux certificats d’origine et à la compréhension des procédures commerciales chinoises.

Pour les produits agricoles, cette ouverture pourrait favoriser la diversification des ventes au-delà du lithium. Le sésame, le karité et ses dérivés, la mangue, le soja ainsi que les cuirs et les peaux figurent parmi les produits présentant un potentiel commercial, selon les responsables de l’agence.

Un écart statistique à surveiller

Les données publiées sur la progression des exportations vers la Chine ont également connu des variations selon les communications institutionnelles. En mars 2026, l’ambassade de Chine à Bamako avait évoqué une hausse de 170 % en 2025. Des communications ultérieures de l’APEX-Mali et des autorités maliennes ont avancé une progression de 235 %.

Les informations publiques disponibles ne permettent pas d’expliquer complètement cette différence de taux. Pour apprécier précisément l’évolution des échanges, il reste donc utile de rapprocher ces annonces des statistiques détaillées du commerce extérieur et des données douanières des deux pays.

Cette précaution ne remet pas en cause le constat principal : les exportations maliennes vers la Chine ont fortement progressé en 2025, et les premières ventes de spodumène occupent une place centrale dans cette dynamique.

Le défi : transformer davantage pour retenir plus de valeur

L’augmentation des exportations constitue un signal commercial important. Mais l’enjeu économique dépasse les volumes expédiés et les montants déclarés. Lorsque le minerai est exporté sous forme de concentré, une partie des étapes industrielles qui lui donnent davantage de valeur est réalisée à l’étranger.

Le développement de capacités de transformation au Mali pourrait permettre de créer des emplois qualifiés, de stimuler les entreprises locales et de conserver une part plus importante de la valeur ajoutée dans l’économie nationale. Un tel objectif suppose cependant des investissements, des compétences techniques, une énergie disponible à un coût compétitif et des infrastructures adaptées.

La progression de 2025 marque ainsi une étape importante pour les échanges entre le Mali et la Chine. Elle montre que le lithium peut rapidement devenir un pilier des exportations. Reste à convertir cette performance commerciale en bénéfices économiques durables : pour le Mali, le véritable enjeu ne sera pas seulement d’expédier davantage de minerai, mais de construire progressivement une chaîne de valeur capable de faire profiter davantage l’économie nationale de ses ressources.

La Rédaction

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