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La BAD investit 40,9 milliards FCFA pour assurer de manière durable l’alimentation électrique de Bamako.

Un financement stratégique pour stabiliser le réseau électrique de la capitale

La Banque africaine de développement (BAD) a approuvé un financement d’environ 68,26 millions de dollars (près de 40,9 milliards FCFA) en faveur du Mali, destiné à renforcer et sécuriser l’alimentation électrique de Bamako.

Ce financement s’inscrit dans le cadre du Projet de Boucle Nord 225 kV de Bamako, une infrastructure stratégique visant à moderniser le réseau électrique de la capitale et à réduire les coupures récurrentes qui affectent les ménages, les entreprises et les services publics.

Selon les informations officielles de la BAD, le projet devrait être mis en œuvre sur une période de cinq ans (2026–2030).


Un réseau électrique sous pression face à une demande en forte croissance

Bamako fait face à une tension structurelle sur son système électrique, marquée par :

  • une croissance annuelle de la demande estimée à environ 10 %
  • des capacités de production limitées et dépendantes en grande partie des centrales thermiques
  • des pertes techniques et commerciales élevées dans le réseau
  • une forte pression sur la société nationale d’électricité EDM-SA

Dans ce contexte, le projet financé par la BAD vise à améliorer la fiabilité du réseau et à intégrer des sources d’énergie moins coûteuses et plus stables.


Le contenu technique du projet : renforcer le transport et la distribution

Le Projet de Boucle Nord 225 kV comprend plusieurs composantes structurantes :

  • la construction d’une ligne haute tension 225 kV double terne reliant Kodialani et Dialakorobougou
  • la création de deux nouvelles sous-stations électriques 225/33 kV à Safo et Kénié
  • l’extension de trois postes existants (Kodialani, Kambila et Dialakorodougou)
  • la modernisation des lignes moyenne et basse tension
  • la reconfiguration du réseau pour améliorer la distribution dans de nouveaux quartiers

L’objectif est également d’augmenter la capacité de transport à environ 600 mégawatts, permettant une meilleure absorption de la demande urbaine croissante.


Des impacts directs sur les ménages et l’économie locale

Le projet devrait avoir un impact concret sur la vie quotidienne à Bamako et ses environs.

Selon les projections de la BAD, il permettra :

  • le raccordement d’environ 10 000 nouveaux ménages et usagers productifs
  • une amélioration de la continuité de service électrique
  • une réduction des pertes techniques dans le réseau
  • une meilleure alimentation des zones industrielles et commerciales

En parallèle, le projet inclut des mesures sociales avec la création d’emplois temporaires et permanents, ainsi que des opportunités de formation pour les jeunes.


Une logique de transition énergétique et d’optimisation des coûts

Au-delà de l’infrastructure, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à :

  • réduire la dépendance aux centrales thermiques coûteuses
  • intégrer davantage d’énergies renouvelables et interconnexions régionales
  • améliorer la viabilité financière de la société EDM-SA

La BAD et ses partenaires financiers estiment que cette modernisation permettra de réduire les coûts de production et d’améliorer la stabilité du système électrique malien.


Un financement structuré autour de plusieurs partenaires

Le financement de 68 millions USD représente environ 36 % du coût total du projet, estimé à près de 190 millions USD.

Le reste est assuré par plusieurs partenaires, notamment :

  • la Banque ouest-africaine de développement (BOAD)
  • la Banque islamique de développement
  • des fonds climatiques internationaux
  • l’État malien

Cette architecture financière traduit une forte mobilisation des bailleurs autour de la problématique énergétique au Mali.


Un projet vital dans un contexte de forte instabilité énergétique

Le secteur électrique malien reste confronté à plusieurs défis structurels :

  • déficit chronique d’offre électrique
  • dépendance aux importations de carburant pour la production thermique
  • coût élevé de production et de distribution
  • pression croissante des besoins urbains, notamment à Bamako

Dans ce contexte, la sécurisation du réseau de transport devient un levier essentiel pour éviter les délestages prolongés et soutenir l’activité économique.


Une infrastructure clé pour la stabilité énergétique de Bamako

Avec ce financement de la BAD, le Mali engage une étape importante dans la modernisation de son système électrique.

Le projet de Boucle Nord 225 kV n’est pas seulement une infrastructure technique : il constitue un pivot stratégique pour la stabilité économique de la capitale, où l’accès à une électricité fiable conditionne directement la croissance urbaine, industrielle et sociale.

Si sa mise en œuvre respecte les délais annoncés, Bamako pourrait entrer dans une phase de transition énergétique plus stable à l’horizon 2030.

La Rédaction

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