Burkina Faso : Cap sur 4 700 milliards FCFA de recettes budgétaires à l’horizon 2029, un pari sur la montée en puissance fiscale.
Le Burkina Faso affiche une ambition claire pour ses finances publiques : augmenter significativement ses recettes budgétaires au cours des prochaines années. Selon les projections issues du cadre de programmation économique et budgétaire de l’État, le pays pourrait atteindre près de 4 700 milliards FCFA de recettes en 2029, dans un scénario jugé favorable.
Une trajectoire ambitieuse, qui repose sur une hypothèse centrale : la capacité du pays à renforcer durablement sa mobilisation de ressources internes.
Une trajectoire ascendante des finances publiques
Les projections officielles dessinent une progression continue des recettes de l’État sur la période 2027-2029.
Les estimations indiquent :
- environ 3 924 milliards FCFA en 2027
- environ 4 328 milliards FCFA en 2028
- environ 4 686 milliards FCFA en 2029
C’est ce dernier niveau qui est arrondi à près de 4 700 milliards FCFA dans un scénario de performance favorable.
Cette évolution correspond à une croissance moyenne annuelle estimée autour de 9 %, traduisant une dynamique soutenue de mobilisation des ressources publiques.
Une ambition portée par la mobilisation interne
Au cœur de cette stratégie se trouve une priorité : augmenter les recettes domestiques.
Les autorités burkinabè misent notamment sur :
- l’amélioration du recouvrement fiscal ;
- l’élargissement de l’assiette des contribuables ;
- la modernisation de l’administration fiscale ;
- le renforcement des outils de contrôle et de digitalisation ;
- une meilleure contribution du secteur formel à l’économie.
L’objectif est clair : réduire progressivement la dépendance aux financements extérieurs et renforcer l’autonomie budgétaire de l’État.
Un scénario conditionné par la stabilité économique
Ces projections ne sont pas automatiques. Elles reposent sur un ensemble d’hypothèses favorables, notamment :
- une amélioration progressive du contexte sécuritaire ;
- une croissance économique soutenue ;
- une bonne performance des secteurs productifs, en particulier l’agriculture ;
- une stabilité macroéconomique globale.
Sans ces conditions, la trajectoire des recettes pourrait être révisée à la baisse.
Une économie sous forte pression de dépenses
Si les ambitions de recettes sont élevées, les besoins de dépenses publiques le sont tout autant.
Le Burkina Faso doit faire face à des charges importantes liées :
- à la sécurité ;
- aux infrastructures de base ;
- à l’éducation et la santé ;
- au soutien social et humanitaire.
Ce déséquilibre structurel explique en partie la nécessité d’augmenter fortement les ressources internes.
Le défi de la soutenabilité budgétaire
Au-delà des chiffres, l’enjeu central reste la soutenabilité des finances publiques.
Une hausse des recettes ne suffit pas à elle seule. Elle doit s’accompagner de :
- une meilleure efficacité des dépenses publiques ;
- une lutte renforcée contre la fraude et l’évasion fiscale ;
- une amélioration de la gouvernance budgétaire ;
- une priorisation stricte des investissements publics.
C’est à ce prix que les objectifs de développement pourront être atteints sans fragiliser les équilibres macroéconomiques.
Un signal de confiance envers l’avenir
Malgré les contraintes, cette trajectoire traduit une volonté politique forte : faire du Burkina Faso un État capable de financer une part croissante de son développement par ses propres ressources.
Elle envoie également un signal aux partenaires économiques et financiers : le pays cherche à structurer une base fiscale plus solide et plus prévisible.
En économie publique, les chiffres ne sont jamais seulement des objectifs. Ils sont des engagements implicites sur la capacité d’un État à se transformer. Pour le Burkina Faso, les 4 700 milliards FCFA ne sont pas une ligne d’arrivée, mais un test de crédibilité sur cinq ans.
La Rédaction



