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Bénin : Six pôles territoriaux pour accélérer les investissements et rééquilibrer la croissance.

Le gouvernement béninois prépare une nouvelle organisation du développement économique autour de six pôles couvrant l’ensemble des 77 communes du pays. Une tournée nationale lancée le 13 octobre doit permettre d’identifier les infrastructures disponibles et les besoins liés à l’installation des nouvelles structures. La mise en œuvre de la réforme est programmée jusqu’à fin 2027.

Le Bénin veut rapprocher davantage ses politiques publiques des réalités économiques de ses territoires. Réuni le 7 octobre 2026, le Conseil des ministres a donné son accord à l’opérationnalisation de six pôles de développement territorial. Une semaine plus tard, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, a engagé une tournée dans les douze départements afin de préparer concrètement leur installation.

Derrière cette réforme administrative se dessine une ambition économique : mieux exploiter les ressources locales, attirer les investissements et favoriser la création d’emplois au-delà des principaux centres urbains.

Six pôles pour organiser le développement du territoire

Le dispositif prévoit de répartir les 77 communes béninoises entre six ensembles territoriaux : le Nord-Est, le Nord-Ouest, le Centre, le Sud-Est, le Sud-Ouest et le Grand-Nokoué.

Selon le compte rendu officiel du Conseil des ministres, chaque pôle doit réunir des communes partageant des caractéristiques et des potentialités économiques communes. L’objectif est de concevoir des actions plus adaptées aux réalités locales plutôt que d’appliquer partout les mêmes priorités.

Quatre secteurs transversaux ont été identifiés pour soutenir cette dynamique : l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation. Ils doivent servir de leviers pour faire émerger des activités productives, développer les infrastructures socio-économiques et améliorer les conditions de vie des populations.

Le gouvernement entend ainsi faire du développement territorial un instrument de lutte contre l’extrême pauvreté, notamment grâce à la création d’emplois directs et à l’implantation de nouvelles activités économiques.

Une tournée pour préparer l’installation des structures

La réforme entre désormais dans une phase préparatoire. Le mardi 13 octobre, Janvier Yahouédéou a lancé une tournée nationale destinée à évaluer les moyens matériels et administratifs nécessaires au fonctionnement des futurs pôles.

À Parakou, première étape de cette mission, le ministre a visité les locaux de l’ancienne préfecture ainsi que la Cité administrative qui accueille la nouvelle préfecture et les directions départementales.

Les déplacements doivent se poursuivre notamment à Kandi, Natitingou, Djougou et Dassa-Zoumè. Les échanges avec les préfets des douze départements doivent permettre de recenser les infrastructures disponibles et de déterminer les besoins liés à l’installation des futurs délégués généraux et de leurs équipes.

Cette étape est importante pour organiser la coexistence entre les nouvelles délégations et les administrations territoriales déjà en place. L’enjeu sera de rendre la réforme opérationnelle sans créer de chevauchements de responsabilités susceptibles de ralentir l’action publique.

Un calendrier en quatre phases jusqu’à fin 2027

Le calendrier arrêté par le gouvernement prévoit quatre étapes successives entre octobre 2026 et décembre 2027.

La première, prévue d’octobre à décembre 2026, doit permettre de mettre en place les organes de gouvernance, de nommer les délégués généraux, de mobiliser les experts et de réaliser un diagnostic économique et territorial. Ce travail doit également recenser les acteurs, les projets existants et les principales contraintes de chaque zone.

De janvier à mars 2027, les autorités devront préciser les moteurs de croissance de chaque pôle et sélectionner les filières prioritaires. Les besoins en infrastructures, en foncier et en compétences seront identifiés, tandis qu’un portefeuille de projets publics et privés devra être constitué.

La troisième phase, d’avril à juin 2027, sera consacrée à la préparation des feuilles de route opérationnelles. Elle devra notamment clarifier les contributions attendues de l’État, des communes et du secteur privé, ainsi que les responsabilités de mise en œuvre.

Enfin, de juillet à décembre 2027, le gouvernement prévoit le lancement des projets prioritaires et des premières actions, accompagné d’un mécanisme de suivi-évaluation.

La gouvernance reposera sur un Comité national de pilotage présidé par le chef de l’État. Chaque pôle disposera d’une délégation dirigée par un délégué général, assisté de chargés de mission, d’experts et de personnels d’appui.

Le financement, premier test de crédibilité

Si les orientations et le calendrier sont désormais définis, la concrétisation des ambitions économiques dépendra de la capacité à transformer les diagnostics territoriaux en projets réalisables et financés.

Le programme prévoit de déterminer les besoins d’investissement, de structurer les projets publics et privés et d’examiner des mécanismes d’incitation, notamment fiscaux, fonciers et financiers. Toutefois, le compte rendu officiel consulté ne précise pas d’enveloppe budgétaire globale dédiée à la mise en place des six pôles.

La mobilisation des investisseurs, la coordination entre les collectivités et l’État, ainsi que la sélection de projets présentant un potentiel économique réel seront donc déterminantes. La création de nouvelles structures administratives ne suffira pas, à elle seule, à produire une croissance plus inclusive.

Pour le Bénin, le pari est de faire de chaque territoire un moteur de développement, en fonction de ses ressources et de ses avantages économiques. La réforme sera jugée moins sur le nombre de pôles installés que sur les investissements effectivement mobilisés, les emplois créés et les revenus supplémentaires générés pour les populations.

La Rédaction

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