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Sonatel : 354 milliards FCFA de bénéfice en neuf mois, la croissance numérique porte les résultats.

Le groupe de télécommunications a enregistré un résultat net consolidé de 354 milliards FCFA à fin septembre 2026, en hausse de 12,9 % sur un an. Avec un chiffre d’affaires de 1 583 milliards FCFA et des investissements en progression de près de 14 %, Sonatel confirme la solidité de son modèle, porté notamment par l’internet mobile, Orange Money et la fibre optique.

Sonatel poursuit sa progression financière. Au terme des neuf premiers mois de 2026, le groupe de télécommunications affiche un bénéfice net consolidé de 354 milliards FCFA, contre une croissance annoncée de 12,9 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Publié le 29 octobre au Bulletin officiel de la cote de la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), le rapport d’activités du troisième trimestre confirme une dynamique favorable. Le chiffre d’affaires atteint 1 583 milliards FCFA, en hausse de 10,5 %. Les bénéfices progressent ainsi plus rapidement que les revenus, signe d’une amélioration de la rentabilité du groupe.

Présent au Sénégal, au Mali, en Guinée, en Guinée-Bissau et en Sierra Leone, Sonatel consolide sa position parmi les principaux acteurs des télécommunications en Afrique de l’Ouest.

Une rentabilité qui progresse plus vite que les revenus

Au-delà de la hausse du chiffre d’affaires, l’évolution des indicateurs opérationnels témoigne de la performance du groupe. Son EBITDAaL, un indicateur qui mesure les bénéfices générés par l’activité avant les charges financières, les impôts et les amortissements, tout en tenant compte des coûts liés aux contrats de location, atteint 769 milliards FCFA, en progression de 12,1 %.

Sa marge représente désormais 48,6 % du chiffre d’affaires, contre environ 47,9 % un an plus tôt. Autrement dit, Sonatel parvient à dégager davantage de résultat opérationnel pour chaque franc CFA de revenus générés.

La marge nette ressort, quant à elle, à 22,4 %, selon les données publiées. Cette évolution traduit une amélioration de la capacité du groupe à transformer son activité commerciale en bénéfices, malgré un environnement concurrentiel et réglementaire plus exigeant.

L’internet mobile et Orange Money, moteurs de croissance

La progression de Sonatel repose de plus en plus sur les services numériques. L’augmentation du nombre d’utilisateurs de la 4G, le développement des paiements mobiles et l’expansion de l’internet fixe à haut débit renforcent les sources de revenus du groupe.

À fin septembre 2026, Sonatel comptabilise 24,5 millions d’utilisateurs actifs de la 4G, en hausse de 18,2 % sur un an. Sa plateforme Orange Money totalise 14,4 millions de clients actifs, soit une progression de 15,5 %.

La fibre optique affiche également une dynamique soutenue. Le nombre d’abonnés atteint 710 000, en augmentation de 25,6 %. Dans le même temps, les abonnements à l’internet fixe haut débit s’élèvent à 1,2 million, en progression de 13,5 %.

En comparaison, le nombre total de clients mobiles augmente plus modérément, de 2,1 %, pour atteindre 40,3 millions.

Ces évolutions illustrent une transformation du modèle économique de l’opérateur. La croissance ne repose plus uniquement sur l’acquisition de nouveaux abonnés téléphoniques, mais aussi sur l’intensification des usages de données, les services financiers numériques et la connectivité à haut débit.

Plus de 231 milliards FCFA investis dans les infrastructures

Cette expansion nécessite des investissements importants. Sur les neuf premiers mois de l’année, les dépenses d’investissement de Sonatel atteignent 231,5 milliards FCFA, contre 203,1 milliards FCFA à la même période de 2025, soit une hausse de 13,9 %.

Les infrastructures de réseau absorbent à elles seules 192,5 milliards FCFA. Ces ressources servent notamment à étendre la couverture, moderniser les équipements et renforcer les capacités des réseaux mobiles et fixes.

Les investissements représentent ainsi 14,6 % du chiffre d’affaires, contre 14,2 % un an auparavant.

Cette progression montre que le groupe doit continuer à consacrer une part importante de ses ressources au développement de ses infrastructures pour répondre à la hausse du trafic numérique et maintenir la qualité de ses services.

Le Mali dans une performance régionale

La performance financière de Sonatel concerne également le marché malien, à travers Orange Mali. Le pays fait partie des cinq marchés dans lesquels le groupe exerce ses activités, aux côtés du Sénégal, de la Guinée, de la Guinée-Bissau et de la Sierra Leone.

Toutefois, les 354 milliards FCFA de résultat net correspondent aux comptes consolidés de l’ensemble du groupe. Ils ne représentent donc pas le bénéfice réalisé au Mali. Les données globales publiées ne permettent pas non plus d’isoler précisément la contribution d’Orange Mali à cette performance.

Cette distinction est essentielle pour apprécier les retombées économiques locales : la croissance d’un groupe régional ne signifie pas nécessairement que toutes ses filiales affichent les mêmes résultats.

Un marché concurrentiel et des besoins d’investissement persistants

Sonatel évolue dans un environnement marqué par l’intensification de la concurrence, les évolutions réglementaires et les contraintes d’approvisionnement énergétique dans certains de ses pays d’activité.

Le groupe doit ainsi poursuivre le déploiement de la 4G, de la 5G et de la fibre optique, tout en renforçant la fiabilité de ses infrastructures. La croissance des services financiers numériques constitue également un enjeu majeur, dans un marché où les usages de paiement mobile prennent une place croissante.

En Bourse, le titre Sonatel a également connu une opération importante : le 26 octobre 2026, la société a procédé à un fractionnement de son action selon un ratio de dix nouvelles actions pour une ancienne. Cette opération vise à rendre le titre plus accessible aux investisseurs et à favoriser sa liquidité, sans modifier la valeur théorique des participations des actionnaires.

Avec 354 milliards FCFA de bénéfice en neuf mois, Sonatel confirme sa capacité à convertir l’essor des usages numériques en résultats financiers. Mais la prochaine étape sera tout aussi déterminante : maintenir cette rentabilité tout en finançant les infrastructures qui soutiendront la connectivité et l’économie numérique de ses cinq marchés, dont le Mali.

La Rédaction

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